Le BENIN


 

Septembre 1985





          Quartier latin de l’Afrique

 

 

Le Bénin, petit pays du golfe de Guinée, est avant tout un immense patrimoine culturel à la riche et tumultueuse histoire, antérieure à la présence coloniale, avec ses traditions variées (une bonne quarantaine d’ethnies) et son culte du vodoun, ainsi qu’une réelle vie intellectuelle et artistique. D’ailleurs, on l’avait surnommé le Quartier latin de l’Afrique.
Le Bénin est par ailleurs le pays d’Afrique francophone où l’on a rencontré le plus grand nombre de Noirs américains, venus sur les traces de leur histoire, tant le trafic des esclaves a marqué le pays.
Enfin, le Bénin peut aussi attirer les amoureux des grosses bébêtes avec, dans le nord du pays, deux parcs animaliers (dont un partagé avec le Burkina Faso et le Niger).
Le Bénin est enfin le seul pays d’Afrique de l’Ouest francophone à avoir effectué depuis l’indépendance des transitions politiques, pourtant très différentes, sans effusion de sang ni violence.

 

Cotonou

 

Etymologiquement, Cotonou signifie "lagune de la mort". Son origine est liée à la traite des esclaves. Capitale administrative et plus grande ville du pays (700 000 habitants), elle ne présente pas de véritable attrait touristique mais une ambiance toute particulière.

 

 

 

Ganvié

C’est sur un lac immense qu'a été fondé un curieux village sur pilotis.

  Embarquement immédiat !

 

Si la banlieue de Cotonou n’offre guère d’intérêt, dès que l’on quitte la ville pour se retrouver au beau milieu du gigantesque lac Nokoué, en pirogue à moteur, la balade devient extraordinaire.

Dans le sillage du bateau, des mouettes plongent par dizaines pour capturer les petits poissons dérangés par les remous du moteur. Puis apparaissent les premiers pièges à crevettes et plus loin ceux à poissons.

Enfin, des pêcheurs en équilibre sur d'improbables esquifs lancent avec habilité l'épervier traditionnel (filet de pêche). Après 8 km sur les eaux saumâtres du lac, les premières maisons sur pilotis se dessinent à l'horizon.

Ganvié n’est pas une cité comme les autres, elle est née de la volonté d’hommes et de femmes de fuir une guerre tribale qui les décimait. A l'origine, ses habitants vivaient quelque part près de l'actuelle frontière du Togo, en 1717 guidés par le Roi Agbogboé, ils quittent leur territoire et partent s'installer dans les marécages. La légende raconte que pour transporter ses sujets, le Roi se transforma en crocodile et que ces derniers montèrent sur son dos afin de rejoindre le centre du lac où ils fondèrent Ganvié.

Les Toffins vivent essentiellement de la pêche et du tourisme. Fiers de leur grande cité lacustre, ils se plaisent à l'appeler pompeusement la Venise de l'Afrique, même si toute ressemblance avec la ville Italienne s'arrête là. L'unique moyen de locomotion à Ganvié est le bateau. Il sert à transporter tout ce dont la population a besoin : eau, nourriture, bétail et même des engins motorisés qui seront utilisés pour se rendre à Cotonou.

Les deux principaux problèmes des habitants de Ganvié sont l'eau potable et les déchets. Dans le premier cas, des puits ont été forés pour obtenir une eau douce et consommable. Dans le second cas, aucune solution n'a été trouvée et les habitants continuent à rejeter directement dans le lac leurs ordures ménagères ce qui entraîne une pollution dont le premier effet est le développement grandissant des jacinthes d'eau. Ces plantes aquatiques sont de plus en plus encombrantes, pompent l'oxygène du lac et appauvrissent ses ressources.

 

Quand le soleil décline dans le lointain, il est temps de repartir vers la terre ferme. La pirogue fend les eaux calmes évitant soigneusement les enclos à poissons mais aussi les nombreux nageurs. Ganvié disparaît lentement et avec elle toutes les couleurs d'une vie à l'écart du monde.

Dictons africains

 

Ce n’est pas parce que la panthère est édentée que le mouton va se promener dans sa gueule.

 

Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.

 

La parole est comme l'eau, une fois versée on ne peut plus la ramasser.