EGYPTE 

 

          

                Avril 1995

  

 

               Croisière Néfertiti

 

 

 

L'Egypte, ce "Don du Nil" dont parlait Hérodote, conserve intacts ses pouvoirs de fascination. Ce circuit nous propose la visite des principaux sites de la Haute-Égypte et le charme des rives du Nil durant la navigation, sans oublier Le Caire, capitale grouillante de vie.

 

Surgie du fond des âges de l’histoire de l’humanité, la civilisation de l’Égypte antique fascine tous ceux qui, comme nous, ont entrepris de remonter le cours lent et majestueux de son fleuve emblématique : le Nil.
Avec ses figures illustres, Kheops, Ramsès II, Néfertiti, Toutankhamon et les quelque 250 pharaons, Moïse et Alexandre le Grand, Cléopâtre, Saladin, Mohammed-Ali et les mamelouks, Champollion, Ferdinand de Lesseps et son canal, Howard Carter, Nasser... avec ses tombes et ses temples sauvés des eaux, ses sculptures colossales et ses colonnes en forme de papyrus, ses crocodiles et ses sarcophages, ce pays habitera durablement l’imaginaire de tous ceux qui la sillonneront.
Mais au pied des pyramides, au-delà des croisières balisées et des palaces vit un peuple : il faut se mêler au grouillement des souks, côtoyer les mosquées parmi les plus prestigieuses du monde arabe, prendre une felouque pour longer les champs éternels en bordure du fleuve, pour le comprendre et l’apprécier.
La Bible évoqua jadis les 10 plaies de l’Égypte, mais la seule dont on souffrira sera la nostalgie d’un voyage envoûtant
...

Nous allons faire concilier culture, farniente et évasion, au chaud, bien que le printemps montre son bout de nez en France, génial, non ?

Si toi, Ô lectrice (teur), tu crains de faire une telle croisière, lis d’abord ces pages, et tu confirmeras très vite ton départ.
Bonne lecture !

 

1er jour : Paris-Le Caire.

Départ pour le Caire sur vol spécial.

A l'arrivée, accueil et transfert jusqu'à notre hôtel



Nous voici enfin sur la terre des pharaons

 

Le Caire

 

Fondé sur le site de Babylone d'Égypte, non loin des ruines de l'ancienne Memphis, le Caire est la plus grande des villes du continent africain depuis des siècles. Le Caire moderne englobe les agglomérations antérieures et leurs monuments; des monastères et des églises datent de la première époque du christianisme ; la Citadelle de Saladin; les mosquées des Mamelouks et des sultans Ottomans. L'héritage culturel de plusieurs siècles est concentré ici, au point de rencontre des trois continents. Le paysage urbain contemporain mêle les minarets et les palmiers aux villas art-déco. La ville est traversée par un Nil tranquille qui poursuit son chemin vers la mer.

Le Caire aujourd’hui, c’est les klaxons, des feux à priori uniquement décoratifs, des piétons cascadeurs qui jouent leur vie à chaque fois qu’ils traversent, des taxis qui se faufilent dans le moindre espace libre… Démentiel !!!

 

 

2ème jour : Le Caire.

Visite du Musée du Caire, l’un des plus grands musés du monde entièrement consacré à l’antiquité égyptienne.

Puis, visite de la Citadelle, de la Mosquée Mohammed Ali, parfois considéré comme le fondateur de l’Égypte moderne et du Grand Bazar de Khan-El-Khalili.

Nuit au Caire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Musée Égyptien

 

Le musée du Caire, fondé par l’égyptologue français Auguste Mariette et inauguré en 1902, comprend sur 2 étages 100 salles d’exposition regroupant de magnifiques collections d’objets d’art de l’Égypte ancienne.

Pièce centrale du musée
Pièce centrale du musée
La chambre funéraire
La chambre funéraire
Reliques de momies
Reliques de momies

Mais le clou de la visite reste bien sûr le Trésor de Toutankhamon.

Le 4 Novembre 1922, Howard Carter découvre la tombe d'un roi inconnu, Toutankhamon, qui régna de 1336 à 1327 av JC.
Inviolée, bien que des traces ont montré qu'elle avait été rebouchée après une 1ère tentative de vol, a priori peu de temps après l'enterrement ...
Dans ces petites salles, on y entassait tout ce qui serait nécessaire à Pharaon dans sa vie dans l'au-delà :
- des provisions (36 jarres de vin, 116 corbeilles de fruits secs)
- 43 vases d'huiles et d'onguents
- Des chars, arcs, flèches et coffres de voyage

Il faudra 3 ans pour dégager les 2.000 pièces de ces salles. Ce n'est que le 10 Octobre 1925 qu'il s'attaquera à la chambre funéraire !!

Mais bien d’autres pièces sauront également captiver notre attention. Notamment des statues de pharaons : Chéops, Khephren, Thoutmosis III, Akhnaton, Ramsès II, Mentouhotep ; statues de scribes et de dignitaires.  

On a aussi la possibilité de voir les célèbres momies de pharaons comme celle de Ramsès II.

Ce musée est l’un des plus beaux du monde.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La citadelle

 

L'imposante forteresse médiévale est perchée à l'extrémité est de la ville. Pendant sept siècles, elle fut le siège du pouvoir égyptien. Elle fut construite par Saladin en 1183 sur la colline de Mokkatam pour défendre Le Caire.

Elle recèle aujourd'hui trois magnifiques mosquées et plusieurs palais renfermant des musées.

Vue panoramique de la terrase de la citadelle
Vue panoramique de la terrase de la citadelle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La mosquée Mohammed Ali

 

C'est dans la cour de cette citadelle que la grande Mosquée de Mohammed Ali (ou Méhémet Ali) a été édifiée. Construite entre 1830 et 1848, elle a été largement inspirée de la Mosquée Bleue et de l'Église Sainte Sophie

d'Istanbul. Ses minarets se dressent avec élégance vers le ciel et l'immense coupole centrale nous impressionne. Inattendue, on la voit de partout.

Dans la cour, se trouve une fontaine des ablutions, protégée par un kiosque. En son centre, trône la grande horloge, cadeau du roi de France Louis Philippe en remerciement de l'obélisque de la place de la Concorde à Paris.
L'intérieur est également immense. Un grand tapis rouge sombre couvre le sol. Les parois de marbre blanc zébré de jaune, les voûtes ouvragées, les rosaces d'or nous envoûtent.
Mohammed Ali, fier de son ouvre, se fit ensevelir dans le tombeau de marbre que l‘on aperçoit à droite en entrant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand bazar de Khan El Khalili

 

Dès le 14ème siècle, Amir Al Khalili Gorhas, dont le bazar porte le nom aujourd'hui, a créé ici, un khan (caravansérail). Au fil des siècles, le bazar s’est agrandi, c’est l’endroit rêvé pour s'immerger dans un morceau de l'histoire du Caire. De nombreuses boutiques et des ateliers, des espaces étroits ou l’on trouve une vaste gamme de produits. Tout cela fait d’une visite à Khan el-Khalili, une expérience, même si on ne cherche pas de bijoux, de maroquinerie ou des objets d'art...

Nous allons maintenant découvrir les joies du tourisme de groupe.
En effet, les guides s'arrangent systématiquement, sous couvert de découverte culturelle, de nous embarquer dans des visites "Piège à touriste".
Et forcément, dans un groupe, il y a toujours des volontaires, qui trouvent ça "Super Chouette" et donc, tout le monde est obligé de suivre !!!
Aujourd'hui, ce sera un atelier de papyrus, demain une école du tapis et ainsi de suite… Comme par hasard, on finit immanquablement dans le magasin situé à côté et où des « conseillers » vont nous suivre pas-à-pas.

Bref, 1 heure, voire 2 de perdue et c'est comme ça pour tous les groupes ...
On ne pourra pas y échapper malheureusement, sauf si tout le groupe refuse .... mais faut pas rêver !!!

A la sortie, le gros gagnant, c’est le guide qui touche le « bakchich ».

Le soir nous retrouvons les LEMASLE’S (Marcel travaille pour le métro du Caire, c’est notre anniversaire de mariage et nous décidons d’aller le fêter dans un grand restaurant panoramique de la ville. Je prends une cuite mémorable, le lendemain je vomis au milieu de l’aéroport et je vais être malade toute la journée. Je ne pourrai même pas profiter de la ballade en chaloupe.

 

 

3e jour : Le Caire.

Visite du plateau de Guizèh : les 3 célèbres pyramides ainsi que le Sphinx, gardien de la Nécropole.

Dans l’après-midi, visite les sites de Memphis et de Saqqarah, avec sa pyramide à degrés.

Le soir, nous prenons l’avion pour Assouan.

Promenade en chaloupe et nuit à bord.

Les Pyramides de Gizeh, témoins de la civilisation antique d’Egypte.

Gizeh est un des lieux les plus célèbres du monde. Il fait partie du patrimoine mondial depuis 1979.

C'est sous la IVe dynastie que ce village de la rive ouest du Nil devint la nécropole royale de Memphis. Pour servir de tombeau aux rois, les Égyptiens érigèrent trois pyramides en moins d'un siècle : la Grande Pyramide de Kheops, la Pyramide de Khephren et la Pyramide de Mykérinos. Ces pyramides, uniques au monde, font partie des Sept Merveilles du monde. (Mine de rien, nous allons voir la seule des 7 Merveilles à être encore « debout »)

La question arrive tout de suite derrière ... C'est lesquelles déjà ?

Par ordre chronologique :
1 - 2.600 av JC : La pyramide de Khéops
2 - 595 av JC : Jardins suspendus de Babylone dans l'actuel Irak
3 - 430 av JC : La statue de Zeus à Olympie
4 - 400 av JC : Le temple d'Artémis à Éphèse en Turquie
5 - 353 av JC : Le mausolée d'Halicarnasse en Turquie
6 - 304 av JC : Le colosse de Rhodes
7 - 280 av JC : Le phare d'Alexandrie.

Le + extraordinaire étant que c'est la + ancienne, et de loin, qui est restée !!!

Il faut imaginer un vaste lieu de culte où vivaient des milliers de gens qui entretenaient cette nécropole. Des rampes descendaient, à l'époque, vers des temples le long du Nil, car il faut aussi imaginer que le fleuve arrivait jusqu'ici. Cela avait permis le transport des millions de tonnes de pierre venant d'Assouan par exemple.
C'est également par le Nil qu'arrivaient les barques sacrées transportant les corps des Pharaons.
Ces rampes étaient en fait des allées couvertes pour accéder aux pyramides, même si les lieux de culte étaient en contrebas.

3000 ans après leur construction, les pyramides impressionnent toujours. En plein désert, sous un ciel bleu sans nuage et un soleil éclatant, leur immensité et leur perfection laissent perplexe.

Arrivé au pied de ces pyramides, Napoléon Bonaparte, lors de la campagne d'Égypte en 1798, prononça le célèbre "Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent". Et depuis, elles gardent encore leurs mystères. 4500 ans après leur construction, les sépultures des trois grands pharaons continuent de fasciner.

 

Même si c'est Snefrou (de - 2630 à -2590) qui inaugura la 1ère pyramide "lisse" à Dashour, c'est son fiston Khéops (de - 2590 à - 2565) qui lança la nécropole de Gizeh et entra dans la légende.
Et justement des légendes, cette pyramide en suscite encore.

- Comment a t-on érigé ce monstre de 146m et de 2.300.000 blocs ?

- Combien d'hommes y ont participé ?
- Combien de temps pour la finir ?

Des réponses, il en existe des centaines sans qu'aucune ne puisse être vérifiée ou validée par une quelconque preuve.
Pour la construction, on peut retenir 2 versions :
- Des mini-leviers sur une rampe en colimaçon faisant le tour de la pyramide qui montaient les blocs d'un étage à chaque fois
- Une longue rampe qui permettait de tirer les blocs sur des rondins.
Dans les 2 cas, la somme de travail et le poids de certains blocs (+ de 100 tonnes) défient l'imagination. Si l'on retient la version avec la longue rampe par exemple, le volume de celle-ci dépasserait celui de la pyramide elle-même !!!
Hérodote, un grec qui relata son voyage en Egypte, donne une durée de 20 ans rien que pour Khéops. Certains estiment ainsi qu'il fallut 10 ans rien que pour l'aménagement et l'aplanissement du plateau, de la construction du port le long du Nil, etc....
Ensuite, tu rajoutes encore 10 ans pour la seule pyramide.
On s'accorde également à dire que les ouvriers n'étaient pas des esclaves, mais des ouvriers spécialisés rétribués à plein temps, qui étaient aidés par des dizaines de milliers de paysans pendant les crues du Nil.
En effet, lors de cette période, on pouvait acheminer plus facilement les blocs par le Nil et les travaux dans les champs étaient impossibles, ce qui leur laisser du temps libre !!!
On pouvait arriver ainsi à 100.000 personnes sur le chantier sur une période assez courte, durant laquelle on hissait les blocs, travail le + demandeur de main-d’œuvre. Le reste du temps, les carriers pouvaient extraire et tailler les blocs pour la saison suivante.

La Grande Pyramide de Kheops

 

La Grande Pyramide de Kheops est la plus ancienne et la première des Sept Merveilles du monde. On reste bouche bée devant cette masse imposante. Elle mesure 146 m de haut lors de son achèvement vers 2570 avant JC. Avec le passage du temps, elle perdit 9 m.

A l'intérieur, l'infrastructure de la pyramide est passionnante à découvrir. A 20 m de l'entrée, un étroit couloir débouche sur la Grande Galerie, haute de presque 9 m, qui illustre l'ampleur du monument. Un passage vous conduit ensuite à la Chambre de la Reine. Puis, vous pourrez vous rendre dans la Chambre du Roi. Pillée 600 ans après sa construction, il n'en reste qu'un sarcophage sans couvercle. Remarquez l'imbrication parfaite des plaques de granit qui constituent le toit de cette salle. Au nord et au sud de cette chambre, deux puits d'air ont été conçus. Selon la mythologie, ces conduits permettaient à l'âme du pharaon de s'élever vers les cieux et de gagner le repos éternel.

La barque solaire du pharaon Kheops était autrefois située au sein de la pyramide. Récupérée en mille morceaux au fond d'une fosse, elle fut reconstruite. Elle est actuellement exposée au Musée de la Barque Solaire près de la pyramide.

 

La Pyramide de Khephren est un peu plus petite que celle de Kheops. Elle parait plus grande car elle est érigée sur un terrain plus élevé. Elle a conservé au sommet son revêtement de calcaire. Le Sphinx situé en contrebas est le garde de la pyramide. A l'intérieur des chambres funéraires très bien conservées, on trouve encore le grand sarcophage de granit de Khephren.

 

La Pyramide de Mykérinos

C'est la plus petite des trois pyramides de Gizeh. Elle mesurait initialement 66m. En 1186, le fils de Saladin tenta de démanteler la pyramide. On voit aujourd'hui sur la face nord une profonde entaille. A l'intérieur, un passage en pente débouche sur une petite chambre mortuaire et plusieurs salles, dont les murs sont recouverts de blocs de granit.

 

Le sphinx

Un des autres mystères de l'Egypte.
72 mètres de long sur 20 mètres de haut, 4,15 mètres de largeur de visage, il représente Khephren. Très fragile, un bloc de 200 tonnes tomba en 1988.
Il est aujourd'hui en partie restauré et les pattes font même un peu tâche, tellement elles sont neuves !!!
Sa conservation a été possible grâce à son enfouissement pendant les derniers siècles.

Il n'empêche que c'est une très belle vision. Déjà, à son époque, Thoutmosis IV en - 1400 av JC fit un songe sur le Sphinx qui lui ordonna de le dégage. On considère qu'il faut environ 40 ans pour qu'il soit de nouveau enseveli naturellement....

Menphis

 

Départ pour Memphis. Fondée par Ménès au 4ème millénaire avant JC, ce sera la 1ère capitale de l'Egypte réunifiée.
Il reste peu de vestiges car ses ruines serviront à la construction du Caire.

Nous découvrons le système de la photo payante puisque selon les sites, tu dois parfois payer pour prendre des photos ou filmer. Et bien sûr, les 2 peuvent se cumuler ... Y'a pas de

petits profits !!!

Donc, il faut laisser son matos dans le bus si tu ne t'acquittes pas de cette contribution. Ici, cela coûte 5 livres égyptienne (LE en abrégé), ce qui correspond à environ 10,00F ... Le double pour la vidéo.

Les 2 éléments les + représentatifs sont des statues de Ramsès II.

Tout d'abord, la statue debout. On remarque les poings serrés qui étaient un signe de fermeté alors que les mains ouvertes ou sur les genoux signifiaient la Paix ou la protection.
La pièce la + impressionnante reste celle qui est couchée, pour cause de jambes cassées au niveau des genoux. On remarque surtout la finesse du visage de Ramsès II.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sakkarah ou Saqqarah en local.

C'est ici que se trouve la fameuse pyramide à degré de Djoser.
Construite en 2670 av JC, ce sera la 1ère forme de pyramide. C'est le vizir Imhotep, médecin et architecte, qui l'inventa en partant d'un mastaba, sépulture typique de l'époque.
En empilant pas moins de 6 projets successifs, on aboutit au concept pyramidal. Le tombeau, lui, se trouve au fond d'un puits de 28m.
Grande première également, la pierre de taille est utilisée comme symbole d'éternité contrairement aux briques séchées.
Les blocs sont assez petits car la technique de levage n'était sans doute pas au point !!!

C'est un vrai complexe funéraire avec une entrée de colonnes, des chapelles, des temples, etc. ...

Aux alentours, on visite également d'autres tombes comme le mastaba de Mérérouka.

 

 

 

 

 

 

Arrivée à Assouan, installation à bord du bateau, pas franchement le 5 *****, mais confortable tout de même.

 

Oubliée la ballade en chaloupe pour cause de nausée.                                

 

4e jour : Assouan.

Départ vers le temple de Philae, dédié à Isis. Ce temple, englouti après la construction du 1er barrage, fut reconstruit par l’Unesco.

Nuit à Assouan.

 

 

 

 

 

 

 

 

Temple de Philäe

 

Nous passons sur l'ancien barrage du siècle dernier. C'est l'occasion de voir la 1ère cataracte. C'était la frontière naturelle, non navigable, de l'Egypte antique.
Au Sud commençaient les territoires "sauvages". C'était l'ancienne Nubie et ses peuplades noires. Les Pharaons ont toujours voulu contrôler cette zone d'où venait

la crue bienfaisante.

A l'embarcadère, des dizaines de chaloupes attendent le touriste.
L'arrivée vers l'île est magnifique. C'est vraiment un endroit idyllique.

 

C'est en 1972 que l'on commença à le démonter avant qu'il ne soit complètement englouti par le nouveau barrage. Depuis le début du siècle et le 1er barrage, il était déjà partiellement inondé sur 4 ou 5m.
A cette époque, on le visitait en barque !!!
On a découpé et numéroté 37.363 blocs pour les remonter sur l'île actuelle en 1980.

Ce temple dédié à la déesse Isis est un des + jeunes de l'Egypte.
C'est l'œuvre de la dynastie des Ptolémées, successeurs d'Alexandre le Grand, au 4ème siècle av JC.
D'origine grecque, ils se sont fondus dans la culture égyptienne et ont perpétué les traditions. Cette dynastie s'éteindra avec Cléopâtre
VII en 30 av JC.

On commence par le pavillon de Nectanebo avec ses colonnes surmontées d'Hathor, à tête de vache.

La lumière est belle et le site admirable ... J’en ai le souffle coupé, et je suis obligée de sortir du temple, c’est si grand que j’ai comme une sensation d’oppression.

 

 

5e jour : Assouan-Abu Simbel-Assouan.

Tôt le matin, départ en bus pour découvrir les célèbres temples de Ramsès II et de Néfertari à Abu Simbel. Menacés lors de la construction du Haut Barrage, ils furent sauvés des eaux et reconstruits bloc par bloc par l’Unesco.

À notre retour, installation à bord du bateau et navigation vers Kom Ombo.

Nuit à bord.

 

 

 

 

 

 

 

 

Abou Simbel

 

Un peu d’histoire ….

C'est encore Johann Burckard, le découvreur de Pétra en Jordanie qui repéra le site en 1813.
À l'époque, les colosses étaient aux 3/4 ensablés et il ne pouvait imaginer ce que cela cachait.
L'explorateur G. Belzoni, travaillant pour les Anglais, commence à dégager le haut afin de pénétrer dans le temple.
Les travaux continuent en 1818 et 1819 et l'on découvre ainsi que les 4 statues sont assises et non debout !!!
Tous les scientifiques s'y rendent comme Champollion, Flaubert.
Ce n'est qu'en 1910 qu'un architecte des Antiquités Égyptiennes profite de la montée des eaux, suite au 1er barrage d'Assouan, pour déblayer entièrement les colosses de 20m de haut.

Ce 1er barrage avait déjà fait monter le niveau des eaux de plus de 100m à la période des crues.
Il ne faut jamais oublier qu'en 1958 (l'actuel barrage sera inauguré en 1964), seule Christiane Desroches-Noblecourt remue ciel et terre pour convaincre l'Egypte et l'Unesco de sauver les temples de la Nubie et Philae. À l'époque, tout le monde s'en fout et la cause est entendue.

L'Egypte était fâchée avec beaucoup de monde, suite à la nationalisation de Canal de Suez en 1956 et dut d'ailleurs s'adresser aux Russes pour la construction du barrage.
Heureusement le message passe et des dizaines de pays s'associent pour le sauvetage de certains temples. Ainsi, ce sont les USA qui financent en grande partie Abou Simbel.
Après plusieurs devis et solutions techniques, on tombe d'accord sur le découpage complet du temple pour le reconstruire 100m + haut. Car les travaux du barrage ont débuté et l'eau commence à monter.
C'est une course contre la montre !!!
On injecte de la résine époxy dans les roches afin de solidifier l'ensemble et le découpage démarre.
On ensable complètement l'extérieur pour éviter les chutes de pierre et on découpe bêtement à la scie des blocs de 10 à 20 tonnes. Il y en aura + de 1000, que l'on stocke sur le plateau supérieur.
Il faut maintenant reconstituer la grotte où a été creusé le temple.
Une entreprise allemande propose alors une 1ère mondiale : une voûte porteuse en béton armé de 25m de haut sur 45 de large.
Il faut imaginer un chantier de + de 4 ans avec 3.000 personnes à temps complet.

 

Visite des temples…

L'entrée se situe à l'arrière de la montagne et on en fait le tour pour arriver devant les 2 temples.
Le temple principal est dédié à Horus, astre resplendissant. D'autre part, Ramsès II avait choisi comme nom de couronnement " Puissante est l'énergie du Soleil ". Il est fait pour couronner le lever du soleil en fait ...
C'est grand, imposant ... c'est fait pour en mettre plein la vue et Ramsès le savait bien car les statues assises symbolisent le fait que tu comparais devant lui ... et tu te sens tout petit !!!

Et nous voilà à l’intérieur…

Ramsès II n'en était qu'au début de son règne (1280 av JC) lorsqu'il fit construire Abou Simbel mais déjà la grosse tête le menace

Ici, dès la façade, on comprend que les dieux ne sont pas les + importants... ses cartouches sont partout omniprésents.
Une fois dans la salle hypostyle, 8 statues de 7m représentent encore Pharaon. Cette fois, il va loin car les jambes sont libres et non gainées ce qui signifie qu'il est un Dieu mais vivant...
Mais Môssieur en veut encore plus !!!
Tout au fond, le sanctuaire contient les statues assises des 3 Dieux les + importants et.... Ramsès II.
Il est l'égal des dieux.... et il assume à fond...
C'est ce sanctuaire au fin fond du temple qui est éclairé 2 fois par an par le soleil levant, le 20 Février et le 20 Octobre.
Cet instant magique a été également conservé lors de la reconstruction... Merci messieurs les ingénieurs !!!

Le reste du temple est à l'avenant... Ramsès tuant des prisonniers libyens, Ramsès sur son char à la bataille de Kadesh, c'est plus fort que Terminator II ...

Mais Ramsès a aussi pensé à « ManMan »... en l'occurrence sa 1ère épouse Néfertari (il semble qu'elle soit décédée avant la fin des travaux).
En jeune marié de bonne famille, il fait construire un + petit temple (faut pas exagérer non plus...) dédié à Hathor, déesse de l'Amour.
C'est tout de même la 1ère fois qu'un temple sera dédié à une épouse royale !!!
L'inscription au-dessus de l'entrée en dit long : " Néfertari pour l'amour de laquelle se lève le Soleil ".
Mais il ne peut s'empêcher de mettre ses statues et représentations un peu partout... Il y a également toute la famille avec les statues des enfants dans les jambes de leurs parents.

La navigation sur le Nil est un spectacle inoubliable !!!

Les gens sont dans les champs ou en train de faire leur lessive. Les enfants font des signes de la main. On se rend également compte de la « richesse » apportée par l’irrigation. Énormément de cultures, de palmiers, de roseaux…

Nous passons près des berges ce qui permet de voir pratiquement l’intérieur des maisons. Mais ces populations sont complètement isolées du tourisme et c’est un vrai plaisir de pouvoir observer un peu de simplicité et d’authenticité !!! Les paysages sont vraiment magnifiques et le soir tombe doucement avec des lumières très douces. Un beau moment !!!

On profite également de ses moments sur le pont pour réviser à mort avant la prochaine escale ou intégrer tout ce que l’on vient de voir !!! L’Egypte, cela se mérite et il faut s’accrocher pour tout suivre !!!


Nous assisterons également à des couchers de soleil hollywoodien.

Du rouge, rose pâle ou vert pour finir dans le flamboyant… Grandiose !

Les photos ne peuvent rendre cette sensation et ces couleurs…

 

Soirée sur le bateau

Là aussi, un grand classique des croisières ... la soirée costumée !!

Pas obligatoire, mais nous jouons le jeu et nous achetons les costumes sur le bateau (un autre piège à touristes).

Autre grand moment : la commande de ton cartouche en or avec ton nom en hiéroglyphe.
Bien sûr, c'est garanti par l'État, le Vatican et l'ONU, alors que tous les autres sont des malhonnêtes qui veulent te vendre du faux !!! Bref, on gobe et on fait comme la plupart des touristes, on commande un cartouche pour Yan et Fred.

 

 

 

6e jour : Kom Ombo-Edfou-Louxor.

Visite du temple ptolémaïque de Kom Ombo, dominant le Nil, dédié aux divinités Sobek et Haroéris.

Puis, navigation vers Edfou.

Départ en calèche pour la visite du temple d’Edfou, dédié à Horus, entièrement construit en grès et comptant parmi les plus imposants d’Égypte.

Navigation pour Louxor via l’écluse d’Esna.

Nuit à bord.

Les bateaux étant accolés les uns aux autres lorsqu’ils sont à quai, nous devons traverser 3 bateaux.

Dès la descente du bateau, des dizaines de gamins se ruent sur nous avec des colliers, des châles ...
Au fur et à mesure que l'on avance, les prix fondent tous seuls 15… 10… 5 livres égyptiennes.
Comme ici les gens ne font que passer à la vitesse grand V, les marchandages sont express. C'est peut-être ici qu'on doit avoir les meilleurs prix en fait !!!
Nous zigzaguons ainsi pendant 1km entre les vendeurs.

On va essayer de se consacrer à la visite tout de même.

 

Temple de Kom Ombo

 

Le temple est dédié à Sobek, à tête de crocodile, et à Horus, à tête de faucon. Même si sa 1ère construction doit dater d'un peu plus de 2.000 ans, sa forme actuelle est d'époque gréco-romaine, entre 0 et 100 de notre ère.
Certaines colonnes conservent de beaux reliefs encore colorés. De même les bas-reliefs sont assez fins et variés.

Ce sera la visite la moins impressionnante du circuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Edfou

 

 

Arrivés sur les quais, les calèches nous attendent. Le « chauffeur » de la nôtre met le turbo et nous dépassons 3 ou 4 carrioles à fond !!!
Le temple du faucon Horus est le mieux conservé d'Egypte. La 1ère pierre fut posée le 23 Août 237 av JC .... et l'inauguration par Ptolémée VIII eût lieu le 10 Septembre 142 av JC ....

Les dimensions du temple et des pylônes sont vraiment impressionnants. Il faut imaginer 2 énormes portes en cèdre du Liban, rehaussé de cuivre. Des oriflammes, placés dans les 4 encoches, indiquait la présence du Dieu.


Il faut rester devant, prendre un peu de recul et laisser courir son imagination ... c'est le lieu idéal pour cela !!!

Tu pénètres maintenant dans la cour principale. C'est ici qu'arrivait la barque d'Hathor.
Un attroupement ? Tout le monde se précipite bien sûr vers la statue du dieu faucon, Horus, en granit d'Assouan. A l'origine, elles étaient 2. L'expression "regard de rapace" prend ici toute sa mesure et la sévérité qui s'en dégage est frappante !!

Au fur et à mesure, les bateaux repartent et on a l'impression que ça fonce plus que d'habitude.
Nous dépassons 4 ou 5 navires en route et nous sommes au coude à coude avec un autre. Les 2 naviguent de chaque côté du fleuve et zigzaguent pour les dépassements.
En fait, chacun tente d'arriver le 1er pour le passage de l'écluse.
C'est vraiment un gros point noir et, au + fort de la fréquentation, tu peux y passer la nuit ou y perdre 5 ou 10 heures dans la journée.

Ici, seulement 2 bateaux peuvent passer en même temps et ce, toutes les 30mn.
Bien sûr, il y a ceux qui descendent et ceux qui remontent le Nil .... et cela peut vite tourner à la galère !!

En cette période, heureusement, nous ne sommes que 3 ou 4 à quai.

Les quais d’Esna

C'est alors qu'intervient la grosse attraction d'Esna : les vendeurs en barque. Le principe est assez surréaliste : la technique consiste à lancer la marchandise dans un sac plastique et d'entamer la négociation !!
Ils sont super forts et réussissent à chaque fois alors qu'il faut tout de même lancer l'équivalent de 2 ou 3 étages !!!
Les sélectionneurs américains de Baseball devraient faire un tour ici...
Une fois que tu as la nappe dans les mains, la négo démarre même si tu ne veux rien...

- Comment tu donnes ? Donne un prix ? Quelle couleur ? Etc. ...

Si tu ne veux rien, tu relances le sac et les touristes sont beaucoup moins adroits ... (d'où le sac plastique qui protège les nappes si elles tombent dans l'eau !).

Les sacs sont à peine descendus qu'ils sont relancés aussitôt !! C'est malheureusement un peu cruel car certains s'amusent à faire baisser les prix juste pour le plaisir, sans aucune intention d'acheter ....
Lorsque le bateau avance pour entrer dans l'écluse, les derniers prix fondent sur la dernière minute ...

Tu penses que c'est fini ? Eh bien non ... d'autres t'attendent sur les quais qui bordent l'écluse maintenant !!
Et alors qu'il ne reste que 3 ou 4m avant de regagner le Nil, des gamins te balancent des emballages de pellicules vides ....
En fait, c'est pour que tu les renvois avec de l'argent dedans !!

 

La croisière redémarre. Et les paysages défilent et bien que nous ne soyons qu’à 100 m de la rive, nous avons l’impression que 300 ou 400 ans nous séparent !!!

Cette portion du Nil est la plus belle, et plus on se rapproche de Louxor, plus les villages deviennent importants.
Des scènes de tous les jours, des gamins jouant au foot, les hommes rentrant des champs, les pêcheurs remontant leur filet.
Ce sont vraiment des paysages splendides et c'est sans doute la seule raison objective de faire une croisière !!!
On ne se rend pas vraiment compte que ces rives verdoyantes ne sont que de fines bandes de 1 ou 2 kms maximum de large.
Au-delà, le désert reprend ses droits ...

 

7e jour : Louxor.

Puis retour sur la rive gauche et visite du temple de Karnak, qui fut le principal centre religieux d’Égypte et grand lieu de culte d’Amon.

Le soir, on assiste au son & lumière de Karnak

 

Nous accostons sur la rive droite du Nil, afin de voir la vallée des rois. Un bus nous emmène sur le site, et nous arrêtons au passage, pour visiter une maison et un atelier de pierre ou je vais acheter un chat en grès « la déesse Bastet ». (il va nous paraître très lourd durant le voyage de retour)

 

Dans la religion égyptienne, le chat est l'attribut de la déesse Bastet, celle qui terrasse les puissances du mal et qui symbolise le plaisir, la sécurité pour le foyer et la fertilité.

 

Voilà donc le souvernir que nous ramenerons d'Egypte, il est en grès rose et je peux vous dire qu'il pèse lourd pour avoir été obligé, lors de notre retour en avion, d' instaurée une équipe pour se le refiler toutes les 10 minutes.

Inaugurée par la reine Hatchepsout en 1460 av JC, elle reçut la dépouille de presque tous les pharaons des 18 et 19è dynasties.

Il y a, à ce jour, 62 tombes découvertes, dont la dernière en 1922 pour Toutankhamon.
Elles furent malheureusement toutes pillées ou visitées, parfois même du temps des pharaons.
Il existe d'ailleurs des écrits sur des procès sous le règne de Ramsès II ...
On retrouva ainsi la plupart des momies cachées dans un "trou" près du temple d'Hatchepsout. Il semble que les prêtres les aient déplacées ici lors des troubles de la 3ème période intermédiaire (1000 - 600 av JC).

- Tombe de Ramsès VI
Un beau plafond avec la peinture d'un ciel représentant le voyage du soleil avec la déesse Nout qui l'avale chaque soir pour le restituer le matin revivifié.
Également le voyage de la barque solaire et le Livre des 12 portes.

- Tombe de Ramsès III
Elle est juste à côté et fait partie des + belles aussi.
Connue également sous le nom de "Tombe des Harpistes", elle fait 125m de long.
Amusant, le sarcophage de granit rose est au Louvre alors que son couvercle est au musée de Cambridge.
Un couloir, au fond, fait un coude car il venait buter sur une tombe voisine... déjà le problème de surpopulation !!
On y trouve 10 petites salles avec de belles peintures.

 

 

On va maintenant rendre visite à la "mère Hatchepsout"

 

 

 

 

Il est écrit : « L’amour d’Hatchepsout et de Sénènmout est à son zénith avec l’enfant à trois rides… »

Pour le coup, le Deir el Bahari, lui, ne ressemble à rien de connu en Egypte. 3 terrasses, une allure de Conseil Régional roumain. On a l'impression au loin, lorsque l'on avance que l'on va visiter un bâtiment dont les travaux sont en train de se finir !!!

C'est Sennenmout, le majordome royal et éventuel amant de la reine ..., qui s'occupa des travaux.
A la mort de son mari et 1/2 frère, Touthmôsis II vers 1480 av JC, et suite à un court règne, Hatchepsout se déclare co-régente du royaume.

Le seul fils est issu d'une concubine mais Manman fait avec et se fait couronner Pharaon pour finir !!!
Il n'empêche que durant ces 20 années de règne, l'Egypte se porte bien.
Thèbes devient le centre du pouvoir et le dieu Amon devient prépondérant avec ses 2 temples grandioses de Louxor et Karnak.
Ensuite ce sera Touthmôsis III qui reprendra les rênes en 1457 pour 20 années de guerre qui soumettront la Nubie, la Syrie et la Palestine. Le clergé d'Amon devient de + en + riche et on bâtit à tour de bras !!

A priori, le gamin en a gros sur la patate car il se fera un plaisir de marteler tout ce qui concerne sa tante pour y graver son propre cartouche ....

Dans les chapelles extérieures, on aperçoit une statue d’Hathor à tête de vache, des très belles colonnes et des scènes où elle allaite Pharaon. À droite, se trouve les fameux bas-reliefs relatant l'expédition au pays de Pount.

C'est vraiment un carnet de bord avec les préparatifs, l'arrivée et l'accueil des autochtones, les cadeaux offerts, le chargement des bateaux, le retour triomphal à Thèbes ....

Les reliefs sont vraiment très fins et les couleurs splendides.

Dans les produits ramenés se trouvaient les fameux arbres à encens, source de richesse des pays comme Pount, étant donné la consommation faite par toutes les religions en général. Une souche est encore en place !
Il semblerait qu'Hatchepsout en fera planter à l'entrée du temple.

 

 

Alors que nous retournons vers le bateau, nous stoppons pour voir les 2 statues monumentales d’Aménophis III.

C'est tout ce qu'il reste d'un immense temple détruit en l'an 27 par un tremblement de terre. Le vent produisait un bruit chaque matin avec l'évaporation de la rosée dans une des statues.
Au début du 3ème siècle, Septime Sévère restaura les statues qui deviendront muettes.
Le terme de "Colosse de Memnon" vient des Romains en relation avec la légende de Memnon qui se réveillait sous les caresses de sa mère !!!
On dirait vraiment un immense puzzle de blocs posés en équilibre et qui risquent, à tout moment, de s'écrouler ....
En tout cas, ça a dû secouer à l'époque pour les mettre dans cet état !!

 

 

 

 

 

 

 

Louxor et le temple e Karnak

 

Thèbes est l'ancien nom de l'actuel Louxor et Karnak est le quartier du temple, qui à l'époque était une ville en soi.

 

Un peu d’histoire…

Débuté en 2700 av JC alors que Louxor n'était qu'une province anonyme du royaume, le temple de Karnak devient le lieu culturel prédominant avec l'avènement des rois de Thèbes.
Le dieu Amon devient la divinité principale mais sans occulter les anciennes. La religion a toujours su s'adapter et les dieux prennent + ou - d'importance selon l'origine du pharaon et de la dynastie au pouvoir.

Ainsi Horus était le patron au temps de Saqqarah, puis ce sera , le soleil, pour la 4ème dynastie et les grandes pyramides ... Ensuite ce sera Osiris, etc. .... mais sans jamais occulter les anciens dieux, adorés dans chacune de leur province ou ville d'origine. Ainsi on les associe et on parle d’Amon-Rê, etc. ....

L'allée des béliers
L'allée des béliers

C'est ce phénomène qui perdra Akhenaton, le pharaon hérétique, qui tentera de tous les remplacer par un dieu unique Aton.
Donc, l'avènement de Louxor ou Thèbes avec les Sésostris I, II et III et le Moyen Empire impose Karnak vers 2000 av JC. Ce seront + de 2.000 ans de travaux ininterrompus. Chaque Pharaon rajoute son pylône, son obélisque, sa chapelle quitte à détruire les précédents. Ainsi il ne reste rien du temple originel ou des chapelles de Sésostris qui servent de matériaux pour les suivants ....

 

Il reste aujourd'hui le lieu culturel le + vaste jamais construit et on ne compte pas le temple de Louxor qui y était relié par l'allée de Sphinx de 3 kms.

L'entrée principale
L'entrée principale

Il ne faut pas faire de confusion avec le complexe de Karnak dont le temple d'Amon souvent seul lieu visité par les touristes, n'est qu'une partie !
Autour se trouvent également le temple de Ptah, d'Opet, etc. ..... Nous ne visiterons que le temple d'Amon.

 

Tout d'abord l'allée de béliers qui rejoignait le temple de Louxor.
Ensuite, une enfilade de 10 pylônes dont le 1er de 113m de large.
Il date des derniers pharaons, les Nectanebo vers 350 av JC et n'a jamais été terminé.
La 1ère cour, énorme, était une étape pour la procession des barques sacrées et les 2 chapelles reposoirs.
Seule rescapée sur les 10 originales, la colonne de Taharqa est haute de 21m.

Lorsque l'on voit les tonnes de blocs à mettre en œuvre, on peut se demander comment les Égyptiens faisaient, alors que nos ancêtres les Gaulois vivaient encore dans des huttes de paille et ce, plus de 1.000 ans plus tard !!!

Le croquis ci-dessus tente de donner une explication avec l'usage de balanciers et le remplissage entre les colonnes avec du sable et des gravats.
Cela permettait le montage ainsi que la décoration des éléments, sans oublier que tout ceci était recouvert d'un plafond de dalles pesant des dizaines de tonnes.

 

Une fois passé le 2ème pylône avec sa porte de 30m de haut, tu pénètres dans la grande salle hypostyle. Une vraie merveille !!!
C'est un vrai bonheur de se promener entre ces colonnes avec une perspective ahurissante à chaque pas !!
On ne sait pas trop quoi ou comment prendre une photo dans cette forêt de pierre !!!
Certains bas-reliefs ont conservé le fond beige d'origine. Il faut imaginer cette salle avec un plafond et seulement éclairée par les claustras et des torches .... Impressionnant !!!
Le mur de gauche est le plus beau avec des décorations montrant Séthi 1er, agenouillé devant les dieux ...

La grande salle hypostyle

 

La partie la + spectaculaire !!!
134 colonnes dont l'allée centrale culmine à 23m. La différence de hauteur avec celles sur les côtés (16m) permettait la mise en place de claustras éclairant la salle.

Tout au fond se trouve la "salle des fêtes" de Touthmôsis III avec des colonnes encore peintes ... et un ciel constellé d'étoiles !!

Nous revenons par la droite pour rejoindre le Lac Sacré.
Il servait aux ablutions des prêtres ainsi qu'aux barques sacrées. Celui de Karnak fait 120m sur 77 et comprenait aussi une basse-cour pour les oies sacrées.

Les obélisques

 

C'est en 1830 que l'Egypte offrira les 2 obélisques à Charles X.
Un bateau à fond plat, le Luxor, sera spécialement construit et arrivera en face du temple le 14 Août 1831.
150 marins vont déposer le "colis" de 227 tonnes le 23 Octobre.
Les 300 mètres qui séparent les quais du temple seront franchis le 19 Décembre.
Ce n'est que le 25 Août 1932, après les crues (il n'y avait encore aucun barrage...) que le navire peut descendre le Nil vers la mer. Le 2 Janvier 1833, il atteint enfin Alexandrie !! Il y patiente encore 3 mois avant d'être remorqué par un des premiers vapeurs français, le Sphinx.

Il sera sur les quais de la Concorde le 23 Décembre 1833. Nous en sommes déjà à 3 ans ... et il faudra encore attendre 3 ans avant que l'on décide du lieu où il sera inauguré... Ce sera le 25 Octobre 1836 par Louis-Philippe !!!
Le second, toujours sur place et encore "propriété" de la France, sera officiellement rendu à l'Egypte en 1980 ....

Spectacle Son et Lumière dans le temple de Karnak

 

8e jour : Louxor-Paris.

Temps libre jusqu’à notre transfert à l’aéroport et départ vers Paris sur vol spécial.