La Nationale 7

 

La route des vacances

 

Mardi 27 Mai 2014

 

 

 

 

« Route des vacances
Qui traverse la Bourgogne et la Provence
Qui fait d´ Paris un p´tit faubourg d´ Valence
Et la banlieue d´ Saint-Paul de Vence »

 

 

Ô combien représentative d’une époque, cette chanson de Charles Trenet a été écrite en 1955, lorsque l’élévation du niveau de vie provoquait ses premiers effets, notamment en permettant à la majorité des Français de prendre le large afin de profiter des congés payés. S’entassant souvent dans des voitures exiguës, des familles de la partie nord de la France se ruaient alors sur la Nationale 7 en direction de la Côte d’Azur.

 

Petite rectification, Charles Trenet commet une confusion… si la Nationale 7 traverse bien la Provence, celle qui coupe la Bourgogne est la Nationale 6.

 

Au même titre que la célèbre Route 66 américaine, la nationale 7 est un véritable mythe. La grande route des vacances de tout un pays dans les années cinquante et soixante...

 

 

 

 

Tout d’abord, un grand merci à Thierry Dubois pour son livre, "C'était la Nationale 7", et au site "rendezvousnationale7.voila.net " qui m’ont énormément aidé tout le long de mon parcours, j’y ai vu et j’ai appris énormément de choses sur cette route de légende. Grâce à leurs explications, j’ai pu souvent anticiper mes arrêts pour prendre des photos, sans provoquer d’incidents ou « d’embouteillages ». Et pour terminer, j'ai puisé sans vergogne dans leurs commentaires pour créer mon album souvenirs, j'espère qu'ils me le pardonneront.

Messieurs, je suppose que vous prenez un grand plaisir à ce que vous faites, mais quel travail !!! Félicitations.

 

 
Paris – Parvis de Notre-Dame (km 0)

 

Première photo...

je suis sur le parvis de Notre Dame. Depuis 1924, une plaque de cuivre indique le point zéro de toutes les routes partant de Paris. C’est donc là que naît officiellement la Nationale 7, je vais emprunter ce véritable mythe, la grande route des vacances de tout un pays dans les années cinquante et soixante…

Le point Zéro des routes de France
Le point Zéro des routes de France

...mais avant cela, il me faut sortir des bouchons parisiens... il est 16 heures, je ne choisis donc pas la meilleure heure pour démarrer mon périple.

 

La route nationale 7, est née en 1824, mais reprend alors le tracé de la route impériale prévue sous Napoléon pour rallier Paris à l’Italie via la Côte d’Azur.

 

 

Paris - Porte d’Italie (km 4)

"N7, Le Kremlin-Bicêtre", écrit sur le panneau de béton. Voilà, je suis bien sur la route qui part à la conquête du soleil... car c’est ici que la N7 se matérialise. Dans le Val-de-Marne, elle va prendre l’appellation D7.

Je continue toujours tout droit sur l’avenue de Fontainebleau, puis je franchis le panneau de Villejuif.

 

 

L’Haÿ-les-Roses (km 09)

 

 

Que je traverse sur seulement 150 mètres.

Un peu d'histoire tout de même :

Le village, au départ s'appelait seulement L'Haÿ avec le tréma sur le Y.

En 1914 L'Haÿ devient L'Haÿ-les-Roses, honorant ainsi la notoriété et l'exceptionnelle beauté de sa nouvelle roseraie.

La roseraie existe toujours aujourd'hui sous le nom de Roseraie du Val de Marne et réunit une collection exceptionnelle de 3000 roses ce qui en fait la plus grande roseraie du monde.

 

Maintenant sur le côté ouest de la route c'est Chevilly-Larue, côté est c'est Vitry sur Seine.

 

 

Thiais (km 10)

 

Sur l’esplanade, côté gauche, se dresse une entrée monumentale : il s’agit du cimetière parisien de Thiais. Surnommé « Le cimetière des pauvres », on y trouvait le carré des condamnés à mort et les fosses communes. C’est ici que furent inhumées les victimes anonymes de la canicule de 2003.

Un peu d'histoire :

Le cimetière Parisien de Thiais est un des cimetières Parisiens extra-muros. Ouvert en octobre 1929, c'est le plus récent des cimetières de la capitale, et deuxième cimetière en termes de superficie après celui de Pantin.

Ce cimetière accueille également les sépultures des personnes non identifiées ou sans ressources, décédées à Paris, ainsi qu'un monument en mémoire de ceux qui ont légué leur corps à la science.
On donnera à ce cimetière le surnom de "cimetière des pauvres et des indigents".
Parmi quelques personnalités concernées par le don de corps sans sépultures, mais dont la mémoire est honorée, Bernard Blier, Pauline Carton, ou Madeleine Sologne.
Vous pourrez également vous recueillir sur la tombe du roi dictateur d'Albanie en 1928, Zog 1er , et plus dans l'air du temps, Albert Raisner, le père de l'émission TV culte "Âge Tendre et Tête de Bois" mais ce dernier est inhumé anonymement dans un caveau familial. Le présentateur et producteur Jean-Luc Delarue y est également inhumé anonymement.

Source : http://www.landrucimetieres.fr

 

Sur la gauche je longe le centre commercial « Belle Epine ».

Belle épine à l'origine c'était l'emplacement du carrefour de la route de Versailles avec celle de Fontainebleau, la D7 actuelle. Aujourd'hui c'est un échangeur avec l'A86.

 

 

Orly (km 14)

Un peu plus loin, l'aéroport d'Orly. Pour permettre l'implantation de longues pistes, le tracé de la N7 est ici profondément modifié. La route plonge sous l'aérogare sud, dans un tunnel de 300 m de long.

 

 

Paray-Vieille-Poste (km 15)

 

 

J’arrive dans l’Essonne, la N7 reprend son appellation.

 

 

Juvisy-sur-Orge (km 18)

A gauche, l’observatoire de Camille Flammarion, que l’on voit de loin.

A l’origine c’était un gîte royal puisque les rois de France s'y arrêtaient sur le chemin de Fontainebleau puis devenu relais de poste historique car c'est là que Napoléon 1er a appris, le 30 mars 1814, la capitulation de Paris, signant la fin définitive de l'Empire.

En 1882, le scientifique reçoit la propriété en legs et en devient propriétaire, il transforme alors le lieu en observatoire astronomique.

 

Un léger virage et le bitume entame une descente, je passe sur le pont des Belles Fontaines au-dessus de l’Orge La station-service des chevaux en 1728 car 2 grandes fontaines leurs permettaient de s’abreuver facilement. Aujourd’hui elles ont été déplacées dans le jardin de la mairie, pour permettre l’élargissement de la chaussée.

Un peu d'histoire :

Au XVIIIe siècle, Louis XV décide de faire détourner la route Royale qui traverse la ville de Juvisy.

La chaussée y est si pentue et si étroite rue de la Vieille-Montagne, que cavaliers et carrosses peinent à y grimper. Sabots et roues cerclées de fer dérapent sur la chaussée rendant la traversée du bourg souvent périlleuse pour les voyageurs.

Afin de réaliser ce détour, il faut remblayer le coteau et construire un pont pour franchir l'Orge. Un travail de titan confié à l'administration des Ponts et Chaussées. L'ouvrage, bâti entre 1725 et 1728, est hors du commun : en plus de l'arche supérieure, sept petites arches assurent la solidité de l'ensemble, sur un secteur très pentu.

Baptisé Le pont du Roy, il est vite surnommé Pont des Belles Fontaines en raison des deux fontaines monumentales
placées de chaque côtés de la route, et par lesquelles s'écoulent des sources découvertes au moment de la construction. Les fontaines permettent ainsi de faire boire chevaux et cavaliers.
Le pont est constitué de plusieurs arches, dont une seule enjambe l'Orge. Les autres arches enjambent soit un terrain vague, soit aujourd'hui la ligne du RER C.

En 1970, la Nationale 7 est élargie : les deux fontaines sont déplacées et réinstallées dans le parc de la mairie de Juvisy.
Depuis, des milliers d'automobilistes y passent chaque jour, sans soupçonner une seconde que ce trésor architectural est classé monument historique depuis près d'un siècle.

Sources Wikipédia et Une fontaine vue de près : http://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/2168-juvisy-fontaine/

 

Viry-Châtillon (km 20)

 

Grigny (km 22)

 

Ris-Orangis (km 23)

 

 

Evry (km 25)

 

Préfecture du département de l’Essonne

Sur ma gauche, une tour en forme de Pagode. Il s'agit de Khánh Anh, une pagode bouddhiste vietnamienne. La plus grande Pagode d'Europe. Implantée en bordure de nationale 7, sa construction débute en 1992. En 2004 elle reçut la visite du député-maire Manuel Valls, et elle fut officiellement inaugurée par le 14e Dalaï Lama en août 2008.

Trop difficile de s’arrêter, donc pas de photo souvenir. 

 

Corbeil-Essonnes (km 30)

 

 

Le Coudray-Montceaux (km 36)

Au carrefour, sur un mur à droite, une belle pub murale pour le concessionnaire Chevrolet. Maintenant que je suis sortie de la banlieue parisienne, je peux plus facilement me garer pour prendre les photos.

Un peu plus loin, c’est à gauche que je photographie la pub pour le Garage Meznarie. 

 

Saint-Fargeau-Ponthierry (km 38) 

La N7 entre en Seine-et-Marne et devient la D607.

 

 

Pringy (km 43)

 

Près de Villiers-en-Bière, un grand rond-point sécurise le croisement de la route Melun/Milly-la-Forêt, et malgré plusieurs aménagements successifs depuis les années 1950, il porte toujours le nom de « Carrefour de la mort ».

 

Chailly-en-Bière (km 51)

 

Un temps révolu. Des gamins assis sur les trottoirs d'une route nationale jugée sans danger.

 

La route traverse maintenant sur plusieurs kilomètres et sur 2 x 2 voies, la magnifique forêt de Fontainebleau autrefois appelée forêt de Bière (dérivé de bruyère).
C'est un important massif boisé de 25000 hectares, terrain de chasse pour les rois de France et leur Cour, qui n'hésitaient pas, l'automne arrivé, à parcourir en huit heures de temps la route qui les séparaient de Versailles pour venir s'installer à Fontainebleau.

Mais la sombre forêt recèle bien d'autres mystères...
Longtemps, les bois de Fontainebleau furent hantés par le tapage de chasses à courre fantômes conduites par le spectre d'un "Grand Veneur".
Entendues successivement par Charles VI que l'on disait fou (ce qui explique peut-être cela) puis par François 1er, c'est Henri IV qui décrira la scène avec précision. Il déclarera avoir ouï distinctement les aboiements des chiens, la cavalcade des chevaux et le son d'un cor de chasse, et avoir vu un chasseur vêtu de noir, "qu’on voyait de loin, mais qui disparaissait dès qu’on s’en approchait."
La hantise ne s'arrêta toutefois pas à ces témoignages.
Cent ans après les déclarations d'Henri IV, en 1698, à un carrefour de la forêt, le fantôme d'un "Grand Veneur" tout de noir vêtu, "environné d’une meute de chiens dont on entendait les cris", apparut en personne à Louis XIV.

L'apparition se manifesta une dernière fois, semble-t-il, vers 1897 à une touriste Anglaise.

Sources : Edouard Brasey, Guide du chasseur de fantômes; Daniel Cohen, l’encyclopédie des fantômes

Ce point de rencontre porte aujourd'hui le nom de carrefour du "Grand Veneur". Au centre du rond-point, une croix de pierre.

Des croix sur les routes de la forêt de Fontainebleau, on en trouve une à chaque carrefour. Elles ont été installées en 1669 suite à une ordonnance royale qui imposait l'édification d'une croix, d'un poteau ou d'une pyramide à tous les carrefours des grandes routes et des chemins royaux.

 

 

Fontainebleau (km 65)

 

J’arrive au terme de la route Royale Paris/Fontainebleau.
La route ne traverse pas la ville, et comme je connais déjà le château, je passe mon chemin…

Cela n’empêche pas un peu d’histoire :

Fontainebleau villégiature des rois.
Fontainebleau est tout d'abord un hameau ou Louis VII y fait construire un rendez-vous de chasse et une chapelle.
Philippe le Bel y naît en 1268 et y meurt en 1314.
En 1528 François Ier décide d'y construire une splendide demeure digne des palais qu'il avait vus en Italie.
La ville tire bien vite parti des visites répétées du roi et de la Cour. Elle accueille rapidement auberges et restaurants. Les chambres sont louées à prix d'or. Lorsque la Cour n'est pas à Fontainebleau, la ville continue à vivre grâce aux travaux constants d'embellissement du château : ouvriers et artistes y vivent toute l'année.

Le 18 octobre 1685, Louis XIV y signe l'Édit de Fontainebleau, plus connu sous la désignation de Révocation de l'Édit de Nantes, qui a poussé à l'exil de nombreux protestants.

En 1725, Louis XV s'y marie.

La Révolution n'a pas eu d'incidences notables sur la ville, ses habitants ayant toujours bénéficié de la Royauté qui leur a permis de s'enrichir.

L'Empire va réveiller cette ville assoupie. Napoléon 1er s'installe au château et le fait rénover. En même temps, les vieux hôtels particuliers sont restaurés et certains sont même transformés en hôtels de tourisme, comme l'Aigle Noir.
Des casernes sont construites pour abriter les régiments de hussards.

Le 20 juin 1812, avant de partir pour sa funeste campagne de Russie, Napoléon fait transférer secrètement Pie VII à Fontainebleau (transfert secret de Savone à Fontainebleau) qui y restera enfermé pendant dix-neuf mois.

Le 18 avril 1814, Napoléon, peu après sa première abdication, fait ses adieux à sa garde, aux célèbres grognards, dans la cour du Cheval Blanc.
Le château de Fontainebleau était d'ailleurs une résidence appréciée de l'empereur. Avec la chute de l'Empire, Fontainebleau s'endort doucement.

Au total, 34 souverains, de Louis VI le Gros à Napoléon III, ont séjourné à Fontainebleau au cours de sept siècles.

Extraits : Wikipédia

Cet obélisque est la réplique en plus petit de celui de la Place Saint-Pierre de Rome, dressé ici en 1786.

La légende veut qu'il ait été offert à Marie-Antoinette par les Bellifontains, mais son financement provient simplement de la bonne gestion des crédits de travaux du château.

 

A cet endroit, les deux routes historiques pour Lyon se séparent. Celle de Bourgogne, la RN6 (D606), part vers Auxerre, et celle du Bourbonnais, la RN7 (D607), continue plein sud vers Moulins.

La RN7, ou « Route du Bourbonnais », file tranquillement au travers de la partie sud de la magnifique forêt de Fontainebleau et voilà l’Aqueduc de la Vanne, une imposante masse de pierre qui surplombe la route, destiné à capter les sources de la vallée pour alimenter la capitale.

 

Un peu d'histoire :

En 1867, la ville de Paris a engagé une série de travaux et construit un long aqueduc destiné à capter les sources de la vallée pour alimenter la capitale, et cela depuis l'amont de la rivière "La Vanne" dans l'Aube, jusqu'à la ville de Sens.
Les travaux ont été réalisés par l'architecte Eugène Belgrand. Le débit du cours d'eau en fut fort modifié. Un aqueduc longe la rivière sur presque toute sa longueur, parfois souterrain et parfois à l'air libre.

Aujourd'hui, l'aqueduc de la Vanne court jusqu'à Paris, traversant notamment l'Yonne et la forêt de Fontainebleau, et transportant à 2,5 km à l'heure pas moins de 957 litres d'eau de source (et non pas de rivière) par seconde dans le réservoir de Montsouris pour la consommation d'environ 20 % de l'eau potable de la capitale. Le débit de la rivière en est diminué d'autant.

Source : Wikipédia

Un peu plus loin sur la droite, une stèle élevée à la mémoire de Georges Mandel, né en 1885, chef de cabinet de Clemenceau, député du Médoc, ministre des PTT, puis des Colonies, emprisonné en 1940 par le gouvernement Pétain.
D'abord livré aux Allemands qui le déportent au camp de Buchenwald, avant de le ramener en France, Mandel est ensuite abandonné à la milice qui l'exécute.

Une stèle est érigée à l'endroit même où il est assassiné par la milice le 7 juillet 1944.

Sur le soubassement sont gravés ces vers de Tristan l'Hermite : « Lorsqu'il fut tombé sanglant dans la poussière les mains de la Victoire ont fermé ses paupières ».

Source : http://fr.topic-topos.com/georges-mandel

Le prochain carrefour est celui de la Croix de Saint-Hérem. Le 26 novembre 1804, c'est à ce carrefour que Napoléon Ier a rendez-vous avec le Pape Pie VII, qui a accepté, contre l'avis de la Curie, de venir sacrer Napoléon Bonaparte empereur des Français à Notre-Dame de Paris le 2 décembre 1804.

 

 

Le Pavé-du-Roy (km 72)

Ancien relais de poste. Je quitte la forêt de Fontainebleau.

 

 

Saint-Pierre-lès-Nemours (km 77)

Il a fallu que je revienne sur mes pas pour la trouver, mais le demi-tour en valait la chandelle !!!

Une réclame murale pour la marque "Saponite", "La lessive douce et savonneuse qui blanchit tout sans brûler" comme disait le slogan à l'époque.

 

Outre son excellent état et sa rareté, l'emplacement de cette "pub" n'est pas anodin.

Cette marque de lessive aujourd'hui oubliée, apparaît à la fin du XIXe siècle. Selon la Bibliothèque Nationale de France les premières affiches datent de 1890.

Son siège social est alors situé à Charenton mais la fabrique de lessive se trouve à… St Pierre Lès Nemours, juste en face de notre panneau publicitaire, de l'autre côté de l'avenue Carnot.

Pour sa publicité, Saponite va réunir dans un rond : Napoléon, Louis Philippe et Marianne.

Les premiers slogans publicitaires auront une curieuse connotation politique : "Avec quoi allons-nous laver notre linge sale ? ".

Ces personnages évoquant les luttes fratricides qui opposèrent bonapartistes, royalistes et républicains.

La marque a depuis longtemps disparue, mais aujourd'hui, le groupe industriel Henkel France (Mir, Le Chat, Super Croix, X-Tra) occupe toujours l'emplacement de la fabrique Saponite de l'autre côté de la rue.

Pour la petite histoire, cette publicité, la plus ancienne de la N7, est entretenue par des fonds privés, d'où son excellent état aujourd'hui.

 

 

Un peu plus loin, sur la gauche une borne de demie-lieue numéro trente-huit. Il s’agit d’une borne royale.

Le quartier où nous nous trouvons se nomme d'ailleurs "la demi-lieue".

La présence de cette borne nous informe qu'au XVIe siècle, cette route était considérée comme "Grand-Chemin Royal "reliant Paris à Lyon.

 

 

Nemours (km 78)

Quelques mètres avant le panneau d'agglomération situé juste avant le pont de Paris, sur la droite, une plaque en fonte accrochée à presque 3 mètres de haut nous rappelle que :

"La mendicité est défendue dans le département de la Seine et Marne".

Du pont, inauguré par le pape Pie VII en 1804, j’ai une belle vue sur le Loing et l’abside de l’église Saint-Jean-Baptiste.

"Nemours n'a pas de cathédrale comme Amiens ou Chartres, mais la paroisse est une de ces magnifiques églises de campagne, qui sont, dans leur genre, et toutes proportions gardées, aussi rares, aussi complètes, et pourrait-on dire aussi belles que les cathédrales".

"Nemours n'a pas de vieilles rues à maisons sculptées comme Nuremberg, Rouen, Vitré, ou Ernani, ni d'admirables places à devantures gothiques comme Francfort ou Bruxelles; mais les rues, la place, les maisons de Nemours, quoique un peu bien défigurées et engluées de badigeons variés, ont conservé la disposition, la dimension, l'irrégularité et la gaité du Moyen Age."

Source : Victor Hugo, Carnet de Voyage, 2 octobre 1844

En prenant sur la droite la direction de Montargis par le quai des Tanneurs, je peux voir le château de Nemours. Ce monument médiéval, fleuron du patrimoine historique local et qui fait l’orgueil des Nemouriens, se dresse fièrement sur la rive gauche du Loing.

 

 

Première étape. Je vais prendre une chambre à l’hôtel Ibis de Nemours,

2 place des Moines, tél 01 64 28 88 00 

 

Mercredi 28 mai 2014

 

A la sortie de Nemours, sur la gauche, une station de service Esso.

Un kilomètre plus loin, sur la gauche, en bordure de route, une petite stèle en forme de pyramide rappelle l'exécution par les Allemands du FFI Colleau et du garde républicain Marsin, le 19 août 1944, trois jours seulement avant la libération de la ville de Nemours.

 

Je cherche en vain la borne royale 41 décrite sur le blog « Rendezvousnationale7.voila.net », mais j’adore ses explications et je me permets de vous les transcrire.

Maintenant sur la route "de Pierre le Sault", on aperçoit sur l'accotement gauche une nouvelle borne royale portant cette fois le chiffre 41.

Mais au fait ! Doit-on parler de borne royale, de borne milliaire ou de borne de demi-lieue (comme à St Pierre lès Nemours) ?

Eh bien, les trois mon capitaine ! Car nous parlons de la même chose !

Pour mieux comprendre, remontons le temps : Dans l'antiquité, les voies romaines qui sillonnaient la gaule étaient jalonnées de bornes espacées les unes des autres d'un mille Romain, ce qui correspondait à mille pas. On s'accorde à dire que ce "pas" était équivalant à deux enjambées d'un soldat romain, soit 2 x 0,741 m. Le mille Romain valait donc environ 1 482 de nos mètres actuels.

A la fin du moyen âge, le réseau routier du royaume, si tant est qu'il existe un réseau routier digne de ce nom, est en état de délabrement avancé. Seule la route de Paris à Orléans est pavée.

Sur les autres routes, les chaussées sont peu carrossables. Le plus souvent, on circule sur des chemins de terre embourbés, parfois sur des routes empierrées mal entretenues et peu sûres. Il n'existe par ailleurs aucun repère qui pourrait guider le voyageur ou le pèlerin dans son voyage. Ni panneaux indicateurs, ni bornes. Il est alors d'usage de demander son chemin aux villageois rencontrés aux bords des routes. Les voyages sont longs, pénibles et dangereux.

Malgré les efforts de Sully nommé "Grand Voyer de France «qui impose que l'on plante des arbres le long des routes afin de protéger du soleil voyageurs et animaux, après Colbert qui supprime la "corvée obligatoire d'entretien des routes" et la remplace par un nouvel impôt destiné au budget routier, un arrêté de 1705 impose enfin un semblant d'organisation et de cohérence dans cet imbroglio territorial.

Cet arrêté fixe de nouvelles normes routières et impose aux chemins de nouveaux tracés aussi rectilignes que possible.

Il réglemente la largeur des voies à 60 pieds pour les chemins royaux, à 36 pieds pour les autres, il définit fossés et accotements et impose aux riverains la plantation d'ormes, de hêtres et d'arbres fruitiers en bordure de chaussée.

Les bornes royales que nous rencontrons aujourd'hui encore le long de nos routes, sont implantées lors de ces grands travaux routiers qui rectifient le tracé du "Grand Chemin" pour devenir, le "Grand Chemin Royal de Paris à Lyon " future nationale 7.

Toujours situées sur la gauche de la chaussée (dans le sens Paris - province) pour être mieux aperçues du postillon qui se tient sur la gauche de l'attelage, ces bornes jalonnent le bord des routes, espacées régulièrement de 1000 toises, d'où leur nom de bornes milliaires.

Jusqu'à la révolution ces bornes de pierre portent sur leur face un cartouche ovale orné d'une fleur de lys gravée, symbole de la royauté, d'où cette seconde appellation de bornes royales.

1000 toises, mais encore ? Sachant :

qu'une toise est égale à six pieds,

que le pied en question est celui d'un roi,

que ce roi étalon se nomme Charlemagne...

Que peut donc bien indiquer ce chiffre 41 gravé sur notre borne en bord de route ?

A défaut de système métrique, c'est le pied du roi qui à l'époque sert de mesure étalon. (Tout comme le pas Romain dans l'antiquité). Charlemagne a le pied long puisqu'il mesure 0.32 m (32 cm) en système métrique d'aujourd'hui.
Une toise est égale à 6 pieds soit 6 x 0.32 = 1.92 de nos mètres.
Mille toises ce sont donc 1000 x 1.92 = 1920 m / 1.92 km. Les bornes sont donc espacées de 1920 mètres les unes des autres.
Cette distance de 1920 m correspond également à la distance d'une demi-lieue, car la lieue = 2000 toises ou 3,840 km d'où cette dernière appellation de bornes de demi-lieue.

Notre borne n° 41 est donc la 41ème borne installée depuis Paris.

Cela correspond donc à 41 x mille toises, soit 41 x 1920m = 78720 mètres.
Nous nous situons donc à 78.720 km du point zéro du parvis de Notre-Dame de Paris.

Mon GPS n'aurait pas dit mieux. Et le vôtre ?

Source :http://rendezvousnationale7.voila.net/

 

 

Le Gâtinais

 

L’ancienne N7 suit le Loing jusqu’à Montargis

 

 

Portonville (km 84)

 

L'auberge du Moulin, aujourd’hui délabrée, était un rendez-vous de pêcheurs où l’on pouvait déguster du poisson frais pêché du jour…

Pour nous consoler, il reste tout de même cette ancienne publicité murale pour " PIKINA", un agréable fortifiant, fabriqué par Picon et cie.


A quelques mètres de là, au niveau du virage, une autre institution qui n'a pas résisté au manque de voyageurs et à la concurrence de l'autoroute.

L'hôtel restaurant "Au poisson doré" avec sa terrasse au bord de l'eau, était un rendez-vous prisé.

Prix fixe : 15 francs vin compris, en ancien francs, soit moins d' 3 Euros ! On croit rêver !

Publicité pour la marque d'huile Motule.

Plus loin, un ancien garage abandonné. J’ai pris une photo de loin, le coin me faisait un peu peur…

 

 

Souppes-sur-Loing (km 88)

Sur la droite, une ancienne indication murale pour une station Azur située, à l'époque, à 300 mètres.

 

Borne d’entrée dans le département du Loiret. La N7 y est devenue D2007.

 

 

Dordives (km 94)

 

On y croise au feu rouge la « Chaussée de César », l’antique voie menant de Sens à Orléans.

Avant de passer sous l'autoroute A77, un imposant corps de ferme sur la droite.

Il s'agit d'un ancien relais de poste, on en trouve trace dans les archives dès 1700, mais les bâtiments actuels sont de construction plus récente, la date sur le porche indiquant 1831.

 

 

Fontenay-sur-Loing (km 100)

 

A Fontenay-sur-Loing, il ne faut plus chercher l’ancien restaurant des 100 Bornes dont la façade était décorée d’une borne gênante (fermé en 2000 et détruit en 2007). Un bâtiment commercial a remplacé en 2008 cet établissement quasi légendaire ouvert avant la guerre par la famille Martin.

Ce qu'il restait du relais des 100 bornes, après sa fermeture en 2000.

 

En 1954, Edmond Dujardin, éditeur de matériel pour auto-école, s'inspira de la mythique Nationale 7 pour créer le célèbre jeu des 1000 bornes, un des jeux les plus vendus dans le monde !

 

C’est un autre édifice, plus religieux qui va attirer mon attention sur le côté gauche de la route, quelques kilomètres plus loin, la chapelle de Notre-Dame de la Route. L’abbé Preux, le curé local, l’a fait construire en 1954 pour offrir aux voyageurs un lieu de recueil et de prière.

Ses vitraux représentent les écussons des principales villes desservies par la Route Bleue, elle-même symbolisée par un ruban qui les relie entre elles. Sur la photo, ce sont les écussons de Lyon, Avignon et Aix en Provence.

 

Chalette-sur-Loing

 

 

Je poursuis en traversant la forêt de Montargis.

Appelée « Buisson de Paucourt » jusqu’à la fin du XVIe siècle, la forêt est un lieu foisonnant d’histoires et de légendes. C’est ici qu’est née la légende du chien de Montargis. Elle se situe au XIVe siècle, à la cour de Charles V. 

Tout commence par une histoire de jalousie entre deux chevaliers, un dépit qui poussera inéluctablement l'un d'eux à assassiner l'autre, dans la sombre forêt de Bondy.
C'est le crime parfait, il n'y a pas de témoin, excepté un lévrier du nom de Verbaux, fidèle compagnon du chevalier Didier de Montdidier, qui a assisté à la scène. Mais que pourrait un chien contre un preux soldat du roi ?
Quelques années plus tard devant la cour du Roi à Paris, le chien reconnaît le meurtrier de son maître.
Devant l'agitation et l'attitude bizarre de la pauvre bête au contact du perfide chevalier Macaire, le roi quelque peu soupçonneux, organise alors en l'île de la Cité, un combat justicier entre le chien et le meurtrier présumé, comme nous dirions aujourd'hui.

Le chien sortira naturellement vainqueur du combat, et l'assassin reconnu coupable devant la justice divine finira pendu haut et court.

Mais pourquoi donc attribuer cette légende à Montargis puisqu' aucun des événements n'est sensé s'y dérouler ? Ni le crime en forêt, ni le combat divin !
Eléments de réponse : A la fin du XVe siècle, l'anecdote est si célèbre que Charles VIII fait peindre la scène du combat sur une des cheminées de la grande salle du château de Montargis. C'est pour cette raison que l'on parlera désormais du “Chien de Montargis”, alors qu'aucun des épisodes de l'aventure ne s'est déroulé en Gâtinais.

Devant l'agitation et l'attitude bizarre de la pauvre bête au contact du perfide chevalier Macaire, le roi quelque peu soupçonneux, organise alors en l'île de la Cité, un combat justicier entre le chien et le meurtrier présumé, comme nous dirions aujourd'hui.

Le chien sortira naturellement vainqueur du combat, et l'assassin reconnu coupable devant la justice divine finira pendu haut et court.

Mais pourquoi donc attribuer cette légende à Montargis puisqu' aucun des événements n'est sensé s'y dérouler ? Ni le crime en forêt, ni le combat divin !

Eléments de réponse : A la fin du XVe siècle, l'anecdote est si célèbre que Charles VIII fait peindre la scène du combat sur une des cheminées de la grande salle du château de Montargis. C'est pour cette raison que l'on parlera désormais du “Chien de Montargis”, alors qu'aucun des épisodes de l'aventure ne s'est déroulé en Gâtinais.

 

 

Montargis (km 112)

Cette ville ancienne se trouve au confluent de plusieurs rivières, dont la principale est le Loing, et de trois canaux : ceux de Briare, du Loing et d’Orléans. On doit donc souvent passer sur des ponts pour traverser la ville, ce qui lui a valu son surnom de « Venise du Gâtinais ».

Me voici dans la « rue Dorée ». Une rue commerçante qu’il est difficile d'imaginer en double sens et pourtant ce fût bien le cas autrefois. Aujourd'hui en sens unique, elle débouche place Mirabeau, derrière l'église Sainte Madeleine.

Ne cherchez pas la statue de bronze représentant Mirabeau qui trônait au centre de la place depuis 1888, elle a été fondue en 1942, sous le régime de Vichy.

 

Par contre, on ne peut pas rater la façade gothique de la boutique « Au Duc de Praslin ». C'est en 1686 que le cuisinier du duc de Choiseul, Comte de Plessis-Praslin, inventa la recette d’une friandise particulièrement exquise, composée d’une amande enrobée de sucre cuit et parfumé : la praline était née.
C’est la maison Mazet qui va relancer la recette au XIXe siècle, et qui la produit toujours aujourd’hui. Leur magasin de style néogothique se trouve à quelques mètres de l’ancien passage de la RN7, sur la place Mirabeau.

 

Le Val de Loire

 

A partir de là, l’ancienne N7 joue parfois à cache-cache avec l’autoroute A77, allant même jusqu’à disparaitre dans certains secteurs…

 

 

 

Mormant-sur-Vernisson (km 117)

 

Après le faubourg d’Amily, je fais une pause au Relais du Miel. Une très grande chaumière qui est dit-on une étape incontournable de la Nationale. Dans une très grande chaumière, le restaurant et le magasin d’épicerie fine sont ouverts.

Le musée consacré à la route mythique, qui se trouvait à côté dans une ancienne station Total, doit être victime de son succès, en agrandissement,  il ne rouvrira ses portes qu’en décembre.

C’est à quelques mètres de là que le 29 décembre 1937, Pierre Michelin, fils de l'industriel Edouard Michelin, cogérant de la Société Michelin à Clermont Ferrand et président de Citroën, au volant de sa Citroën Traction, percute la Peugeot conduite par Louis Lagorgette, chef du secrétariat particulier de M. Paul Faure, ministre d'Etat. M. Louis Lagorgette, accompagné de sa femme et de son enfant, sont tous trois tués sur le coup. M. Pierre Michelin, grièvement blessé, est évacué et amputé de la jambe droite. Dans la nuit il succombera à ses blessures à l'hôpital de Montargis

Certains y voient un crime politique ou même une tentative d’intimidation qui aurait mal tourné mais la présence – et la mort – de la femme et du fils de Lagorgette dans l’accident exclut cette hypothèse.

 

La Commodité (km 119)

Je me gare à gauche, sur le parking poids-lourds pour prendre la photo du mur peint du relais routier « les 120 km », en face se trouve « l’auberge de la route Bleue ».

 

Je me dois de faire une petite rectification après avoir lu sur la page internet de : http://rendezvousnationale7.voila.net

Après avoir dépassé la mairie-école de Solterre implantée dans le centre de La Commodité, nous trouvons ce qu'il reste du relais routier "les 120 km", ancien "Café de la route Bleue", encore identifiable à son mur peint et son parking pour poids lourds situé derrière l'établissement.

De l'autre côté de la route, l'ancien Restaurant "La Champenoise" est devenu l'auberge de la Route Bleue, (à ne pas confondre avec le "café de la Route Bleue" qui était situé à l'emplacement du relais des 120 km), et reste toujours en activité depuis des lustres.

 

Nogent-sur-Vernisson (km 126)

 

 

Les Bézards (km 131)

Au croisement de la D5 vers Boismorand, l’’auberge des Templiers, une grande étape de la Nationale 7.

Relais de poste jusqu'au milieu du XIXe siècle, le bâtiment originel, bâti en 1690, est aménagé en hostellerie par la famille Depée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en 1946. Le restaurant est étoilé au Guide Michelin dès les années 1950.

 

La route de Clermont-Ferrand à Paris était régulièrement empruntée par les gens de chez Michelin, qui en faisaient un véritable banc d’essai pour les pneus. Trois accidents ont tragiquement marqué l’histoire de la famille sur cette portion de Nationale 7, entre Montargis et Briare :

Le 29 décembre 1937, à Mormant-sur-Vernisson, Pierre Michelin, directeur général de Citroën, fils du fondateur Edouard, se tue dans une collision qui fera quatre morts.

5 km plus loin, en 1946, en traversant « La Buissière » au volant de sa Citroën Traction Avant cabriolet 15/Six flambant neuve, Robert Puiseux, gendre d’Edouard, est gravement blessé en percutant un camion à l’arrêt.

Le 20 janvier 1949, la Bugatti 57 de Jean-Luc Michelin s’encastre sous un camion qui débouchait de la D56, le tuant avec ses deux enfants et la bonne qui les accompagnait. Mme Michelin n’est que légèrement blessée.

Un petit monument rappelle cette tragédie qui touche une fois de plus la famille Michelin. La stèle symbolise quatre croix, une pour chaque décès de cette sombre journée.

 

200 km plus loin à Broût-Vernet dans l’Allier sur la Nationale 9, Pierre Boulanger, directeur de Citroën, trouvera la mort le 11 novembre 1950 au volant d’une Citroën Traction Avant 15/Six.

 

 

« La Bifur » (km 133)

J’arrive à la bifurcation plus communément appelée "La Bifur" par les professionnels de la route, mais qui n’en est plus une puisque un grand rond-point a pris la place du carrefour. Je prends la direction de Nevers.

 

Sur la longue ligne droite rien à voir à part 3 fourgons. Même si il y avait eu quelque chose à photographier, vous pensez-bien que je ne me serai pas arrêtée. Avec mon C4 Picasso, j’aurai peut-être été interpellée par un client aux abois…

 

 

La Bussière (km 136)

Je quitte la déviation par la gauche pour suivre les murs du château. A la place de la mairie, je prends la direction de Briare sur la D707.

 

J'entre dans le pays du Val de Loire.

 

 

Briare (km 146)

 

Au rond-point, je prends à gauche le Boulevard Buyser, je passe devant le musée de la mosaïque et des émaux, en face se trouve le musée des deux marines et du Pont Canal.

Plus bas je trouve sur ma gauche l’hôtel du Cerf ou nous nous étions arrêtées il y a 3 semaines avec Marine lors de notre voyage Mont-Gerbier-de-Jonc/Nantes. J’appelle la patronne pour savoir si ce n’est pas chez elle que nous avons oublié un pantalon et une bague en argent… C’est Woualou…

Passez le pont Henri IV qui surplombe le port de plaisance, je tourne à droite sur la place de l’église pour rejoindre le célèbre pont-canal, célèbre dans le monde entier, construit partiellement par Gustave Eiffel.

Petit passage par la chocolaterie à droite du pont. Une odeur agréable m'effleure les narines... je ne résiste pas à boire un succulent chocolat chaud.

Un peu d’histoire :

 

La construction d’une voie d’eau navigable, le canal de la Loire à la Seine est lancé en juin 1605. Après une période d’arrêt, à la mort du roi Henri IV, les travaux sont relancés sous Louis XIII. Ils se terminent en 1642. Mais la traversée de la Loire, réalisée à l'aide d'un système de halage, reste dangereuse. La construction d'un grand pont-canal (663 m, record du monde!) est décidée en 1882, les travaux s'achevant en 1896. Il aura fallu plus de 3000 tonnes de métal pour créer ce gigantesque ouvrage qui "héberge" 13 600 t d'eau...

 

A partir de Briare, la Nationale 7 va suivre la Loire jusqu'à Nevers.

 

La Poste (km 155)

La Poste, ancien relais d’Ousson-sur-Loire.

 

 

Bonny-sur-Loire (km 159)

Avant d’arriver à Bonny-sur-Loire, un long bâtiment attire l’attention sur la droite. Transformé en maison de retraite, c’était un des premiers motels construits en France sur le modèle américaine dans les années 1950.

A la Renaissance, Bonny retrouve une certaine splendeur. Les foires sont rétablies et l’auberge « la Teste Noyre » sert de relais de poste à chevaux sur l’itinéraire Paris-Lyon. Le début du XVIIe siècle porte cependant un coup fatal à Bonny. En 1707, la crue de la Loire submerge les infrastructures de la route. Le "Grand Chemin" de Paris à Lyon est alors délaissé et ne dessert plus que le Bourbonnais et l’Auvergne, enlevant à Bonny son activité d’accueil. Il faudra attendre les congés payés pour que la ville s'anime à nouveau au rythme des voyageurs...

La traversée de Bonny n’était pas facile avant l’ouverture d’une déviation en 1982. Certaines maisons de l’étroite Grande Rue (D907) portent encore les stigmates des poids lourds qui emportaient tout sur leur passage à commencer par les enseignes !

D’ailleurs un camping-car pressé n’a pas attendu que je me serre, il est monté comme un fou sur le trottoir, j’ai bien cru qu’il se renversait sur moi.

Je sors par la rue du faubourg de la Villeneuve. Au niveau du sens interdit, je trouve sur ma gauche, une borne départementale de la Nièvre, on peut y lire « route n° 7 de Paris à Antibes ».

A la sortie sud du village, la route prend l’appellation D907 et entre dans la Nièvre. "Joli parcours le long du fleuve", nous précise le Guide Bleu 1959 de la France Automobile.

 

 

Neuvy-sur-Loire (km 165)

Cette petite ville industrielle, spécialisée dans le caoutchouc, a connu plusieurs tragédies durant l’été 1944 : trois bombardements successifs ont tué plus de 120 personnes et ont laissé la ville largement détruite. Seule miraculée au milieu des ruines, une statue de la Vierge en réchappera…

 

 

La Celle-sur-Loire (km 173)

Dans ce village, une famille d’aubergistes menait grand train au début du XIXe siècle, sans que personne ne puisse déterminer l’origine de leur fortune. De mauvaises langues parlaient bien de voyageurs disparus, mais sans que l’on puisse prouver quoi que ce soit… Lors des travaux du chemin de fer, en 1858, on mit à jour derrière l’ancienne auberge plusieurs squelettes, dont celui d’un rémouleur, enterré avec sa pierre ! Mais plus de dix ans étaient passés, il y avait prescription…

Source : Thierry Dubois « C’était la Nationale 7 »

 

Myennes (km 175)

Sur le pont, prendre à droite vers Cosne-sur-Loire.

 

 

Cosne-Cours-sur-Loire (km 179)

 

Sous-préfecture de la Nièvre, réputée pour ses faïences ainsi que son industrie métallurgique. Je traverse la ville par la rue de Paris, puis la rue Saint-Jacques, où se tenait l’hôtel du Grand Cerf, qui avait hébergé Napoléon.

Après le pont sur le Nohain, je découvre l’Eden Cinéma, construit en 1935.

Puis je quitte la ville par la rue Saint-Agnan en passant derrière l’église du XIIe siècle.

Quelques centaines de mètres plus loin, un événement tragicomique est resté dans l’histoire locale : en 1952, Monsieur Bedu, mutilé de la guerre 14-18, fut heurté par une auto en traversant la route nationale lors d’une partie de chasse. Le choc fut rude, arrachant même la jambe de l’ancien combattant ! Le conducteur faillit tourner de l’œil lorsqu’il s’arrêta devant la scène. Fort heureusement, la jambe de l’infortuné était en bois ! Il en fut quitte pour la remplacer…

Source : Thierry Dubois "C'était la Nationale 7"

 

Il ne faut pas moins de 8 ronds-points pour sortir de Cosne !

 

 

Maltaverne (km 189)

Au kilomètre 192 se trouve sans doute le virage le plus célèbre de la nationale 7, celui qu’on surnomme le virage Sacha Distel. Le 28 avril 1985, Le chanteur descend de Paris au volant de sa Porsche 924 Carrera GT en compagnie de l’actrice-vedette de Châteauvallon, Chantal Nobel. A la sortie du hameau de Maltaverne, ils sortent violemment de la route, à cause d’une flaque d’huile selon le chanteur. L’actrice en sortira handicapée à vie et mettra un terme à sa carrière.

 

 

L’ancienne Nationale 7 a ici complètement disparu sous l’autoroute A77, et c’est un détour par Bois-Gibault qui me permet d’arriver à Pouilly-sur-Loire, dont l’entrée est bordée par une magnifique allée de platanes.

 

Pouilly-sur-Loire (km 198)

 

A l’époque des grandes ruées vers le soleil, beaucoup de restaurants s’alignaient le long de l’étroite Grande Rue. Il y avait Chez Mémère, la Bouteille d’Or, l’Hôtel Neuf, l’Ecu de France, le Grand Cerf et l’Hôtel de l’Espérance qui avait une étoile au Michelin…

Et puis, il y a le Relais des 200 Bornes, les propriétaires ont joué la carte nostalgie. L’hôtel propose des chambres quelque peu atypiques. Le petit-déjeuner n’étant servi qu’à partir de 9 heures, la patronne me propose de me monter un plateau avec bouilloire, le soir dans la chambre, je vais ainsi pouvoir partir plus tôt.

 

Relais des 200 bornes

 Avenue de la Tuilerie

Tél. 03 86 39 10 01

 

 

Jeudi 29 mai 2014

 

L'ancienne chaussée se poursuit jusqu'à Mesves-sur-Loire (km 202). Puis c'est le retour obligé sur la route rapide (110 km/h) jusqu'à La Charité-sur-Loire.

 

 

La Charité-sur-Loire (km 207)

 

Je descends sur les bords de Loire et je suis les quais (N151), puis au centre, tout droit (D907).

 

Un peu d'histoire :

La cité historique et monastique, traversée par le grand chemin Royal de Paris à Lyon, est également une étape importante pour les pèlerins en route sur les chemins de Compostelle.

A l'origine, quelques modestes constructions autour d'un gué sur la Loire.

En 1059, l'ordre de Cluny y fonde un prieuré autour duquel la ville va se développer plus amplement. Le monastère s'enrichi rapidement. Au XIIe siècle, son église Notre Dame devient la deuxième plus grande église de la chrétienté après celle de Cluny.

En 1520, le simple gué sur la Loire est remplacé par un pont de pierre. Il est aujourd'hui, l'un des plus anciens et des plus beaux ponts le long de la Loire.

Source : http://www.lacharitesurloire.fr/Le-Pont-de-Loire.html

Le Pont de pierre et son croisement avec la route de Bourges.

 

Je ne m’arrête pas pour la bonne raison que j’ai déjà visité cette magnifique cité médiévale il y a 3 semaines avec Marine.   

 

 

Tronsanges (km 219)

 

Au croisement de la D907 avec la D174, un petit monument anodin se dresse sur le bas-côté, il s'agit de la "Croix du Pape", une colonne de pierre élevée là afin de commémorer le souvenir de la venue du Pape Pie VII le 19 juin 1812.

Prenant une collation sous un cerisier, il donne sa bénédiction à tous les villageois. L’arbre fit ensuite l’objet d’un véritable culte jusqu’à sa disparition, et sera remplacé par cette colonne.

Ce monument en pierre de Narcy de 7 mètres de haut érigé en 1867 par l'architecte Bouveault est propriété de la commune de Tronsanges et inscrit aux Monuments Historiques depuis le 10 mars 1971.

Un peu d'histoire :

En 1804, le Pape Pie VII, venu sacrer Napoléon : "Empereur des Français", traverse la France du sud vers Paris en empruntant la route impériale. Son convoi est acclamé dans chaque ville où le souverain pontife fait halte.
Huit ans plus tard, les relations entre l'empereur et la papauté, se sont se dégradées.
Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1810, le général Radet, sur ordre de l'empereur, arrête le pape ainsi que son secrétaire d'État, le cardinal Bartolomeo Pacca, le fait monter dans un carrosse escorté par des gendarmes et le conduit prisonnier à la chartreuse de Florence, puis à Alexandrie et à Grenoble.

Amené ensuite à Savone, le Pape y sera gardé jusqu'en juin 1812.
En 1812, avant de partir pour la campagne de Russie, Napoléon fait transférer secrètement Pie VII à Fontainebleau. Le souverain pontife y restera enfermé pendant les dix-neuf mois que durera sa déportation.

Le transfert du Pape est un secret d'état et n'aura donc pas le retentissement de son premier voyage à travers la France.
Mais alors, ce 19 juin 1812, à Tronsanges vers trois de l'après-midi, le secret aurait-il été éventé ?

Arrêtez-vous un instant, approchez de la colonne et admirez le paysage de la campagne environnante. Appréciez le calme et la sérénité du lieu et imaginez...
Imaginez.... Nous sommes en 1812 .... et lisez le déroulement de l'histoire avec ce document qui sent bon le terroir, véritable machine à explorer le temps :

 http://www.latraceclaraz.org/Passage1812.pdf

Une magnifique publicité pour un artisan potier.

 

Un kilomètre plus loin, se trouve le restaurant « Courtepaille » qui fut l’un des premiers construit en France.

Et voici sans doute l’atelier de poterie qu’une publicité murale annonçait dès Tronsanges.

Après le rond-point, à l'entrée de Pougues, une ancienne borne rappelle la présence de l'ex-nationale 7 (j’ai « chipé » cette photo sur internet, car 2 ou 3 photos ont mystérieusement disparues de mon appareil…).

 

 

Pougues-les-Eaux (km 223)

Pougues est une ancienne station thermale dont les vertus sur les maladies du foie semblent connues depuis l’Antiquité. Henri III était venu s’y soigner sur les conseils de son médecin, et quasiment tous les rois de France le suivront. Aujourd’hui la station thermale est en sommeil, mais le casino, le premier au sud de Paris, attire beaucoup de monde !

 

La Nationale s’engage ensuite dans une longue côte qui la mène sur le Mont Givre.

Sur la maison en ruine dans le premier virage, une publicité peinte, pour Peugeot.

 

Cette côte, redoutée des poids lourds et des riverains, était très dangereuse à la descente : elle fut fatale à la jeune Renée Friderich, dont la Delage quitta la route au cours de la course Paris-Saint-Raphaël Féminin en 1932. Elle était la fille d’Ernest Friderich, pilote niçois et concessionnaire Bugatti.

Côté descente, une petite stèle dressée en bordure de route en plein virage, rappelle cet accident.

 

En 1931, Renée Friderich participe au Rallye Automobile Féminin Paris-St Raphaël, au volant d'une Bugatti (l'équivalent de l'actuel rallye des Princesses). L'année suivante, sur demande de Louis Delage, le fondateur de la marque automobile, elle concourra cette fois-ci au volant d'une Delage D8/S.

Au départ du Rallye Paris-St Raphaël devant le restaurant "Au Centre d'Aviation" à Orly, le 21 février 1932
Au départ du Rallye Paris-St Raphaël devant le restaurant "Au Centre d'Aviation" à Orly, le 21 février 1932

Le départ de la course est donné à Paris le 21 février 1932. Le parcours se déroule sans problème, les automobiles traversent Pougues-les-Eaux. A la sortie de la ville, dans la montée, la voiture qui roule apparemment à allure modérée quitte subitement la route, fait un tonneau et vient percuter un arbre. La jeune conductrice âgée de vingt ans, est tuée sur le coup.

On explique l'accident par une perte de contrôle du véhicule, la Delage s'avérant beaucoup moins maniable que la Bugatti pilotée l'année précédente, de plus, le siège a dû être avancé afin que la conductrice puisse accéder aux pédales. Renée est donc coincée entre siège et volant et n'a peut pas pu être éjectée au moment du choc.

L'enquête avancera la thèse d'une plaque de verglas, on est en février sur les hauteurs du Mont Givre, qui du coup porte bien son nom.

La D8 S quant à elle, n'est pas trop endommagée, elle sera réparée et connaîtra une longue carrière. Elle existe toujours aujourd'hui.

Sources & photos de l'épreuve : http://mini.43.free.fr/delage.html

 

 

Varennes-Vauzelles (km 223)

 

Nevers (km 237)

La Porte de Paris n'est plus l'entrée principale de Nevers. La Nationale 7 fut déviée dans les années 50 par les quais, puis l'ouverture de l'A77 a complètement supprimé le trafic de transit.

Nevers est une ville chargée d’histoire. Le Palais Ducal, construit au XVe siècle, est considéré comme le premier château de la Loire de style Renaissance. Au siècle suivant, Louis de Gonzague, duc de Nevers, fait venir des faïenciers d’Italie et crée plusieurs manufactures qui feront de Nevers la capitale de cet artisanat d’art.

Je quitte Nevers en traversant la Loire par le Pont « Neuf », dont les travaux commencèrent en 1778 pour s’achever en 1832. C’est ici que l’on a la plus belle vue sur la ville couronnée par l’imposante cathédrale Saint-Cyr et Sainte-Julitte.

Puis je continue sur le faubourg Saint-Antoine, où se trouvait jadis la Maladrerie : c’était là, de l’autre côté de la Loire, qu’on laissait les malades.

 

 

 

 

La route vers l’Azur

 

La RN7 entre Nevers et Lyon est dans les années cinquante et soixante, la partie la plus difficile du trajet, avec notamment la montée au col du Pin-Bouchain et la descente acrobatique vers Lyon avant le plongeon dans la Grande Bleue.

 

 

 

Plagny (km 240)

Un mur peint à Plagny

 

 

Magny-cours (km 249)

 

 

Ville du circuit du Grand Prix de France de Formule 1 de 1991 à 2008.

Le bourg de Magny Cours est dévié depuis le début des années 1950. A la bifurcation je vais continuer tout droit par la Rue de Paris afin traverser comme autrefois le centre du village.

Sur pignon de mur à droite, une réclame pour Dubonnet, à la sortie du village ce sera pour le St-Raphaêl… Pour une ville du Grand Prix, ils auraient pu choisir d’autre pubs à placarder, ils ne devaient pas encore prôner le « boire ou conduire » à l’époque…

Au carrefour, pas moins de 3 plaques Michelin nous rappellent qu'avant 1960, la N7 traversait le village de Magny.

Le restaurant du Lyon d'or. Je ne sais pas s’il est toujours en activité.

Un peu d'histoire :

Le premier circuit, une piste de karting de 510 mètres de long, est créé par Jean Bernigaud, maire de Magny-Cours et propriétaire du terrain.

Une seconde piste de 2000 mètres de long est inaugurée en 1961, c'est le circuit Jean Behra (du nom du pilote français décédé en 1959).

En 1986, le conseil général de la Nièvre rachète à la famille Bernigaud le circuit qui fait alors 3850 mètres.

Un nouveau parcours de F1 est tracé et la piste est homologuée en 1989. Le circuit va alors accueillir les épreuves Françaises de F1. La compétition du Bol d'or s'y déroule également à partir de 2000.

En 2005, le circuit est en faillite. En 2009 le Grand Prix de France est suspendu faute de promoteur.

A sa charge, le circuit est isolé en pleine campagne Nivernaise. Les rares infrastructures hôtelières ne suffisent pas à héberger les nombreux spectateurs qui doivent emprunter des routes embouteillées les jours de grands évènements sportifs et se loger loin du circuit.
Depuis 2010 l'autoroute A77 permet de désenclaver le circuit sur lequel se déroulent toujours pas moins de 17 épreuves annuelles.

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Circuit_de_Nevers_Magny-Cours

 

 

Moiry (km 252)

 

Avant l’arrivée à Moiry, je passe devant les bâtiments de la ferme du Marault, pôle des éleveurs de la filière Charolaise. La ferme occupe l'emplacement d'anciens marécages assèchés au XVIIe siècle à la demande de Colbert.

La nationale 7 traverse assez rapidement ce village, ou l’on trouve également de nombreux restaurants.

 

 

Saint-Pierre-le-Moûtier (km 260)

 

 

Le bourg, qui doit son origine et son nom à un monastère bénédictin était une halte réputée sur la route bleue avec son église du 10e siècle aux peintures murales bien conservées et son hôtel du Commerce, on raconte que Jeanne d’Arc y séjourna.

Petit tour dans son église a aussi accueillie Jeanne d’Arc en 1429 lorsqu’elle libéra la ville des anglais.

Là encore, d'antiques plaques de signalisation Michelin.

Et voici la place Jeanne d’Arc qui commémore la libération de la ville, du siège tenu par les par les Anglo-Bourguignons.

Une station-service  reconvertie en petit café-resto, façon routier, propose des menus routiers, snack et friterie.

 

 

Châtenay-saint-Imbert (km 267)

C'est ici, en juin 1934 que le très célèbre ténor et acteur Georges Thill, amateur de puissantes automobiles et passionné de vitesse, écrasa son Hispano Suiza 12 cylindres contre un arbre en voulant éviter le facteur : celui-ci, qui avait perdu un bras à la guerre de 14-18, n’avait pas pu signaler son changement de direction !  

A la sortie de St Imbert, la route est bordée par deux belles rangées de platanes. Les barrières de sécurité ne jouent pas vraiment la carte de la nostalgie, mais bon il faut bien protéger les platanes et surtout les automobilistes de toutes collisions.

 

Je continue ma route sur Lyon, il est déjà 11 heures, ma vitesse moyenne est de 22 km/heure et je rentre dans le département de l’Allier.

 

 

Villeneuve-sur-Allier (km 275)

La ville me réserve encore une énorme publicité murale, il s’agit toujours d’un vendeur-réparateur en motoculture.

Trois kilomètres après la sortie de Villeneuve, sur la gauche, entre deux petits pavillons de briques rouges, l'entrée du Château d'Avrilly édifié à partir du XVe siècle. Aujourd'hui c'est un domaine privé, entouré d'un parc de 100 hectares.

Puis sur ma droite, érigée au bord du macadam, un monument représentant quatre gisants, à moitié enveloppés dans une voilure, rappelle l’accident du dirigeable « République », qui s'est écrasé le 25 septembre 1909.

"La République" devant son hangar amovible à Lapalisse.
"La République" devant son hangar amovible à Lapalisse.

"La République" (au féminin) était un dirigeable militaire de type Lebaudy, construit dans les ateliers des frères Paul et Pierre Lebaudy, à Moisson (Yvelines) et mis en service en juillet 1908.

Après les campagnes d'été 1908 et 1909 qui consistaient en essais, ascensions, manœuvres d'instruction, et autres mises à l’épreuve du dirigeable, la campagne d'automne 1909 voyait la participation de "La République" aux grandes manœuvres du Bourbonnais.

Un hangar amovible, conçu pour recevoir le Ballon fut installé à Lapalisse.
Le voyage de départ de Chalais-Meudon (Hauts-de-Seine) vers Lapalisse fût assez compliqué. Le ballon subit une avarie qui l'obligea à dériver puis finalement à être dégonflé en attendant les réparations sous le hangar amovible.

Les restes du dirigeable sur le bord de la nationale, face aux grilles du château d'Avrilly.
Les restes du dirigeable sur le bord de la nationale, face aux grilles du château d'Avrilly.

Le 12 septembre, "La République", s'élevait enfin dans les airs et participait avec succès aux grandes manœuvres militaires du Bourbonnais.

Au terme de ces exercices, et devant le bon comportement du dirigeable, il fut décidé de le rapatrier sur Chalais par la voie des airs.
Le 25 septembre à 6 h. 45, "La République" s'élevait dans les airs, avec à son bord le capitaine Marchal, le lieutenant Chauré, les adjudants Réau et Vincenot. Il prit la direction de Moulins en suivant la route nationale.

Trois automobiles l'escortaient ; l'une montée par le lieutenant aérostier Tixier et deux sous-officiers du génie ; l'autre encombrée de cordages et de cordes qui eussent pu être utilisés en cas de besoin ; la troisième emportait les envoyés spéciaux du "Matin".
A 8h30 à Moulins, la population avertie acclama l'équipage qui salua de la main et du képi.

A huit kilomètres de Moulins, alors que le ballon passait au-dessus de la propriété du comte de Chabannes-la-Palice, à Avrilly, il donna de la bande de droite à gauche, puis se redressa dans un mouvement brusque du gouvernail.

"Quelques secondes après, une des pales de l'hélice droite de la nacelle se détachait et venait entailler l'enveloppe tel un rasoir, provoquant une déchirure d'où s'échappa l'hydrogène. Dans un mouvement vertigineux, comme une énorme flèche, le ballon plongea droit vers la terre".

"Un silence pesant, succéda à cette chute d'environ 300 mètres de haut. De l'auto militaire les cordiers bondissent et commencent à couper les cordes pour soulever l'enveloppe. Du château d'Avrilly, le comte de Chabannes et M. Jean Maugué, spectateurs de la catastrophe, accourent avec des équipes d'ouvriers qui viennent prêter main-forte. La seconde auto militaire amène le lieutenant Tixier sur le lieu de la catastrophe. Par une ironie du sort le lieutenant venait d'adresser un télégramme au parc de Chalais annonçant que tout allait bien."

Les dépouilles des 4 militaires aéronautes tous tués sur le coup, furent extraites et transportées dans un pavillon du château d'Avrilly, transformé pour l'occasion en chapelle ardente.

Des funérailles nationales furent célébrées le 28 septembre 1909 en la cathédrale de Versailles.

 

 

Moulins (km 287)

 

J’entre en Auvergne.

 

Un dernier relais à, La Vieille Poste (encore un !) à Avermes, et la route pénètre dans Moulins, préfecture de l’Allier, par la route de Paris.

Moulins est le berceau des ducs de Bourbon, lignée apparentée aux rois de France et liée à l’abbaye de Cluny. Capitale du Bourbonnais à cette époque, la ville a toujours rayonné sur la région, du Moyen Age à la Renaissance, puis au 19e siècle ou de nombreux hôtels particuliers furent construits dans Moulins.

 

Il est midi, je vais déjeuner au « Grand Café », construit en 1899, il a gardé son extraordinaire décor Belle Epoque, inscrit à l’inventaire des monuments historiques, il fait partie des dix plus belles brasseries 1900 de France. Si le décor est sublime, l’addition n’en n’est pas salée pour autant. Cuisine de qualité, service agréable et rapide… Bref au top !!!

La cathédrale "Notre-Dame de l'Annonciation".

Le célèbre jacquemart, une tour de guet et beffroi datant de 1455. Tout d'abord simple horloge aux gargouilles richement ornées, elle brûla entièrement en 1655 et fut reconstruite surmontée de trois cloches et de 4 automates de fer et de bois : Jaquemart, sa femme Jacquette, et leurs 2 enfants Jacquelin et Jacqueline. Les enfants sonnent les quarts d'heure, les parents les heures.

 

C'est ici que la plupart des véhicules quittait la N7 pour traverser l'Allier, et continuait sur la Nationale 9 vers Clermont-Ferrand et le Massif Central pour descendre vers la mer à Montpellier où vers les plages espagnoles, moi je vais obliquer vers l'est et continuer sur la N7 jusqu'à Lyon.

 

 

Toulon-sur-Allier (km 293)

Passés les derniers faubourgs de la préfecture de l'Allier voilà déjà Toulon, qui l’eut cru ? Il s’agit de Toulon-sur-Allier, bien entendu ! (important site de production de poteries gallo-romaines). Entre 1940 et 1942, Toulon était coupé par la Ligne de démarcation. Tracée par les Allemands, cette véritable frontière intérieure séparait la zone dite libre de la zone occupée. Un poste de contrôle se situait à la sortie du village.

 

 

Bessay-sur-Allier (km 301)

 

Je passe le cap des 300 km parcourus.

Le Bar de la Route Bleue.

Plus loin sur le mur d'une ferme en ruine, une publicité pour Suze, menacée d'une disparition certaine.

 

Peu après, la RN7 passe près du "Bois des Moines", un lieu très isolé. Dans la nuit du 5 au 6 février 1797, la malle-poste venant de Lyon fut attaquée et pillée par une bande de mauvais garçons de la région, les "Mistons". L'enquête fut rapide, et sur les neuf bandits, sept furent arrêtés et exécutés ! 

 

Le Relais de la Route Bleue à St-Loup de Varennes (km 311)

 

Encore un belle publicité pour la boisson «Suze Gentiane », cette fois. Il n’y avait pas beaucoup de contrôle routier en ce temps-là…

 

 

Varennes-sur-Allier (km 314)

 

Trente kilomètres au sud de Moulins, la cité de Varennes-sur-Allier fut un port assez important. On en trouve la trace dès l’époque romaine. La plupart des rois de France, Charles VII, Louis XI, François 1er, Henri II, Charles IX, Louis XIII et Louis XIV, s’y sont arrêtés.

Napoléon et le pape Pie VII ont dormi à l’Hôtel de la Poste, ancien relais, avec sa galerie au premier étage.

Les premiers réverbères à pétrole ont été installés dans ses rues sous le Second Empire...

Dans une époque pas si lointaine, la ville s’était spécialisé dans la fabrication du mobilier de bureau, dont les célèbres meubles de classement en bois à volet coulissant, une invention des Ets Moreux qui équipaient toutes les bonnes administrations.

 

Là, la route entreprend un long virage vers l’est, laissant encore une autre partie de ses touristes qui préfère la cure à Vichy plutôt que les splendeurs de la méditerranée. Elle file sur Lapalisse et, pour y arriver, il me faut quitter la plaine pour longer les contreforts du Massif Central.

 

Bellevue (km 321)

 

 

 

Saint-Gérand-le-Puy (km 325)

 

L’hôtel de la Paix avec ses plaques de cocher. Sur la droite en bordure de route.

En 1940, le poète et écrivain James Joyce vient s’y installer en famille. Malade, affaibli, il restera presqu’un an à Saint-Gérand avant d’obtenir un visa pour la Suisse. Il mourra à Zurich quelques jours plus tard.

 

Puis c’est à Périgny (km 329), un modeste village dont l’école primaire a reçu en 1941 la visite du Maréchal Pétain, venu de Vichy « en voisin » pour prononcer une allocution radiodiffusée pour les écoliers français.

Je longe maintenant l’aérodrome de Lapalisse-Périgny, haut-lieu du parachutisme ; ‘est là qu’avaient eu lieu les manœuvres de 1909 où était venu le dirigeable « République ».

 

 

Lapalisse (km 334)

 

Lapalisse, célèbre pour le château, que j’aperçois de très loin, occupé depuis 1430 par la famille de Chabannes, demeure de l’illustre maréchal de France Jacques II de Chabannes, seigneur de la Palice, pour qui les soldats avaient composé une chanson en son honneur :

Hélas, la Palice est mort,

Est mort devant Pavie ;

Hélas, s’il n’était pas mort,

Il ferait encore envie.
Les paroles déformées en : « Il serait encore en vie » donneront naissance aux célèbres vérités de la Palice (voir les Lapalissades).

La ville s’est développée autour de l’imposant château du XIIe siècle qui domine la Besbre et devant laquelle passe la Nationale. Jusqu’en 2006, la vie des riverains était devenue intenable à cause du trafic incessant des poids lourds traversant la ville. L’ouverture d’une déviation à ramené le calme dans la petite cité Pour commémorer l’événement, la municipalité organise tous les deux ans le « dernier embouteillage » qui rassemble – pour le plaisir ! – des véhicules des années 1960 dans une grande reconstitution.

Au XIXe siècle, pour adoucir la montée, le tracé est modifié pour passer à gauche du château. Je vais emprunter la route d’origine et continuait jusqu’au joli village de Droiturier (km 339), à quelques kilomètres de là. Elle enjambait la vallée de l’Andan sur le pont de la Vallée, un ouvrage magnifique construit en 1752 et qui est resté dans son état d’origine, avec ses « chasse-roues » qui protègent le parapet. Au XIXe siècle, pour adoucir la montée, le tracé est modifié pour passer devant le château.

 

 

Saint-Martin-d’Estréaux (km 348)

 

A près de 600 mètres d'altitude, j'abandonne le département de l'Allier pour entrer dans celui de la Loire, et je mets le cap au sud-est en direction de Lyon. C’est là que l’on va aborder l’un des passages les plus agréables de la nationale 7. Car il faut bien reconnaitre qu’elle n’est pas toujours marrante, cette route : de par son trafic important, on y a construit bien plus de zones d’activité que de petites rues typiques du terroir !.

Saint-Martin-d’Estréaux est connu pour son monument aux morts « antimilitariste » quasi unique en France : on y a intentionnellement mis les portraits de tous les soldats tués au front pour ne pas les laisser anonymes.

 

A la sortie du village commencera ma descente vers Roanne.

 

 La Pacaudière (km 357)

 

 La Pacaudière, qui tire son nom d’une famille de maître de poste, les Pacaud. Deux superbes bâtiments témoignent de cette activité.

A droite : le « Petit Louvre », un relais de chasse construit au XVIe siècle. Sous sa gigantesque toiture se trouvait, selon les gens du cru, le pavillon de chasse du connétable de Bourbon. En 1527, la demeure devient une hôtellerie qui accueillera de grands personnages, François 1er, Henri IV, Louis XIII. En 1750, c'est la maréchaussée qui s'y installe, puis en 1850, il servira de presbytère.

En face, on trouve l'Hôtel de Notre-Dame, demeure construite à la même époque.

 

Changy

 

Saint-Forgueux-Lespinasse

 

Saint-Germain-Lespinasse (km 370)

La Nationale passe par le centre de Saint-Germain.

 

Les Tuileries

 

 

Roanne (km 382)

 

A Roanne, on abandonne bien évidemment le contournement pour entrer dans le centre-ville par la D207 (hop, un nouveau matricule...) qui porte également le nom, pour changer, d’avenue Charles de Gaulle…

Rouana, en provençal, la ville de Roanne apparaît dans l'histoire avant la conquête romaine. Elle s'appelait alors Rod-Onna, ce qui voulait dire "l'eau qui coule", la ville étant située en bordure de Loire. Peuplée par les Segusiaves, tribu gauloise, elle deviendra Rodumna lors de la conquête des Gaules par César, puis Rouhanne et enfin Roanne.

Bien des années plus tard, la N7 passant par-là, les touristes découvriront les charmes de cette cité, les fins gastronomes en profiteront pour faire une halte gourmande, à condition d'y mettre le prix, dans le restaurant des frères Troisgros, "meilleur restaurant au monde" selon le Gault-Millau de 1972, et implanté face à la gare de Roanne, sur le tracé de la N7.

Pour ceux qui préfèrent l'architecture, ce sera le pont sur la Loire de Pierre-Benoit de Varaigne (1834)  que l’on doit traverser pour prendre la direction du Coteau, de Parigny et de L'Hôpital-sur-Rhins (km 394).

 

Arrivée au carrefour, voilà encore 2 choix pour l’automobiliste afin de rejoindre la mer. Suivre la N82, vers Saint-Etienne. En optant pour cette voie, il évitera Lyon, mais devra, pour rejoindre Annonay, franchir le col de la République à 1.161 mètres. Où suivre la RN7, vers Lyon en passant par Tarare, il franchira également un col, celui du Pin-Bouchain, à seulement 760 mètres.

Mon choix, la Nationale 7 bien sûr…

 

C’est à ce carrefour qu’en 1963, le chanteur Claude Nougaro y eut un accident au volant de sa DS qui le laissera hospitalisé pendant plusieurs mois. Il raconte cette triste expérience dans la chanson « Pauvre Nougaro ».

 

 

J’entame maintenant l’ascension de la montagne de Tarare en passant par Neaux. Cette traversée des Monts du Lyonnais est restée longtemps le point noir de cet itinéraire.

 

 

Fourneaux

 

Je commence à fatiguer, et je me trompe. Je rentre dans le village et je prends la D49, une petite, mais vraiment petite route départementale à travers la campagne, j’arrive à Chirassimont et je continue sur la D5 jusqu’à Machézal, puis la D54 pour rejoindre la N7 un peu avant le col.

 

Col du Pin-Bouchain (km )

 

 

Doucement, en serpentant, la Nationale 7 atteint son point culminant, 760 m, au Col du Pin Bouchain

C’est ici qu’elle marque le passage de la Loire vers le Rhône.

Elle se dirige ensuite vers Tarare par une longue descente d’une dizaine de kilomètres.

A l’origine, le chemin descendait beaucoup plus brusquement en ligne droite, ce qui le faisait redouter des voyageurs. Madame de Sévigné écrit ainsi à sa fille en 1671 : « On m’a tantôt dit mille horreurs de cette Montagne de Tarare, que je la hais ! Il y a un autre certain chemin où la roue est en l’air et l’on tient le carrosse par l’impériale. »
On raconte aussi cette anecdote où Napoléon, pris dans une tempête de neige, se réfugie avec sa suite dans une auberge près du col. On lui sert une omelette. Au moment de payer, il s’étonne du prix demandé : « Les œufs sont donc si rares par ici ? » Ce à quoi l’aubergiste répond : « Non, Sire, ce sont les empereurs ! ».

C’est lui qui ordonna la rectification du tracé, et la route actuelle sera ouverte en 1820.

 

 

Tarare (km 426)

 

Le grand viaduc du chemin de fer, construit en 1860, signale l’arrivée à Tarare, encaissée dans la petite vallée de la Turdine.

L’ancienne capitale de la mousseline est vite passée, tout comme Pontcharra-sur-Turdine, Bully et l’Arbresle (km 444), où la haute silhouette du château jette son ombre sur la ville. On y traverse la Brévenne sur le vieux pont de la Madeleine, reconstruit après la catastrophe de 1715 : la Turdine en crue avait déferlé sur la ville, emportant tout sur son passage et tuant plus de 200 personnes.

 

La Tour-de-Salvagny

Qui doit son nom d’une vieille tour de guet détruite au XIXe siècle. C’était aussi le dernier relais de poste avant Lyon.

 

Dardilly

Charbonnières-les-Bains (km 370)

Et voici Charbonnières-les-Bains, la ville du célèbre Rallye Lyon-Charbonnières. Une légende raconte qu’un brave bûcheron (enfin, pas si brave que ça…) qui voulait se débarrasser de son vieil âne alla le perdre dans la forêt. Quelques temps plus tard, sa fille fut agressée sur la route par des malandrins et sauvée par l’intervention d’un âne vigoureux qui les mit en fuite. Elle reconnut l’âne familial qui s’était refait une santé grâce à l’eau d’une source quasi miraculeuse…

 

Au milieu des années 1920, le casino de Charbonnières recevait régulièrement la visite d’André Citroën. Le constructeur n’était pas un flambeur comme certains l’on décrit, mais il se servait plutôt de cette image à des fins publicitaires. Un jour, sa voiture tombe en panne (eh oui ! même les voitures des constructeurs peuvent avoir des ratées…) en sortant du casino. Il est secouru par un maréchal-ferrant avec qui il sympathise. Il aide celui-ci à ouvrir un nouveau garage qui sera la réplique en miniature de l’agence de Lyon. Et s’il n’arbore plus le panneau Citroën, le Garage du Méridien dresse toujours sa façade Art déco au ras de la Nationale 7 qui descend vers Tassin-la-demi-Lune.

 

 

Tassin-la-Demi-Lune

 

A Tassin la Demi-Lune, au terme d'une longue descente, la route pénètre dans l'agglomération lyonnaise, contournant la célèbre Horloge...

Ce Monument haut de 13,50 m, inauguré en 1907 par le maire de Lyon Edouard Herriot, permettait aux passants de lire une heure "républicaine", sans avoir à se tourner vers l'heure "religieuse" du clocher !

 

A cet endroit se croisaient les routes Royales qui allaient à Bordeaux ou à Paris. La place fut tracée, de forme semi-circulaire, d’où le nom de la ville.

 

 

Lyon (km 462)

 

Après Tassin, c’est « enfin » Lyon, et la N7 y entre par la colline de Fourvière, à l’ombre de l’emblématique basilique…

A la sortie du tunnel, je prends Perrache et direction Lagnieu pour retrouver les enfants. Partie le 25 avril de Gap, je viens de parcourir 3550 km, j’en ai un peu ras-les-baskets et j’ai hâte de me poser. Mais je vais devoir encore faire 200 km pour fermer la boucle.