Juillet 2019

 

 

 

 

 

Jeudi 4 juillet 2019    

Bon, il aurait été dommage d’être à CAMBRAI et de ne pas assurer une petite bêtise....

GUISE (Aisne)

Comme son nom l’indique, cette agréable petite cité est le berceau de la famille de Guise – on dit ici « gouize ». C’est aussi le site de l’un des plus fascinants épisodes du mouvement ouvrier : le familistère de Godin, une sorte de ville dans la ville unique en son genre, qui invite à un voyage dans l’utopie d’un patron pas comme les autres au XIXe siècle.

Le Familistère de Guise :

Au milieu du XIXe siècle Jean-Baptiste André Godin déposa un brevet révolutionnaire pour la fabrication des poêles en fonte substituée à la tôle. Son succès lui permit de mettre en pratique ses idées, tout aussi révolutionnaires. Révolté contre l’injustice subie par les ouvriers, inspiré par l’industriel écossais Owen et par le philosophe et économiste Charles Fourier, Godin associa son personnel au succès industriel de son entreprise. En 1840, 2 ouvriers, en 1842... 30, en 1846... 150 et en 1880... 1500 ! Il entreprit aussi de réaliser ce qu’on appelait alors une « utopie ». Il fit construire sur le site même de l’usine un « palais social ». Les appartements, sains et confortables pour l’époque, s’ordonnent autour de grandes cours intérieures communes couvertes, qui associaient toutes les qualités de vie recherchées par Godin : eau, lumière, hygiène, lien social et communications. Au total, cinq pavillons (soit 500 logements) furent construits, abritant plus de 2000 personnes dans les années 1880. L’ensemble est complété par des écoles, une crèche, une piscine, des économats, un jardin... et même un théâtre destiné aussi bien au divertissement qu’à l’éducation et aux débats. Un règlement intérieur très au point prônait d’ailleurs l’hygiène et la bonne conduite morale. L’expérience prit fin en... 1968 ! Aujourd’hui, les usines fabriquent des cuisinières de luxe en fonte, et le familistère fait l’objet d’une superbe rénovation. La visite se révèle passionnante.

Le château-fort : Profondément innervé dans la roche le donjon du Xe siècle transformé en forteresse sous la houlette des ducs de Guise ne s’est rendu que deux fois... sur 32 sièges ! Du donjon, la vue s’ouvre sur la ville, le familistère et les usines.

Notre itinéraire nous emmène ensuite, à traverser de jolis villages en Thiérache, frontalier entre le Royaume de France et l’Empire Germanique, ce territoire instable fut longtemps marqué par les guerres. Lassés de subir les pillages des soldats, les paysans ont transformé leurs églises en forteresses à partir du XVIe siècle. Seuls bâtiments construits en dur, elles furent pourvues de tours en brique, d’échauguettes et de mâchicoulis, afin de protéger la population et le bétail.

Nous nous arrêterons donc pour visiter celle de PARFONTDEVAL, et nous poserons le CC pour la nuit au centre de ce très joli village classé « Beau village de France ».

La dernière mare de Parfondeval

Cette étendue d’eau est le dernier vestige des six mares que comptait le village autrefois. Elles servaient à abreuver les bêtes et constituaient une réserve d’eau pour combattre les incendies assez fréquents. Leur fond était régulièrement raclé afin de vendre la boue aux agriculteurs comme fertilisant pour leurs champs. C’est entre 1959 et 1970, au moment des travaux d’adduction en eau du village, que ces plans d’eau furent comblés, sauf celui de la place.

Une église... ou un château fort ?

Quel est cet édifice qui mêle clocher et tours défensive ?
Comme une soixantaine d’autres en Thiérache, l’église Saint Médard a été fortifiée au cours du XVIe siècle pour résister aux violences des trop nombreux assaillants de ces temps de guerres.

Rue du Chêne... Un tilleul, en guise de peuplier !
A Parfondeval, c’est le curé-maire Chollet qui plante ce symbole le 8 novembre 1793, face à l’église, à l’emplacement de l’une des six mares du village. A l’origine il s’agit probablement d’un peuplier. D’un peuplier : bien évidemment... pour faire référence au peuple devenu citoyen.

Mais au 19e siècle, les changements politiques sont fréquents, et le peuplier ne résiste pas aux parenthèses monarchiques. Le tilleul qui se dresse aujourd’hui ici aurait finalement été planté en 1848, à l’avènement de la Seconde République.

Le lavoir : le « parlement des femmes »

Elles y papotent, elles se « chiffonnent », elle « kaflottent », elle faflottent ». Ces termes patois évoquent l’intensité de la vie sociale de ce lieu, propice à soulager autant que possible la dureté du travail que les femmes effectuent ici, souvent agenouillées, dans le vent ou le froid.

L’arbre à messages !

 

 

Vendredi 5 juillet 2019    

MONTHERMÉ : Vallée de la Meuse

Le point de vue de la Roche à 7 heures offre un spectacle exceptionnel, toujours utilisé pour représenter les Ardennes : la fameuse boucle de Monthermé.

La Citadelle de MONTMEDY

En arrivant à Montmédy, la vision de l'énorme citadelle perchée au sommet d’une colline est absolument impressionnante. Construite sous le règne de Charles Quint en 1545, remaniée au 17ème siècle par Vauban et puis par Séré de Rivières qui aménagea de nombreuses casemates militaires.

On passe les deux pont-levis et le tunnel pour une escapade au cœur de la citadelle. Gérard empruntera l’escalier qui le mène sur le chemin des remparts, moi je préfère me mettre à l’ombre sous le parasol du bar sur la place centrale.

Un tour rapide de MARVILLE et on descendra sur le plan d’eau de la vallée d’Othain pour y passer la nuit. Un petit coin tranquille et agréable au bord de l’eau.

 

 

 

Samedi 6 juillet 2019    

Passage à la laverie automatique de LONGUYON.

Déjeuner au bord d’un lac à AZANNES-ET-SOUMAZANNES.

Nous ne passerons pas à FONTAINES-SAINT-CLAIR pour voir les Collignon, ils ne répondent pas au téléphone, je suppose qu’ils sont partis sur le tour de France.

Tout le long de la route, un mémorial à droite, un mémorial à gauche... on ne peut oublier que cette région de France a été très touchée pendant les deux guerres mondiales. Nous longeons même un moment la VOIE SACRÉE, route stratégique historique reliant Bar-le-Duc à Verdun.

Après la belle campagne, le GPS nous envoie dans un chemin de terre...

BEAULIEU-EN-ARGONNE, un charmant village de la Meuse, magnifiquement fleuri.

Au VIIe siècle, Beaulieu-en-Argonne possédait déjà une abbaye, fondée par un moine écossais, saint Rouin, qui a donné son nom à l'église du village. Les moines cultivaient alors la vigne sur les coteaux. Parmi les vestiges de l'abbaye subsiste de nos jours un ancien pressoir en chêne du XIIIe siècle, à la taille impressionnante : c'est l'un des plus grands d'Europe et il pèse 30 tonnes !

Puis arrive le moment le plus chargé d’émotions de notre itinéraire, la Nécropole nationale de FLIREY (Meurthe-et-Moselle), sur la tombe de l’oncle Ernest, mort pour la France le 3 juillet 1915. J’étais déjà venue ici en 2001 avec Marine et j’avais trouvé 2 erreurs sur la plaque de sa croix (Ernest Philibert alors qu’il s’appelait Ernest Vincent et  le nom du régiment). J’avais écrit au Ministère des Armées et ils m’avaient répondus que la plaque avait été bien changée. En comparant les photos, toutes les croix et toutes les plaques ont été effectivement changées.

 

La nécropole nationale de Flirey regroupe les dépouilles de soldats tombés lors des batailles de la Woëvre. Crée en 1919, ce lieu de mémoire témoigne de l’extrême violence des combats qui se déroulèrent entre les forêts de Mort-Mare et du Bois le Prêtre. Aménagée en 1924, en vue de rassembler les corps exhumés des cimetières militaires de Flirey, Fey, Seicheprey et de la Woëvre, cette nécropole rassemble 4407 corps français dont 2567 reposent en tombes individuelles. Un ossuaire conserve les restes mortels de 1740 combattants. Aux côtés de ces hommes sont inhumés 22 Russes, trois Belges et trois Roumains. Aux alentours, de nombreux vestiges sont toujours visibles, notamment les ruines du village détruit de Flirey ou les entonnoirs de mines du bois de Mort-Mare. Dans le nouveau village de Flirey, deux monuments commémoratifs honorent ceux qui ont combattu pour la libération du village. En lisière du bois de Mort-Mare, se dresse une borne Vauthier, matérialisant la ligne de front au 18 juillet 1918.

A l'automne 2001, j'étais déjà venue ici avec Marine. J’avais trouvé 2 erreurs sur la plaque de sa croix (Ernest Philibert alors qu’il s’appelait Ernest Vincent et  le nom du régiment). J’avais écrit au Ministère des Armées et ils m’avaient répondus que la plaque avait été bien changée. En comparant les photos, toutes les croix et toutes les plaques ont été effectivement changées.

COMMERCY

Passage à la Fabrique de madeleines, un délice. A l’arrière du bâtiment 2 places avec électricité sont réservées pour les CC et où nous pouvons passer la nuit.

 

La famille GILBERT, je vous ramène des madeleines au pique-nique du 13 juillet.... un petit hic, il ne restera peut-être plus de camembert de Normandie.

 

 

Dimanche 7 juillet 2019 

DOREMY-LA-PUCELLE (Vosges)

Qui ne connaît pas le village de Domrémy ? C'est dans cette petite localité qu'est née la célèbre héroïne nationale, Jeanne d'Arc, en 1412.

Sa maison natale, classée Monument Historique, est ouverte à la visite - 4 pièces dont sa propre chambre -, ainsi qu'un centre d'interprétation doté d'animations permanentes, qui présente la vie quotidienne des paysans à l'époque, celle de la famille d'Arc, et l'épopée de la jeune fille dans sa reconquête du territoire occupé par les Anglais, et la restitution du trône au Dauphin Charles VII.

Histoire du bâtiment

     Identifiée et reconnue très tôt dans la tradition locale comme «la Maison de la Pucelle», le bâtiment est longtemps resté propriété de la famille de Jeanne d’Arc. Ce sont des descendants des frères de Jeanne qui insèrent sur la façade le linteau sculpté aux armes du Royaume de France et des deux  familles d’Arc et Thiesselin, sous le règne de Louis XII.

     Au cours du XVIIIe siècle, la maison est achetée par la famille Gérardin qui construit un corps de ferme moderne devant la maison, transformée en dépendance : le mobilier et les éléments décoratifs sont transportés dans la ferme, et la petites maison sert de cellier et d’étable. Pendant la Révolution et l’Empire, la maison est fréquemment visitée par des pèlerins français et par des soldats étrangers qui déplorent l’état délabré de ce bâtiment symbolique.

     Aussi dès que la région est libérée, en 1818, le Consul Général des Vosges décide l’acquisition de la Maison natale de Jeanne d’Arc et sa restauration. Le propriétaire, qui avait refusé de céder le bâtiment à des officiers étrangers pour un prix largement supérieur, est décoré pour son patriotisme.
     La maison est complètement dégagée des bâtiments qui l’enserraient, isolée et mise en valeur au centre d’un square, décoré par un monument abritant un buste de Jeanne. Les cheminées, les éléments décoratifs et les inscriptions sont remontés dans le bâtiment rénové. Il s’agit alors de la première restauration d’un Monument historique : le terme lui-même n’apparaîtra que vingt ans plus tard.

 

 

Acquisition de la maison natale

de Jeanne d’Arc

par le département des Vosges

20 juin 1818

 

 

 

Du vingt juin mil huit cent dix-huit, à Domremy-la-Pucelle, trois heures de relevée ; devant Claude Ekme, notaire à la résidence et pour l’arrondissement de Neufchâteau,

       Fut présent Nicolas Gérardin, dragon au service de France, retraité pour cause de blessures reçues à la défense du territoire français, de présent, vigneron, domicilié audit Domremy-la-Pucelle, son pays natal ;

       Lequel, déterminé par le désir de faire, en faveur des habitants du département des Vosges, une concession qui leur soit agréable, et plus encore, par l’amour de sa patrie et du roi, son bien-aimé souverain, a bien voontairement et de son plein gré, déclaré céder et transporter en toute propriété, avec promesse de garantir ainsi qu’il est exprimé par la loi : Au département des Vosges, dans le village de Domremy fait partie, assissant par M. Boula de Colombiers, maîtres des requêtes, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, préfet dudit département, et par M. les membres du Conseil général, acceptant au cas présent, par M. Florentin Muel, propriétaire de forges, domicilié à celle de Sionne, l’un des membres dudit Conseil général, aussi comparaissant en personne :

       La maison qu’il habite en ce lieu de Domremy, à lui provenant d’ancien, comme seul enfant et unique héritier d’Albert Gérardin son père décédé, et appartenant originairement à Jacques d’Arc et à isabelle Romée, à Jeanne d’Arc, et où elle est née, au plus tard en l’an 1412, au surplus ainsi qu’il est de toute notoriété et de tradition certaine ;...

       Comme ladite maison se contient actuellement de haut en bas et de fond en comble avec tous ses bâtiments, son jardin potager au derrière, le buste de ladite Jeanne d’Arc placé à l’extérieur, au-dessus de la couverte de l’entrée principale, ses terrains et accints, tant extérieurs qu’intérieurs, ses ainsences et dépendances, au-devant, au-derrière et de chaque côté, sans en rien réserver ; la totalité située près l’élise dudit Domremy, en la rue du Moulin, entre Toussaint Humblot, au nord ; Elophe Liétard, au midi ; ayant ses jours et entrées principaux sur ladite rue au-levant ; confirmée au couchant par les filles Boudin et ledit Elophe Liétard... néanmoins sous les réserves ci-après :

       Cette cession ainsi faite et consentie par ledit Gérardin, à la condition que... il en sera le gardien tant qu’il vivra ; ... garde qu’il demande, au reste, comme faveur spéciale, et pour le maintenir, lui et sa famille dans le souvenir d’une habitation à laquelle il tenait, à raison des vertus et de l’héroïsme de Jeanne d’Arc.
       Moyennant, en outre, la somme de deux mille cinq cents francs en principal...

C'est sur le site de la basilique du Bois-Chenu, à 2 kilomètres et en surplomb du village, que Jeanne d'Arc aurait entendu ses voix. Construite entre 1891 et 1926, la basilique est un lieu de pèlerinage important.

 

Nous trouvons une place pour la nuit aux pieds des remparts de LANGRES

 

 

 

Lundi 8 juillet 2019 

LANGRES, ville fortifiée au riche patrimoine

Majestueusement perchée sur un promontoire rocheux, dominant la campagne alentour, entourée de son enceinte fortifiée, jalonnée de sept portes et de douze tours, qui se découvre en empruntant son chemin de ronde… long de 3,5 kilomètres et resté épargné au cours des siècles !

 

On visite de la cité natale de Diderot, en suivant le dédale de ruelles anciennes et, au détour de passages couverts, on découvre un patrimoine médiéval (par sa cathédrale Saint-Mammès, XIIe), Renaissance (par d’élégants hôtels particuliers) et Moderne (par son musée d’Art et d’Histoire).

Pour moi, une ville un peu tristounette, très peu de fleurs...

Ancienne chapelle des Oratoriens (1676), transformée en théâtre en 1838.

Porte des Moulins (XVIIe siècle). 

La maison Renaissance, construite entre 1540 et 1550.

Le musée d’Art et d’Histoire.  

L’Hôtel de ville (XVIIIe siècle).  

Maison des Lumières Denis Diderot.   

Cathédrale Saint-Mammès (intérieur XIIe, façade XVIIIe siècle).

Sur la place Diderot, se dresse une statue en bronze de l'illustre philosophe Denis Diderot, œuvre du célèbre sculpteur Frédéric Bartholdi, au n° 9 l’on trouve sa maison natale.

Nous déjeunerons au bord d’une rivière (l’Ognon) à PESMES.

PESMES, la vallée de l’Ognon.