La côte d’Opale, 130 km de côte variées que se partagent ivres de liberté, mouettes et goélands.

La côte d’Opale, espace de lumière et de détente, territoire d’exception entre ciel, terre et mer, s’étend de Berck-sur-Mer à la frontière belge, face à l’Angleterre

 

 Samedi 3 mai 1997

 

           WIMEREUX, le charme et la mer

Nous avons été attirés par son ambiance et par la magnifique nature qui l’entoure.

En déambulant sur la digue promenade et dans les rues du centre-ville, on peut y admirer les nombreuses villas, de style anglo-normand de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle, chargées d’histoire sur lesquelles le souvenir de la « belle époque » flotte encore.

Mais Wimereux, c’est encore son air iodé et le souffle du grand large.

Wimereux la coquette, allie à son charme bourgeois une impression de vacances permanente.

Rappelons aussi que l’origine du nom de Wimereux signifie « Rivière des Joncs 

 

Un peu d’histoire :

A l’aube du 19ème siècle, Wimereux n’était qu’une garenne à lapins. A peine un hameau, quand Napoléon caresse son rêve de soumettre la perfide Albion et installe un port dans l’estuaire du Wimereux.

Aujourd’hui, on joue à la pétanque à l’emplacement des bassins de la flotte impériale !

En 1899, fameuse année ou Wimereux accède à l’indépendance, elle compte déjà 328 villas. A la veille de la Première Guerre mondiale, la station connaît son apogée avec 800 villas et 50 hôtels.

La clientèle anglaise apporte la touche internationale à la brillante station balnéaire. Les parisiens affluent : « le train des cocus » ramène les maris au travail tandis qu’épouses et enfants profitent des divertissements mondains et sportifs.

La guerre de 14-18 ouvre une parenthèse. Wimereux se transforme en un vaste hôpital britannique. Après l’armistice, la station fait peau neuve. Elle aspire à nouveau aux fastes d’avant-guerre, elle aménage sa digue en 1927. Depuis soixante ans, tous les Wimereusiens y ont leurs petites cabines de plage bleu et blanc

 

 WIMILLE

 

De Gaulle passa ses vacances à Wimille, à la villa des Tilleuls. On raconte encore dans le pays que le petit Charles, jouant avec ses camarades, passait déjà pour un grand chef. Il se faisait appeler « le Connétable ».

Nous y remarquons une fontaine couverte du 17ème siècle qui, à l’époque de Noël abrite une crèche.

Nous allons voir également le moulin de Grisendal.

 

 AMBLETEUSE

 

 

 

 

 

Le pont D940 offre un point de vue superbe vers l’estuaire de la Stack. On y remarque une végétation dunaire (argousiers, oyats) et dans les parties les plus arides le chardon bleu qui s’accroche.

 

 

 

Le fort Mahon, superbement isolé sur un promontoire rocheux. Vauban en fut

le concepteur. Construit de 1684 à 1690 vraisemblablement sur le site de la batterie anglaise de 1544. Aujourd’hui, il abrite une exposition relative à l’histoire géographique de la côte.

La vaste plage très fréquentée se compose de rochers en croûte dans les excavations desquels on trouve des crabes et des moules.

De Wimereux à Calais nous sommes sur le site national des Caps, dont les milieux naturels sont d’une extrême richesse. Vont se succéder dunes et pelouses calcaires, falaises jurassiques et crétacées, estuaire et estrans sableux et rocheux, landes et bosquets qui s’accroche

malgré le vent.

 

 

 

 

 LES 2 CAPS : Gris-Nez et Blanc-Nez

La corniche de la Côte d’Opale qui mène de Wissant au village d’Escales (gastronomie du poisson), puis par une route en lacets (vigneau) au sommet du Blanc-Nez, traverse les paysages les plus grandioses du Pas-de-Calais, avec sa falaise haute de 134 mètres, que surmonte l’obélisque de la patrouille de Douvres.

 

Cap Griz-Nez

Distant l’un de l’autre de 5 kilomètres, le cap Gris-Nez et le cap Blanc-Nez frmetnt ce qu’on appelle la terre des deux caps, faisant face aux côtes britanniques et dominant le détroit le plus fréquenté au monde.

Si le cap Blanc-Nez est le plus haut avec ses 134 mètres, le cap Gris-Nez possède un phare qui culmine à 72 mètrres au-dessus du niveau de la mer.
Autant le cap Gris-Nez s’avance telle une presqu’île aux falaises en pente douce, autant le cap Blanc-Nez stoppe net face à la mer avec des falaises de craie blanches abruptes. Par contre, pour ce qui est du vent, là pas de distinction, pour l’un comme pour l’autre, c’est venté et venteux, un air iodé et vivifiant, loin d’être désagréable quand on est vêtu en conséquence !

Des sentiers de rondonnées permettent d’y accéder.

 

Cap Blanc-Nez

 

 SANGATTE-BLERIOT

La descente vers Sangatte-Blériot-Plage entre la falaise abrupte et les collines, couvertes de landes trouées par des milliers d’obus, conduit vers le site qu’a observé l’Europe entière, celui du tunnel sous la Manche.

Projeté dans l’actualité par le chantier du tunnel sous la Manche, Sangatte était déjà connue pour avoir été le point de départ de la première traversée aérienne de la Manche réussie par Louis Blériot le 25 juillet 1909. Rebaptisé Blériot-Plage pour célébrer l’exploit, Sangatte-Blériot est une station balnéaire naturelle et familiale. Son immense plage de 8 km de sable fin qui s’étend jusqu’aux falaises du Haut-Blaz permet de pratiquer toutes les activités de loisirs de bord de mer.

 

 

 

 

 

 

 CALAIS, une ville née de la mer…

Dès le panorama observé au sommet du Blanc-Nez, nous avions l’impression d’aborder un monde différent. C’était vraiment la fin des collines roulant comme des vagues vertes jusqu’à la côte tourmentée. Nous sommes entrés dans le plat pays de la plaine maritime qui, par les Flandres françaises, arrive à la frontière belge. Nul relief n’arrêtera plus le regard.

Que l’absence de relief nous change de Boulogne la ravinée !

 

Nous abordons calais par sa très belle plage de sable fin que rythme l’alignement des cabines et qui offre le spectacle permanent, au-delà de la jetée, du trafic transmanche. Calais est à la fois la ville la plus importante du département avec plus de 76000 habitants, le premier port de voyageurs de France, très loin devant Boulogne, et une grande cité industrielle, capitale de la dentelle qui fait vivre plus de deux mille familles.

Dentelle de Calais
Dentelle de Calais

L’histoire de Calais fut marquée par la guerre de Cent Ans et par le dévouement de ses « six bourgeois » qui, le 4 août 1347, conduits par Eustache de Saint-Pierre, se rendirent à Édouard III d’Angleterre, pieds nus, en chemise, une corde au cou, afin de sauver les habitants de leur ville, au terme d’un siège héroïque de onze mois. Ils ne doivent leur salut qu’à la Reine Philippine de Hainaut.

Ce noble sacrifice a été immortalisé par le fameux bronze d’Auguste Rodin qui, parmi les parterres de fleurs magnifiques, est a admirer devant l’hôtel de ville dont le beffroi, haut de soixante-quinze mètres, est très élégant. L’hôtel de ville a été construit entre 1911 et 1925, en brique dans le style flamand du 15ème siècle.

Bataille de grains de riz sur les marches de l’hôtel de Ville

L’Hovercraft et un engin amphibie à portance aérostatique et à propulsion aérienne. La portance est assurée par un coussin d’air sous faible pression relative, entretenu par une soufflante à l’intérieur d’une enceinte dont les parois latérales, appelées jupes, sont suffisamment déformables pour suivre au plus près le relief de la surface survolée et ainsi réduire les fuites. Ils peuvent aller sur terre, mer, neige, glace, sable. En d’autre terme, l’hovercraft et engin de transport à la fois confortable et rapide. 

Aux portes du tunnel sous la Manche, la Cité Europe est un centre commercial international. A la fois centre commercial du littoral et étape touristique incontournable pour tous ceux qui traversent la Manche, Cité Europe nous propose plus de 140 commerces, un hypermarché Carrefour, 12 salles de cinéma et une incomparable « Cité Gourmande » qui regroupe une vingtaine de restaurants.

 

 Dimanche 4 mai 1997 

 

                 Magie de la baie de Somme

Ses immenses espaces sauvages, ses paysages insolites aux vastes horizons font de la baie de Somme un site privilégié dont on entrevoit le charme surtout à marée basse. La mer découvre alors des étendues infinies de sable et d’herbe. C’est un paradis pour les amoureux de la nature.
À chaque instant, la baie renouvelle sa palette dans des camaïeux de bleu-vert, d’or et d’argent. Dans cette immensité de sable, les courants dessinent des labyrinthes compliqués où le regard se perd. Même les gars du pays ont du mal à s’y repérer, tant les bancs de sable se métamorphosent d’une marée à l’autre. La baie, ourlée d’ « herbus » qu’on appelle aussi « prés salés », est pâturée par des moutons.

Au printemps et en automne, les oiseaux migrateurs y font une halte pour se reposer et se ravitailler avant de reprendre leur vol. Les méandres et les flaques peu profondes servent de nurserie aux soles, aux turbots et aux crevettes qui y grossissent tranquillement avant d’aller repeupler les mers. Avec un peu de chance, on peut croiser un phoque déluré qui vient jusque dans le port de plaisance de Saint-Valéry saluer les badauds et grignoter un hareng.
La baie est envoûtante, certes, mais aussi très dangereuse, ce que n’ignorent pas les chasseurs à la hutte qui imitent si bien les cris du gibier. Ne pas s’aventurer dans ses immensités sans se renseigner auparavant, sans connaître les heures des marées. Les baigneurs se méfieront de la violence des courants.

 

 

 

 

 

SAINT VALERY

Nichée dans la verdure face à l’harmonieux paysage de la baie de Somme, Saint-Valéry, ville médiévale, comprend la ville haute et la ville basse près du port. Les ruelles étroites offrent ici et là de superbe points de vue sur l’estuaire. Jeanne d’Arc y fut emprisonnée en 1430, dans le château démantelé plus tard au 17ème siècle. Lors des marées de vives eaux, lorsque la mer s’enfuit bien loin avant de revenir au grand galop, on entend parfois, un bruit de tonnerre. Deux possibilités :


ou vous venez d’avoir un coup de foudre pour la baie de Somme, ou, plus probablement, il s’agit d’un tir d’engins explosifs. Depuis cinquante ans, les Valéricains subissent à chaque grande marée des explosions de munitions héritées des deux guerres mondiales.
Saint-Valéry a été chérie par les artistes. Anatole France, Degas et Colette sont venus s’y ressourcer ? Colette qui, en 1907, y souleva un certain émoi par sa tenue peu conventionnelle et se plut à décrire la baie

Demandez-moi de vous raconter les 2 prières de Marine ?

 

Écomusée PICARVIE – 5, quai de Romerel

 

L’écomusée PICARVIE est un véritable petit village où l’on retrouve le charme des métiers et des traditions d’autrefois. Un reflet de la vie du Picard au siècle dernier avec une remise en situation des ateliers, échoppes, estaminets, écoles, petits commerces, etc. Une petite ferme reconstituée avec minutie et tous les éléments qui la composent, à savoir : la maison picarde et sa cheminée de feu de bois, la chambre, la laiterie, la cidrerie, les étables, l’écurie, le puits, la cour et une écoucherie avec une étonnante collection d’outils pour la transformation du lin qui se faisait au siècle dernier encore à la ferme ; un film vidéo retrace d’ailleurs parfaitement ce travail bien particulier. Les métiers à tisser en bois Jacquart, rouets, machines à coudre et une grande diversité d’outils font le charme de l’atelier de couture et de repassage

 

 

LE CROTOY

 

Jadis place forte pourvue d’un château dans lequel Jeanne d’Arc fut enfermée en 1430 avant d’être conduite à Saint-Valéry, puis à Rouen. C’est aujourd’hui une accueillante station balnéaire familiale, face à la baie de somme.

 

 

BERCK-SUR-MER

À Berck, on a le sable le plus fin et le plus blanc de la Côte d’Opale et l’horizon le plus vaste avec 15 km de plage entre les estuaires de la Canche et de l’Authie sur un bon km en profondeur ! Les plus beaux cerfs-volants du monde y dansent avec le vent ! Les chars à voile les plus rapides y régatent sur le sable !

La ruée vers l’or blanc de la plage et l’air pur de la mer à fait de Berck une ville de près de 10000 habitants à la Belle Époque. Pourtant, au départ, ce n’est qu’un hameau où survivent les « laboureurs de la mer » sous les rafales des tempêtes et de l’histoire. A cette époque, le village dépendait uniquement de la mer nourricière. Et puis, voici un peu plus d’un siècle, la médecine découvre les vertus toniques du vent marin fort en iode, la pureté de l’air et la douceur du climat revigorant. Berck, à l’abri de l’estuaire et de son écran de dunes, devient le havre des « allongés ». On y « respire » la santé. On y répare les malformations osseuses et les séquelles des accidents de la route. On y soigne la tuberculose.
L’histoire locale attribue l’invention du Berck hospitalier à Marianne Toute Seule. Dans les années 1850, cette veuve de mareyeur sauva, grâce à une bonne cure d’air marin, de jeunes enfants infirmes qui lui étaient confiés. Le corps médical cria vite au miracle. Le petit hôpital maritime fut construit en 1861, le grand en 1869.

Quelques jolies villas encore debout après la guerre font le charme de la ville, mais le front de mer et une bonne partie de la ville ont été reconstruits ! Seule concession à la nostalgie, les cabines de plage aux couleurs pastel dressées comme un rempart contre le vent, à l’abri duquel fleurissent les corolles des parasols.
Berk a su ajouter le vert à son blason. Vert paysage des bas-champs, où se découle le patchwork coloré des tapis de jacinthes et de tulipes, comme en Hollande. Malgré les embruns salés, la ville se pavoise de massifs floraux. Elle vient d’obtenir sa quatrième fleur.

De clochers en calvaires

Berck possède un patrimoine religieux exceptionnel né de la piété des marins quotidiennement confrontés à la mort. La ville abrite 2 églises, 3 chapelles, 9 oratoires, 27 niches avec des statues aménagées sur la façade des maisons, et 15 calvaires.

 

 

 

 

 

 

 

L’église Notre-Dame-des-Sables, à Berck-Plage, a été construite par des charpentiers de marine. Sa voûte est carénée comme une coque de voilier.


 

 

Le succès Berckois

Au Succès berkois, rue Carnot, on fait du lèche-vitrine au propre comme au figuré. D’abord, il y a l’odeur délicieuse de caramel chaud. Et puis les couleurs acidulées des bonbons dans les bocaux. Depuis 1922, cette boutique est le palais des bouches à suc’ ! Une vraie caverne d’Ali Baba pour les loupiots gourmands. Et depuis l’origine presque rien n’a changé dans le décor et le travail artisanal du sucre.

Au Succès Berckois, cela fait cinq générations que l’on concocte des berlingots aux parfums et saveurs d’enfance.

Un vrai spectacle haut en couleur et en saveurs


 

 ETAPLES

 

 

LE TOUQUET – PARIS-PLAGE

Au siècle dernier, ce paysage de désert, battu par le vent et les vagues, en bordure de l’estuaire de la Canche s’est métamorphosé en un « jardin de la Manche ».

Véritable éden balnéaire des têtes couronnées et de la gentry britannique. Aujourd’hui, la station réussit à panacher les attraits des sports de plein air avec une vie culturelle animée en un environnement exceptionnel. Le Touquet a le vent en poupe.

A l’origine, en 1882, il a fallu le flair d’un Parisien épris de nature, écologiste avant l’heure, pour faire du Touquet l’Arcachon du Nord. En quelques années, la ville va devenir un pays de cocagne.

La jeunesse dorée y pratique assidûment les plaisirs sportifs et mondains : jeux d’argent, golf, polo, tennis, équitation, courses de char à voile.
Les Anglais ont un peu annexé ce « petit coin d’Angleterre qui a dérivé vers la France ». La capitale balnéaire est desservie par un aéroport en 1930. Et bientôt, 100 rotations quotidiennes établissent un pont aérien entre Londres et Le Touquet. A l’heure du Shuttle, une seule ligne subsiste, la « Lovair », dernier témoignage d’une longue histoire d’amour entre les Anglais et la station la plus sélecte de la Côte d’Opale.

Les années 30 sont l’âge d’or du Touquet : la piscine d’eau de mer, l’hippodrome, les palaces, lui donnent un second souffle. Elle se dote du marché couvert, d’un imposant hôtel de ville dans le style néogothique et de somptueuses villas dans l’esprit des manoirs anglo-normands. Un patrimoine que l’on découvre en flânant dans les ruelles et les bois. La grande crise de 1929 va porter un rude coup au « mythe » de la station balnéaire de prestige. La guerre laisse nombre de villas et hôtel en ruine

Durant les Trente Glorieuses de l’après-guerre, Paris-Plage surfe sur la vague des week-ends balnéaires. La bourgeoisie industrielle du Nord continue d’essaimer ses villas dans la forêt et la dune. L’heure n’est plus aux têtes couronnées mais aux congés payés…

La ville se dote d’une brillante vitrine culturelle et d’un slogan mobilisateur : « La station des quatre saisons ».

Dunes ou se dispute le célèbre enduro des sables à moto, forêt où se nichent de luxueuses villas, casino, Palais de l’Europe, lycée hôtelier, hôtels et restaurants de grand standing, centre de thalassothérapie, vie nocturne intense avec de nombreuses boites de nuit que fréquentent des noctambules venus de fort loin, font du Touquet une ville où il est impossible de s’ennuyer. D’autant qu’elle a beaucoup misé sur l’animation permanente, et aussi sur le sport.

On y admirera le marché couvert en demi-lune, l’église Sainte Jeanne d’Arc (1912) et l’hôtel de ville, en pierre de pays, dominé d’un beffroi de trente-huit mètres.

Le Tourquet à Noêl

Le Touquet à Noêl

 

 

 

 

 Mercredi 7 mai 1997

 

                    BOULOGNE-SUR-MER

Les séductions de Boulogne en font une ville dangereuse pour le voyageur. Elle pourrait bien, en effet, cette coquette qui s’observe inlassablement dans ces miroirs, nous retenir comme Calypso garda Ulysse auprès d’elle dans son ile.

Vue du port de Boulogne
Vue du port de Boulogne

Le premier attrait de Boulogne est en effet son relief, qui ouvre à chaque instant, à qui parcourt la ville, d’immenses horizons, sans autre souci que la contemplation des panoramas dont l’aspect varie en fonction de l’heure, et des caprices d’un ciel changeant mais toujours peuplé de mouettes familières.
L’agglomération est en effet construite sur les deux rives du fleuve côtier Liane que bordent des immeubles aux impressionnantes hauteurs.

Vue du Mont Lambert
Vue du Mont Lambert

Pour bénéficier d’une vue d’ensemble sur l’agglomération, on prend la rocade, entre Saint-Martin et Saint-Léonard, au pied du mont Lambert. Un parking fort bien situé domine le four à chaux et Ostrohove niché dans la verdure, mais aussi toute la cité, d’Ecault à la colonne de la Grande Armée en survolant le port, la rade et la haute ville, reconnaissable à la basilique Notre-Dame qui veille sur Boulogne.


Esplanade du Portel
Esplanade du Portel

On gagne ensuite, en traversant la vallée de la Liane, la colline d’Outreau. Du petit square de la rue Marcel-Sembat à Outreau, on situe de droite à gauche toutes les hauteurs : église d’Ecault, mont d’Herquelingue, mont Lambert et son relais TV (189 mètres), haute ville, colonne de la Grande-Armée. Plus bas : la zone industrielle de la Liane et le quartier de la gare.

La vue est alors bouchée, à gauche, par l’église Saint-Vincent-de-Paul qu’il nous faut passer pour gagner la rue Auguste-Huguet, juste au-dessus des magasins de marée de Capécure. Le point de vue est alors un trois étoiles !


La place d'Outreau
La place d'Outreau

À gauche : tout le port et la falaise qui court vers le moulin Wibert, la Crèche, le cap Gris-Nez ; en face, la ville de Boulogne, au pied de ses remparts.
Voir Boulogne de cette colline donne envie d’aller très vite de l’autre côté.


Frédéric Sauvage au pont Magret
Frédéric Sauvage au pont Magret

Mais avant nous restons encore au grand air pour voir un autre lieu étonnant : Une réserve d’oiseaux en pleine ville.

Comment une réserve de chasse, peut-elle exister au cœur d’une agglomération de plus de 100000 habitants et de surcroît tout près de sa zone industrielle ?

La réponse est géographique. Boulogne, coupée en deux par l’estuaire de la Liane, possède une profonde enclave du domaine maritime. L’Association des sauvagniers du Boulonnais a donc crée dans l’estuaire de la Liane, lieu où de toute manière la chasse est rendue impossible par la proximité des constructions, une véritable réserve. Réserve où se mélangent eaux douces et eaux salées, où croissent des roseaux qui constituent de précieux abris pour la faune.

Une réserve d'oiseaux en pleine ville
Une réserve d'oiseaux en pleine ville

150 canards colverts (environ) nichent dans la roselière et fort loin vers l’amont. Ils se reproduisent bien, néanmoins, l’A.S.B. procède à de petits lâchers de canes tous les ans. Par grands froids, les chasseurs apportent de la nourriture, sachant pertinemment qu’il convient d’éviter tout excès, sous peine de rendre les oiseaux sauvages dépendants de l’homme, car apprivoisés. Les colverts se promènent par couples (femelles ternes, mâles richement colorés) sur les rives herbues. Quand le bassin est à sec des centaines de mouettes et de goélands se tiennent sur la vase. Il y a aussi les limicoles, les bécassines, les chevaliers, les bécasseaux, qui cherchent leur nourriture.
Les roseaux abritent foulques et poules d’eau. En pleine eau, un cygne blanc nage parmi les canards, colverts et aussi tadornes, milouins, morillons, garrots qui font parfais escale dans la réserve.
C’est en hiver que la Liane offre les moments les plus passionnants à l’ornithologiste quand les canards chassés par une vague de froid arrivent des pays du Nord.

La rue Thiers
La rue Thiers

La Basse-Ville

 

On revient donc au pont Marguet, pour aller tranquillement à pied de la basse ville à la haute ville, l’antique Bononia. C’est le moment de flâner dans des coins pittoresques : le quartier du théâtre, qui fait l’objet d’une opération de semi-piétonisation particulièrement agréable en été ; le passage Siblequin, réservé aux piétons et qui, décoré de fresques, part de la rue Faidherbe pour atteindre la rue des Religieuses-Anglaises. On peut pousser jusqu’à la rue d’Artois (jolie porte au n° 22) redescendre par la rue Félix-Adam, faire un tour, le mercredi et le samedi au marché de la place Dalton.

L'Eglise Saint-Nicolas

Plus vieille église de Boulogne, Saint-Nicolas était donc la seule dont disposaient les fidèles boulonnais pendant la Révolution. Ses parties les plus anciennes datent du 13ème siècle, vers 1220-1250. Elle fut plusieurs fois dévastée, notamment en 1544 et en 1567.
Au 16ème siècle, l’abside fut rebâtie, le chœur remanié en surélevant ses voûtes et leurs supports, en retaillant les colonnes et leurs chapiteaux en donnant un contour polygonal aux deux grandes chapelles, en ajoutant deux petites chapelles qui furent voûtées à la fin du siècle. La nef fut reconstruite par l’architecte boulonnais Giraud Sannier en remplacement de l’ancienne, à la longue minée par de trop nombreuses sépultures car les boulonnais formaient souvent le vœux d’être inhumés à St-Nicolas

En 1982, les voûtes furent nettoyées au sable afin de remettre en valeur la beauté de la pierre. Ce qui mit en lumière les niches des statues des apôtres qui avaient été décapitées pendant la révolution. Plus tard, elles furent dotées de têtes de plâtre mais l’artisan n’avait que peu d’imagination et ne disposait que de 2 moles. C’est pourquoi, aujourd’hui, les apôtres se ressemblent comme des frères.

Décoration de Noêl
Décoration de Noêl

Vers la haute ville

 

On poursuit la grimpée de la Grande-Rue, pour atteindre les remparts et la tour Gayette au pied de laquelle le 15 juin 1785, Pilâtre de Rozier et Romain entreprirent, en ballon, l’exploit d’une traversée de la Manche. Ils devaient s’écraser, six km plus loin à Wimereux.
Par la porte des dunes dont l’ancien mâchicoulis abrite une statue de la Vierge nautonière, nous pénétrons en haute ville où il fait bon flâner et se perdre. Les risques 
ne sont pas bien grands puisque le tour complet de ses remparts, par le chemin de ronde, ne dépasse pas 1300 mètres, que la vieille ville ne forme qu’un petit quadrilatère de 410 mètres sur 315. Et pourtant, que de richesses il contient ! C’est d’abord, aujourd’hui le vrai centre de Boulogne puisqu’on y trouve l’administration municipale, la justice, les impôts, les services de l’équipement, la bibliothèque…

Il faudrait faire trois fois le tour de la haute ville, ensemble médiéval qui selon la formule consacrée, vaut le voyage.

- Par les jardins extérieurs pour admirer tours, courtines et portes et remarquer les statues de l’égyptologue Mariette « Pacha » du docteur Duchenne de Boulogne, de Jenner.

_ Par les rues étroites et pittoresques que bordent nombre de maison du 13ème siècle dont beaucoup ont été remarquablement restaurées.

- Par le chemin de ronde, promenade facile d’accès, à l’écart de la circulation et qui offre de beaux points de vue.

A l’horizon, on voit tour à tour l’église Saint-Martin, l’hôpital Duchenne et le mont Lambert, Ostrohove niché dans la verdure, Ecault, Outreau, le Portel, toute la rade de Boulogne, les quartiers de Saint-Pierre et de Saint-Michel, le tunnel SNCF des Tintelleries et la colonne de la Grande Armée.


Henri II et les remparts qu'il rendit à la ville
Henri II et les remparts qu'il rendit à la ville

Les remparts, achevés par Philippe Huriel en 1231, sont construits en partie à l’emplacement de la muraille antique du Bas-Empire. Ils sont un élément de la colossale œuvre de fortification du comte de Boulogne qui, étant mêlé à la rébellion contre Blanche de Castille, fit donc de Boulogne, calais et Hardelot des places fortes.

Les quatre portes qui donnent accès à l’intérieur de l’enceinte : la porte des Dunes ainsi appelée à cause de la proximité du Donjon (Dunio). La porte Neuve, dite aussi de Calais ou Flamengue (qui s’ouvre vers la Flandre). La porte Gayolle, qui donne vers Paris, elle est ainsi appelée car elle recelait des cachots. La porte des Degrés est un charmant passage pour piétons qui donne boulevard du Prince Albert.

 

Le château, qui accueille le musée, fut construit par Philippe Hurepel à la même époque. A l’intérieur, la salle la plus remarquable est celle dite de la Barbière, qui est haute de sept mètres, large de dix mètres et longue de vingt. Trois colonnes y soutiennent huit travées voûtées d’ogives. Le château servit longtemps de caserne, et au 20ème siècle, de prison.
Hôte illustre : Louis Napoléon Bonaparte qui fut enfermé après sa tentative de coup d’était en 1840.

 

Le musée du château propose au visiteur des collections particulièrement riches.
La section égyptienne : on admirera la momie, les sarcophages de Nehemsimontou et de Nodjem-Mout en bois polychrome.

Au musée de Boulogne : une belle collection de masques
Au musée de Boulogne : une belle collection de masques

Belle séries aussi d’amulettes qui écartaient les forces maléfiques, de vases, de bijoux, de stèles.

La collection de céramiques grecques et italiotes est la seconde de France.
Sont remarquablement présentées les collections de masques esquimaux et aléoutes, les objets d’Océanie, les céramiques anciennes.
Dans la section beaux-arts se remarquent les œuvres de Corot, Boudin, Fantin-Latour, Delacroix…

Le musée fait souvenir aussi de Napoléon, du camp de Boulogne, de la conquête avortée de l’Angleterre

Le beffroi est le plus ancien monument de la haute ville. Pour en gagner le sommet, on passe par la mairie, un édifice de briques à parements de pierre assez plaisant, datant du 18ème siècle et qui a été souvent restauré. Dès le hall s’aperçoit la base du beffroi qui a été dégagée sans goût en 1959.

L’ascension mérite d’être tentée, pour le panorama à découvrir de ses 47 mètres. On distingue les différents étages de cet ancien donjon des comtes qui devint communal après la construction du château. Il fut donc transformé en beffroi par les bourgeois que Saint Louis voulut punir en 1268 : ils avaient fort mal reçu ses envoyés collectant des fonds pour la croisade. Aussi le roi ordonna t’il la destruction du beffroi. Celle-ci ne fut pas complète. L’année suivante, les privilèges communaux ayant été rétablis, la tour qui en constituait le symbole fut restaurée.

Au faîte : les sirènes de la ville.

En redescendant du beffroi, on ne manque pas d’aller voir, dans la salle des mariages, de belles boiseries du 18ème siècle.

 

Le palais de justice, tribunal de grande instance, a remplacé au milieu du siècle dernier l’ancienne sénéchaussée. De style néoclassique, il est remarquable par ses colonnes ioniques et doriques et par les sculptures de l’Arrageois Bougron montrant la Loi, s’appuyant sur la Force et la Justice protégeant les sciences, les arts, l’industrie et le commerce. Deux empereurs qui séjournèrent à Boulogne sont également sur la façade : Napoléon et Charlemagne. La salle d’audience du premier étage ne manque pas d’allure et elle offre de surcroît un point de vue agréable sur la place de la Résistance dont la perspective est mise en valeur.

Cet angle met en évidence l’ancien couvent des Annonciades qui date de la fin du 17ème siècle et était en très mauvais état avant sa restauration. Il est devenu l’abri de la bibliothèque municipale dont la richesse est très grande : 300000 volumes, 1150 manuscrits, mais aussi un haut lieu culturel avec l’admirable vaisseau de bois de sa salle d’exposition, et son cloître ou il fait bon flâner autour de l’ancien puits.
Avant de nous rendre à Notre-Dame, haut lieu à la fois religieux et touristique, on se rafraîchit à de jolies fontaines du 18ème siècle qui ne coulent plus mais ne manquent pas de grâce : celle des Amours, rue d’Aumont, et celle des Dauphins, rue de Lille.
A propos de la rue de Lille, il faut savoir que cette ancienne rue dite des Cuisiniers est certainement la rue de Boulogne la plus riche en restaurants et aussi en boutiques que se plaisent à fréquenter les touristes.

La basilique Notre-Dame

 L’édifice le plus imposant de Boulogne est certainement sa basilique, visible de tous les points de la ville.

Appelée tout simplement, au Moyen Age « ville de Notre-Dame », Boulogne accueillit dans son port, sous le règne de Dagobert, en 633 ou en 636, un esquif dont le seul équipage était une statue de la Vierge à l’Enfant qui fut portée pieusement par la population dans une chapelle de la haute ville.

Le culte à la Vierge nautonière ne se développa pas tout de suite mais il était déjà très célèbre au début du 13ème siècle.

La basilique, consacrée en 1866, est remarquable par son dôme, au double tambour, de cent mètre de haut, par sa nef à la formidable colonnade corinthienne soutenant une voûte aux fausses coupoles elliptiques évidées laissant apparaître le berceau constituant sa couverture. Cette construction audacieuse connut quelques accidents : effondrement des voûtes de la nef en 1921 ; dommages occasionnés par la dernière guerre ; et aussi, étonnant mouvement de la flèche sommitale qui pencha fort dangereusement un jour de 1952, pour se redresser ensuite miraculeusement… 

L’intérieur de la cathédrale ne manque pas d’objet précieux : l’autel Torlonia date du 14ème siècle ; la chaire en bois sculpté ; les grandes orgues ont retrouvé leur splendeur et le char de Notre-Dame-du-Grand-Retour évoque des moments de foi intense.

Aujourd’hui, la belle manifestation de la foi mariale est la station de Notre-Dame, occasion de pèlerinages dans les villages et qui s’achève superbement par la grande procession de dernier dimanche d’août. Est reconstituée, l’arrivée de la Vierge, dans sa barque, au port de Boulogne, dans la nuit du samedi. L’accueillent des centaines de flambeaux. Le dimanche à 15 h 30, la Vierge quitte l’église Saint-Nicolas pour gagner la basilique. Portée par les marins en costume traditionnel, est escortée, dans les rues pavoisées, par les dames de la marine coiffées du grand soleil en dentelle tuyautée.

 

La Crypte de la basilique est l’une des plus vastes de France. Longue de 128 mètres, large de 42, on y trouve les vestiges d’un temple romain du 3ème siècle, la magnifique salle aux piliers peints du 11ème siècle. On y voit aussi et surtout le trésor de la crypte qui s’enrichit régulièrement car les paroisses du Boulonnais y mettent à l’abri leurs plus belles pièces.

Le Port

 

Le port de Boulogne vaut mieux qu’une simple visite.

 

Il faut s’imprégner de son atmosphère et souhaiter que le secteur de la pêche retrouve un regain d’activité. Que deviendrait la capitale du roi hareng sans sa flotte industrielle, sans les chalutiers et trémailleurs qui donnent son animation au quai Gambetta, sans l’incessant mouvement des navires qui franchissent le chenal, nous font vivre l’émotion des départs vers le large houleux et le bonheur du retour quand la pêche a été bonne, sans marée, succède au tri nocturne accompli par les dockers sur les quais du bassin Loubet.

Nuits glaciales qui entourent chaque visage d’un nuage de vapeur, ponts couverts du givre de la mer du Nord, naufrages épouvantables ou simple chute d’un homme dont on ne retrouvera jamais la trace, colère des pêcheurs dont l’arme ultime est de bloquer le chenal avec ce qu’ils ont de plus précieux, leur bateau : autant d’instant qui font partie du quotidien, autant d’épreuves toujours répétées, de drames toujours revécus. Cela pour nulle gloire, pour que la vie continue, pour que le poisson frais abonde encore sur nos tables. Et aussi pour répondre avec passion à l’appel de la mer, dangereuse et éblouissante maîtresse.

 

Il y aura encore de l’avenir pour Boulogne et les Boulonnais tant que la mer sera vivante, tant qu’il y aura du poisson

 

Le pittoresque quai Gambetta où les artisans débarquent et vendent eux-mêmes une partie de leur pêche, constitue une promenade traditionnelle.

La plage est toute proche, dominée par la statue équestre de San Martin, mais il n’est pas conseillé de s’y baigner. La flânerie reste agréable grâce aux aménagements du front de mer.

 

La passerelle qui conduit à la gare maritime propose une flânerie très appréciée par mauvais temps. Ses larges baies offrent un beau point de vue sur le port.

Capécure, le quartier des professionnels de la marée, du froid, de la salaison, se trouve de l’autre côté de la voie ferrée, derrière la passerelle. On peut y flâner à pied.

Le premier bassin porte le nom de Napoléon. Il accueille la pêche et surtout les bateaux en réparation.

Le bassin Loubet que ferme une écluse monumentale accessible aux bateaux de 130 mètres de long et de 7,5 mètres de tirant d’eau. C’est là qu’à partir de minuit, les dockers déchargent les grands chalutiers revenant d’une marée d’une dizaine de jour.


Le port de commerce
Le port de commerce

A remarquer, le poste roulier, accessible aux navires de 146 mètres. Ce paysage industriel est bien connu par les pêcheurs qui jettent leurs lignes de la digue Carnot au bout de laquelle le phare blanc a été le premier à être télécommandé.


Il est possible de se rendre à pied jusqu’à ce phare ; la promenade est magnifique, mais dangereuse : tous les ans, par gros temps, des accidents se produisent. C’est dire combien, à cet endroit, peut être terrible la trahison du vent, de la mer et des énormes vagues qui emportent régulièrement les moellons du parapet.

 

Nausicaà, le centre national de la mer

Vrai dessert après cette succession de panoramas : la falaise qui se trouve juste au-dessus du boulevard Sainte-Beuve, voie très fréquentée qui longe la plage. On y accède du boulevard Ste-Beuve, par l’escalier de la rue du Mâchicoulis ou par le raidillon que forment la rue des signaux et la rue de la Baraque-de-l’empereur.

Arrivés à la chapelle du Calvaire-des-Marins, lieu de grand recueillement car c’est là que se perpétue, par des plaques gravées et fleuries, par des bouées au nom des bateaux, le souvenir des marins disparus et que la mer n’a pas rendu, on prend ensuite la direction de la rue d’Ambleteuse, par la rue de la Tour-d’Odre qui évoque le phare de Caligula.

Du calvaire, comme de l’antique poudrière qui vient d’être mise à jour et restaurée, on découvre l’ensemble du port qui livre les secrets de son trafic. Tout se lit comme sur une carte : la disposition de la rade, fermée par la digue Carnot (longue de plus de 3 km) et la digue Nord ; le va et vient des petits et grands chalutiers, des blancs voiliers, des immenses minéraliers ; les manœuvre de l’écluse du bassin Loubet.

Au début des années 80, une publicité montrant un enfant juché sur une mouette sous le slogan « vivement dimanche, vivement Hardelot ! » ornait les murs de la métropole lilloise. Pour plusieurs générations de Nordistes, le nom d’Hardelot est synonyme de week-end en famille au bord de la mer.

Dès le départ, au début du siècle, cette station, qui a fêté son 90è anniversaire en 1995 en présence d’un membre de la famille royale anglaise, était prévue pour une clientèle « haut de gamme ».

 

Créée de toutes pièces, puis rayée de la carte Hardelot-Plage, une des perles de la Côte d’Opale, est avant tout l’œuvre d’un homme. Financier avisé, John Whitley avait tenté de faire du Touquet une station balnéaire destinée à l’aristocratie britannique. Mais l'opposition des propriétaires l’empêcha de mener son projet à bien. Déçu, il se tourna vers Hardelot, qui n’était encore qu’une étendue dunaire entre la forêt et la mer. En 1897, Whitley, y fit l’acquisition de 2 domaines de chasse, 500 hectares de garrigues autour du château.

Au début des années 80, une publicité montrant un enfant juché sur une mouette sous le slogan « vivement dimanche, vivement Hardelot ! » ornait les murs de la métropole lilloise. Pour plusieurs générations de Nordistes, le nom d’Hardelot est synonyme de week-end en famille au bord de la mer.

Dès le départ, au début du siècle, cette station, qui a fêté son 90è anniversaire en 1995 en présence d’un membre de la famille royale anglaise, était prévue pour une clientèle « haut de gamme ». de Condette. Il y fit planter des oyats et créa le golf qui, à l’époque, partait du haut d’une des tours du château. Pour lancer la station, il fit appel à ses relations et offrit une place au conseil d’administration au duc d’Argyll, beau-frère du roi George VII, et à sir Thomas Lipton.

En 1906, Hardelot-Plage naît officiellement avec la construction d’une chapelle, ancêtre de l’église actuelle. Deux ans plus tard, il y a déjà une vingtaine de villas sur le front de mer. En 1912, il y en a une centaine, dont l’Escopette, la gigantesque résidence de Louis Blériot, située sur la digue.

En 1906, Hardelot-Plage naît officiellement avec la construction d’une chapelle, ancêtre de l’église actuelle. Deux ans plus tard, il y a déjà une vingtaine de villas sur le front de mer. En 1912, il y en a une centaine, dont l’Escopette, la gigantesque résidence de Louis Blériot, située sur la digue.

 

Le tramway de Boulogne amène les plaisanciers jusqu’à la plage. Le célèbre cuisinier Auguste Escoffier officie au château. C’est un succès.

 

La Première Guerre mondiale donne un premier coup de frein à cette belle expansion, mais Whitley sait rebondir.

Les officiers britanniques cantonnés à Hardelot se souviennent qu’ils ont été bien accueillis, et reviennent une fois la guerre terminée. Les familles de la bonne bourgeoisie lilloise apprécient cette ambiance si british. On a toutes les chances d’y croiser les familles royales belge ou britannique. En 1921, à la mort de John Whitley, Hardelot est devenue la station des industriels de Lille-Roubaix-Tourcoing, l’endroit le plus huppé et le plus fermé de la côte.

Ce que la guerre de 18-18 n’avait pas réussi à atteindre, la suivante le détruira totalement. En 1945, Hardelot n’est plus qu’un champ de ruines. L’organisation Todt a parsemé la côte de blockhaus et s’est servie du bois des villas pour en réaliser les coffrages. Sur les 500 villas que comptait la station en 1939, il n’en reste plus que huit.

Devant le peu d’empressement des actionnaires du Domaine à reconstruire une station en laquelle ils ne croient plus, Joseph Leur, industriel tourquennois, dont le père avait été administrateur aux côtés de John Whitley, prend les choses en main et va trouver l’investisseur belge Robert Peeters. À eux deux, ils rouvrent le golf et le centre hippique en 1953, et relancent la station.

Certes, le front de mer, reconstruit à partir de 1964 – alignement de tristes barres d’immeubles, concession au tourisme de masse -, n’a plus rien à voir avec ce que montrent les cartes postales d’avant-guerre, mais il faut reconnaître à Joseph Lesur le mérite d’avoir cru en l’avenir d’Hardelot.

Ses fils, José et Francis, ont pris la tête du Domaine et ont poursuivi le développement de la station, qui compte désormais 3500 logements, un deuxième terrain de golf et un complexe hôtelier trois étoiles.

Le rôle de l’Agence du Domaine est tellement important que certains habitants ont pris l’habitude de s’adresser à Francis Lesur plutôt qu’au maire de Neufchâtel, commune à laquelle est rattachée la station.
De 1200 habitants l’hiver, les villas éparpillées dans les dunes voient passer 15000 résidents pendant l’été. Parmi eux, un tiers de Lillois, de Tourquennois et de Roubaisiens, beaucoup de Belges et de Britanniques et des golfeurs. Il y a moins de Parisiens qu’ailleurs, mais cela devrait changer bientôt avec l’ouverture de l’autoroute A16, dont le chantier se trouve à la sortie de Neufchâtel. En attendant, Hardelot reste la plus britannique des stations de la Côte d’Opale.

 

 

C1, la Potinière

29, rue des Chevrefeuilles

Hardelot-Plage

 

 CONDETTE

Un village qui offre la particularité d’être totalement protégé des vents par ses dunes boisées, par la forêt domaniale d’Hardelot et celle d’Ecault. Les villas, les fermettes s’y nichent dans un environnement fleuri tandis que l’arrière-pays est encore très agricole.
A Condette, on remarque l’église gothique, très jolie, qui date du 15ème siècle. Elle contient des fonts du 13ème siècle et de belles statues anciennes dont celle de son patron, Saint Martin.

Le lac des Miroirs

A deux pas du château d’Hardelot, serti dans les bois que domine le clocher de l’église villageoise, le lac des Miroirs à Condette est un petit paradis pour les familles. A la belle saison, on y loue barques et pédalos pour sillonner ce plan d’eau de plus de quatre hectares, a bord duquel un petit parc d’attractions destiné aux enfants attire la foule des beaux dimanches.

Mais c’est l’automne, quand dorent les feuillage, qu’il faut admirer le bleu pâle du ciel se mirant dans cette ancienne tourbière très envasée et peu profonde, à laquelle la société de pêche tente de rendre un équilibre biologique en apportant du calcaire champenois, pour lutter contre l’acidité de l’eau ; en rempoissonnant tous les deux ans, en améliorant les berges pour favoriser la croissance des herbes indispensables au frai.

Le château d'Hardelot

 

Même s’il est fermé pour travaux jusqu’à fin 1997 (en vue d’accueillir le musée Grévin et le parc France-Miniatures), le château est une curiosité à ne pas manquer.

On peut en faire le tour en suivant le sentier historique qui longe les fortifications. Une série de panneaux raconte la longue histoire du site.

De la résidence de chasse, construite par les comtes de Boulogne au 11ème siècle, il ne reste que les murailles, Louis XIII ayant fait décapiter les tours et araser les courtines.

Vendu à la Révolution, il a abouti, en 1846 entre les mains d’un magistrat anglais, sir John Hare, qui en fit le manoir pseudo-gothique que l’on peut voir actuellement.

C’est en 1889 que John Whitley, le promoteur d’Hardelot, le racheta pour en faire le club-house du golf. Après avoir été occupé successivement par les armées britannique, allemande et canadienne, une congrégation religieuse, puis l’ENR, il est actuellement la propriété de la mairie de Condette.

Son architecture néo-Tudor a séduit Roman Polanski, qui y a tourné les dernières scènes de son film « Tess ».

 

 NEUFCHÂTEL

 

Neufchâtel garde le souvenir du passage de Louis XIV qui y reçut les 18 et 19 juillet 1680 la noblesse boulonnaise.
Parmi les vieilles demeures de Neufchâtel : le manoir de la Rivière (16ème et 17ème siècles) non loin de la D.119 et, près de l’église, une ferme pittoresque (1803) avec sa mare à canards et son vieux pigeonnier

 

Eglise Saint-Pierre

Extérieurement, malgré sa tour à cinq côté, l’église gothique de Neufchâtel n’a rien d’exceptionnel. A l’intérieur, on découvre sa particularité. La voûte, en chêne lambrissé, reproduit la forme d’une coque de bateau. C’est le seul exemple de ce genre dans le Boulonnais.

Boulangerie Maillard-Yrupin

Stéphane Maillard-Trupin, boulanger du Chemin, hameau situé entre Neufchâtel et Hardelot, a déjà eu, à plusieurs reprises, les honneurs de la BBC. Cet intérêt inhabituel date d’il y a dix ans, quand son beau-père a eu l’idée d’ouvrir son fournil aux touristes britanniques. Depuis, c’est par cars entiers que les écoliers d’Outre-Manche débarquent dans son arrière-boutique pour découvrir les secrets de fabrication de la « french baguette », cuite au feu de bois dans un four du début du siècle. De mars à novembre, ce sont 300 bus de scolaires qui font une halte à la boulangerie. Après une visite guidée d’une heure, les petits Anglais repartent avec une baguette, un croissant et une part de tarte, ravis d’avoir découvert un peu de la vraie France. « Exotic, isn’t it ? ».

 

 

 

 

 

 

  LILLE

 

(NORD)

Le Touquet, jardin de l'église
Le Touquet, jardin de l'église

 

 Vendredi 13 juin 1997

 

 HARDELOT

 

Le sentier de la Bécasse

Le départ du sentier de la bécasse se situe sur le parking de la Warenne, au bord de la petite route qui mène à la plage d’Ecault, entre Equihen et Hardelot. Un panneau d’information installé à l’extrémité du parking indique le départ du parcours.

On prend le sentier aménagé avec des escaliers pour franchir les endroits les plus escarpés. Ce chemin serpente parmi les arbres et mène à un petit pont de bois qui franchit la Beulque. Ce ruisseau, un mince filet d’eau qui coule dans une rigole, était autrefois une rivière importante dont l’embouchure a peu à peu été envahie par le sable.

 

1 – Après avoir escaladé l’autre versant de la petite vallée formée par la dune, nous tournons à droite sur le sentier, puis à gauche au carrefour. Nous sommes maintenant sur le GR du littoral (balisage rouge et blanc). Du haut de la dune, on domine un paysage où alternent zones désertiques et parties boisées ou recouvertes de broussailles. La mer est sur la droite. Droit devant, au loin, on aperçoit la digue d’Hardelot et ses hauts immeubles et, en arrière-plan, le mont Saint-Frieux, avec son antenne radar. Un observatoire est installé au sommet d’n des nombreux blockhaus qui parsèment le massif.

2 – A partir de l’observatoire, une route bétonnée descend en lacets sur l’autre versant de la dune. Il s’agit du chemin des Juifs, une voie d’accès réalisée pendant la dernière guerre par des prisonniers, en particulier des déportés juifs. Employés à la construction du mur de l’Atlantique, ils étaient internés au camp de Dannes. Bon nombre d’entre eux sont morts d’épuisement dans les dunes d’Ecault et du mont Saint-Frieux.

Arrivés au carrefour, nous tournons à gauche dans les arbustes puis encore à gauche. On franchit la clôture, puis nous tournons de nouveau à gauche en longeant la clôture. Le manteau de sable qui recouvre la falaise calcaire est d’une épaisseur très inégale d’où l’aspect vallonné et irrégulier du massif dunaire. Quand la falaise affleure, l’eau suinte et permet à une végétation bien particulière de s’implanter : saules, aulnes et peupliers. Ailleurs, ce sont des pins qui poussent. Lièvres, écureuils et mulots gambadent en toute liberté.
3 – Nous laissons la forêt domaniale d’Ecault sur la droite et nous prenons le sentier sur la gauche. En vue du camping, on tourne à gauche, puis on descend l’escalier sur la droite qui ramène au parking du départ.

 

 

 ARDRES

 

 

Ville particulièrement jolie et riche de souvenirs, on apprécie le lac de soixante-quatre hectares, l’allée des Tilleuls, plantée en 1776, les remparts remaniés par Vauban, l’ancien hôtel de ville du 17ème siècle.

 

 

 MARQUISE

Les carrières de Marquises : beautés minérales
Les carrières de Marquises : beautés minérales

Les carrières

On en saura bien davantage sur Marquise en suivant le circuit (paysages grandioses) des carrières, leur mise en valeur paysagère : heureux aménagement de sites devenus lunaires où alternent terrils poussant comme champignons leurs pentes douces et abîmes aux parois verticales.
L’itinéraire conduit d’abord vers Rety et Rinxent ou l’immense perspective des carrières de la Vallée-Heureuse est formidable. Par pans entiers, les falaises sont abattues à l’explosif pour donner des matériaux qui, concassés et criblés, deviennent des granulats de toutes dimensions.
Le point de vue aménagé à Fergues, montre l’exploitation du marbre. Là, l’explosif est prohibé. La pierre est coupée à l’aide d’un fil diamanté, ce qui donne des fronts de taille lisses

Faire halte aussi devant l’église de Marquise. Près de l’église, le vieux tilleul n’est plus classé : il avait perdu de grosses branches lors d’une tempête en 1978. Cependant l’arbre garde beaucoup d’allure. Qu’il ait été planté en 1412 (trêves entre la France et l’Angleterre) ou en 1598 (fin des incursions espagnoles et anglaises), il symbolise la paix.

 

 

 Cap de Gris-Nez

 

 CALAIS

 

 Musée Historique d'Ambleteuse

 

L’existence de ce musée est due à l’initiative de deux collectionneurs : Denis BARBE & Christophe DESCHODT. Passionnés par cette période de l’histoire, il leur a fallu plus de 30 années de recherches acharnées pour réunir les milliers d’objets et documents exposés, dont certains aujourd’hui sont devenus introuvables.

Ce musée est un témoignage pour les générations actuelles et futures, du sacrifice de millions de jeunes gens. Quelle que soit leur nationalité, ils ont souffert ou donné leur vie pour une cause qu’ils croyaient bonne ou pour défendre leur liberté et celle des leurs. 55 millions d’entre eux périrent pendant cette tragique période de l’histoire

 

" Ne sont vraiment morts que ceux qui sont oubliés."              

Lieu de mémoire
Lieu de mémoire

 

Le site de la Coupole est unique, il est le symbole parfait de la démesure et de la barbarie du régime nazi, inauguré en mai 1997 autour de trois axes principaux :

·         L'Occupation dans le Nord-Pas-de-Calais ;

·         Les armes secrètes allemandes ;

·         La conquête de l'espace

 

Historique : 

Construit en grande partie en souterrain dans un complexe d'anciennes carrières de silex, de sable et surtout de craie situé près des villes de Helfaut et de Wizernes, dans un des versants de la Vallée de l'Aa, sous le "Plateau d'Helfaut" ce site a été conçu pour être un lieu imprenable de production, de stockage et de lancement pour les fusées V2. L'emplacement a été choisi non loin du canal de Neoufossé, venant du bassin minier et se jetant dans l'Aa, desservi par plusieurs routes et une voie ferrée, et avec sable et ciment disponible sur place.

Les travaux, commencés en octobre 1943, ont été réalisés par des travaux forcés de prisonniers, sous la direction de l'organisation Todt qui avait la charge d'édifier rapidement des "constructions spéciales" à même de protéger les déploiements des nouvelles armes nazies. L'objectif était de construire rapidement un bunker capable de menacer la ville de Londres située à 200 km au nord-ouest et de remplacer le prédécesseur de la Coupole qui était le Blockhaus d'Éperlecques, ce dernier s'étant avéré trop vulnérable au bombardement aérien.

Des tunnels ferroviaires ont été creusés sous terre pour permettre aux pièces de fusée d'être apportés sans risque à l'intérieur. Au total plus de 6 km de galeries ont été creusés par les prisonniers soviétiques afin de stocker les fusées à 42 m de profondeur. Une usine de carburant d'oxygène liquide a également été construite pour compléter le stock provenant du redéploiement du site d'Éperlecques. Des casernes souterraines ainsi que des zones administratives ont aussi été creusées et renforcées par du béton.

En janvier 1944, un énorme dôme () de béton (Béton est un terme générique qui désigne un matériau de construction composite fabriqué à partir de granulats (sable, gravillons) agglomérés par un liant.) d'un diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère.) de 71 m et épais de 5 m, pèse environ 55 000 tonnes fut construit. C'est cette coupole qui a donné son nom au site.

Les ingénieurs nazis ont pu construire cette immense structure en béton armé en le coulant directement sur la craie qu'ils avaient préalablement taillée en forme concave pour en faire un moule. Une fois en place, la craie située en dessous de la coupole fut excavée. Sous cet espace, une deuxième couche de béton a été coulée, augmentant ainsi la résistance aux bombes.

Directement sous cette structure, une vaste salle hexagonale de 21 m de haut a été créée afin d'accueillir l'usine de production des fusées. Une fois assemblés et remplis de carburants, les V2 étaient déplacés à l'extérieur et mis à feu à la cadence maximale théorique de 50 toutes les 24 heures.

La résistance française a informé les Anglais du potentiel dévastateur de La Coupole peu après que sa construction ait commencé. Les premières tentatives pour la détruire n'ont cependant pas eu lieu avant mars 1944. À cette date, le dôme protecteur avait déjà été terminé. Au cours des cinq mois suivants, 3 000 tonnes de bombes alliées ont été larguées sur l'installation, criblant le plateau d'Helfaut de cratères, mais sans succès. Aucune bombe n'atteignit l'usine de production bien à l'abri sous terre. Toutefois une bombe Tallboy de 5 tonnes endommagea la craie environnante mais le dôme est resté intact.

Le site a été fermé en juillet 1944 avant qu'il n'ait été terminé et avant qu'il n'ait mis à feu la moindre fusée. Hitler a ordonné son abandon et les prisonniers soviétiques ont été mis dans des trains et renvoyés en Allemagne. Les prisonniers n'ont été jamais retrouvés.

 

 

 

Année 1996