MAROC

3ème édition

 

Janvier/Mars 2024

 

 

Le Maroc... encore le Maroc... toujours le Maroc...   

Pourquoi me direz vous ?

Ce pays nous dévoile toujours ses charmes et ses mille facettes, même après de nombreux voyages. Il nous offre des paysages variés et enchanteurs, une douceur de vivre que nous ne retrouvons pas ailleurs, une culture riche et variée. Cette Terre de contrastes où le meilleur peut côtoyer le pire, cette terre hospitalière, cette terre de sensations, d'odeurs agréables ou insoutenables, de couleurs et de saveurs qui régalent nos yeux ou nos papilles, donne une autre dimension à notre voyage, un goût d'inoubliable et l'envie d'y revenir encore et encore.

 

 

Vendredi 5 janvier 2024

 

 

CHAMP-SUR-DRAC 6h30, c’est le grand départ. Le compteur affiche 81942 km. Arrêt à LA JONQUERA pour les derniers achats…

 

 

 

Samedi 6 janvier 2024

 

Il est 1h du matin, Nous nous sommes arrêtés sur le parking d’une station service près de MURCIA pour dormir un peu. Il nous reste encore 600 km pour arriver à l’embarquement.

 

16h30 - Arrêt chez Guttierez à ALGÉSIRAS pour acheter nos billets et nous voilà au port, embarquement à 19h.

Ce soir nous dormirons sur le port à TANGER. 

 

 

Dimanche 7 janvier 2024

Nous devions embarquer à 19h, on apprend que le bateau de la compagnie « Baleria » est toujours à Tanger. Il est 20h lorsque, enfin, nous quittons la file d’attente de l’embarquement… la traversée nous parait bien longue…. Et pour cause, nous sommes arrêtés non loin du port de Tanger, car on doit attendre qu’un autre bateau de la même compagnie nous laisse la place sur le quai… 2h du matin, nous roulons enfin sur le sol marocain, heureusement les formalités de douane se déroulent très bien, nous passerons notre première nuit sur le parking de TANGER MED, il est 3h du matin…

 

10h, Gérard dort toujours… nous changerons les euros contre les dirhams et ferons le nécessaire pour avoir internet et se sera le début de notre périple…

KSAR ES SGHIR

Petit port de pêche. On peut voir, au bord de l’oued, les restes d’une forteresse, souvenir de l’occupation portugaise au 15e siècle. 

Ce sera notre premier déjeuner au soleil !!!

Nous avons privilégié l’intérieur des terres pour descendre dans le sud. Arrêt sur la RN1 peu après avoir dépassé KSAR EL KÉBIR. Tajine fumant, livré à domicile… que demande le peuple !!!

 

Lundi 8 janvier 2024

Route jusqu’à KÉNITRA

Arrêt au CAMPING MUNICIPAL La Chenaie de MEDHIA-PLAGE

(12 euros, douche et électricité). GPS : 34.2569 – 6.5668

Balade en fin d'après-midi, sur l’esplanade de la plage.

 

 

Mardi 9 janvier 2024

Face à Robat, sur la rive droite de l’oued Bouregreg, la ville de SALÉ, moins connue que sa voisine, mérite une visite. Pour ses remparts du 13e siècle, sa grande mosquée Al-Aadam (11e siècle), 3ème plus grande du Maroc dont la salle de prière est ouverte aux non-musulmans et qui renferme le mausolée de Sidi Abdallah Ben Hassoun (Saint patron des voyageurs et des pêcheurs) et pour sa belle médersa mérinide, admirablement bien restaurée.

 

« Le temps passe… la vie passe et la mort la remplace »

Mais nous commencerons tout d’abord par rendre visite à nos gentils hôtes de l’an passé qui vont encore nous régaler à l’heure du thé !!!

 

Nuit sur parking de la Marina. GPS 34.0322 – 6.8209.

 

 

Mercredi 10 janvier 2024

 

RABAT

 

Moins turbulente que Casablanca, la capitale administrative ne manque pas d’attraits : Nous débutons notre visite par le jardin andalou… une pure merveille !

 

Puis une halte au café Maure. Nous y retournons rien que pour la vue sur l’oued Bouregreg et SALÉ, qui est à couper le souffle ! Nous prenons un thé à la menthe et nous contemplons…

La kasbah Oudaïa, sans doute le plus bel endroit de Rabat.

Cet ancien camp militaire fortifié almohade, construit au 12e siècle, est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco., Ses ruelles étroites, bordées de maisons chaulées blanches et bleues, distillent une atmosphère hors du temps.

 

Au pied de la plate-forme de l’ancien Sémaphore, la squala (17e siècle), avec son parapet aux 12 embrasures, défendait l’estuaire du Bouregreg.

Nous entrons dans la Médina par la rue des Consuls. Protégée derrière ses remparts almohades et andalous (12 ET 17e siècle), voici l’ancienne ville de Rabat, identique depuis son développement par des réfugiés andalous au 17e siècle !

Déjeuner à SIDI YAHYA ZAËR, sur la NR403.

 

 

Jeudi 11 janvier 2024

 

MARRAKECH, perle du Sud

 

Marrakech est sans aucun doute la plus connue des villes marocaines. Les marchands ambulants, conteurs et charmeurs de serpents d’un autre âge qui se massent sur ses places, valent à Marrakech l’image d’une ville attrape-touristes. Nous allons pourtant essayer de dépasser ces clichés pour goûter au charme de la Ville rouge.

 

Arrivés en début d’après-midi, nous trouvons une place sur le parking de La Koutoubia, où nous resterons la nuit (110 dh). GPS : 31.6238 – 7.9953

La Koutoubia est sans conteste le monument le plus connu de la ville. Cette superbe mosquée almohade érigée en 1158, illustre le raffinement du style hispano-mauresque Un statut d’emblème, qu’elle doit à l’élégance de son minaret ocre-rose de 77 mètres de haut, dont chaque face présente un décor différent. Les boules d’or qui le coiffent auraient été réalisées à partir des bijoux de la femme d’un souverain almohade. A ses pieds se trouve un jardin où il est agréable de flâner.

 On peut voir que la mosquée et le haut du minaret portent les stigmates du tremblement de terre du 8 septembre 2023.

Avant d’arriver sur la place Jemaa El-Fna, nous succombons au plaisir d’une promenade en calèche vers le jardin de la Menara. Passage devant la célèbre Mamounia (qui occupe la troisième place du plus luxueux hôtel au monde).

L’oliveraie s’étendant sur plus de 100 hectares offre aux Marrakchis une oasis de fraîcheur. Au bord du grand bassin, a été édifié au XIXe siècle un pavillon à l’allure toute simple. Malheureusement en ce début d’après-midi, le contre-jour nous prive de son reflet dans le bassin, et la brume nous cache le fond de montagnes enneigées… quelle déception !

Retour sur la place Jemaa el-Fna, où nous retrouvons la famille connue l’an passé à Rabat. Cœur vibrant de la médina, cette fameuse place, ne désemplit jamais. Classée au patrimoine oral de l’Unesco, elle rassemble, tout ce que Marrakech fait de plus folklorique, des camelots aux conteurs en passant par les charmeurs de serpents et les diseuses de bonne aventure, c’est un univers médiéval qui s’offre à nous.

Le minaret de la Koutoubia orné d’arabesques, de motifs floraux et de faïences, révèle toute sa beauté à la tombée de la nuit, lorsqu’il s’illumine.

Et la place Jemaa el-Fna, se transforme en immense scène à ciel ouvert, avec ses danseurs et musiciens, tandis que des restaurants ambulants investissent le centre, proposant grillades, couscous et poissons frits.

 

Vendredi 12 janvier 2024

Retour à l’oliveraie de la Ménara pour prendre des photos. Pas de neige en toile de fond sur l’atlas, c’est plutôt bon signe pour nous car nous devons franchir le Tizi N-Test.

C’est Vendredi, nous sommes invités par nos amis marocains à manger le couscous. Une famille adorable, des enfants très attachants. Et le coussous, tellement bon !!! Merci encore Farima.

5 portes plutôt étroites à franchir pour sortir de la ville, mais j’ai un bon chauffeur… ça passe !!!

 

Monter au Tizi-N-Test, c’est quitter les plaines sèches et surchauffées pour aborder la haute montagne, avec son air vif, ses eaux limpides, une végétation plus dense et plus variée. La route du col du Test escalade le Haut Atlas et fait communiquer le Haouz (au nord) et le Souss (au sud), en utilisant notamment la haute vallée de l’oued Nfiss.

 

Le premier village que vous rencontrons est TAHANAOUT situé à 995 mètres d’altitude. Ce village signale les premières chaînes de montagne de l’Atlas.

Puis la route continue en traversant les gorges de Moulay Brahim et débouche sur ASNI (1150 m), une localité qui porte les stigmates du tremblement de terre du 8 septembre 2023. On aperçoit les premières maisons détruites, et les tentes où sont logés les rescapés. Nous faisons notre première distribution, et je n’ai pu retenir un sanglot… 

 

Nous arrivons sur OUIRGANE, où nous passerons la nuit. Là aussi le séisme a frappé fort. Une petite auberge en bordure de route complétement détruite, dont il ne reste que quelques tagines… Des dizaines de morts dans ce village et des centaines de rescapés en détresse logés également sous des tentes. Ici aussi, nous avons donné des couvertures et vêtements chauds, et on nous a offert le thé pour nous remercier, tout en nous montrant leur quotidien sous les tentes… Il n’y a que les enfants qui gardent le sourire.

 

Samedi 13 janvier 2024

 

Même images de désolation en traversant les villages de TAGADIRT N BOUR, IMGDAL, TOUK EL KHEIR, localités où les tentes servent d’abris provisoires.

On croise encore des camions transportant des petits bungalows.

 

Nous nous arrêtons à IJOUKAK pour donner les vêtements chauds aux femmes qui accourent vers le camping-car, elles m’embrassent les mains, m’invite à prendre le thé, j’en pleure….

À TALAT N’YACOUB, où nous ferons notre dernière distribution, rares les habitations qui ont résisté à la puissance de la secousse. Hormis la station-service Afriquia édifiée manifestement selon les normes, tout est réduit à un tas de ruines… une image de fin de monde.

Nous nous arrêtons pour faire monter une dame qui manifestement allait au village voisin et malgré ce décor apocalyptique, elle garde le sourire tout en invoquant la volonté de Dieu.

À un détour de la route, apparaît la kasbah de TAGOUDAFT, véritable nid d’aigle perché sur un promontoire dominant la route, sur la gauche, de plus de 100 m. Construite vers 1865, cette redoutable forteresse a elle aussi perdue sa noble allure dans ce cadre sauvage.

Nous passons non loin de TINMEL, le village est quasiment à terre. La mosquée datant du 12e siècle a apparemment subi des dégâts considérables, puisqu’elle est soutenue par des échafaudages.

Cap sur IGHIL, épicentre du séisme, toujours par le col de Tizi N’Test, un tronçon routier étroit et criblé de virages dangereux. La route n’est pas assez large pour supporter le passage simultané de deux véhicules roulant en sens inverse. Ce qui impose une extrême prudence à Gérard. Il faut donc que l’un marque un arrêt ou recule pour que l’autre puisse passer. On se rend bien compte qu’en raison des éboulements de rochers, la circulation a dû énormément retarder l’arrivée des aides aux sinistrés. Cette tragédie est quelque peu contrebalancée par l’apparition dans la foulée du séisme de sources d’eau inattendues dans des zones jusque-là arides.

C’est devant l’hôtel-restaurant « La Belle Vue », en haut du col TIZI N’TEST à 2100 mètres d’altitude, que nous nous arrêtons pour la nuit. Un point de vue impressionnant sur la plaine du Souss comme effondrée plus de 2000 m plus bas, et limitée à l’horizon par l’Anti-Atlas.

 

Dimanche 14 janvier 2024

 

Après un magnifique lever du soleil, nous reprenons la route… seuls les 5 premiers kilomètres de la descente sont impressionnants, ils ne permettent pas le croisement, il faut anticiper lorsque l’on aperçoit une voiture monter, je serre les fesses… Ici aussi, la terre a tremblé et en bas du col, on longe un immense campement qui en témoigne.

Arrivés sur la N10, la route est encadrée par le Haut Atlas à droite et l’Anti-Atlas à gauche. Après le village d’OLAF BERHI, s’épanouissent de riches plantations d’orangers et de citronniers bordées d’eucalyptus.

 

Après un arrêt à AÏT YAZZA pour déjeuner, nous nous arrêtons en début d’après-midi au Grand Camping de TAROUDANT. GPS : 30.4975 – 8.8189.

 

Lundi 15 janvier 2024

 

 

Mystérieuse, la ville colorée de TAROUDANT semble sommeiller derrière de lourdes murailles de pisé. Nous ne ferons que passer…

Nous sommes attendus à AGADIR chez Trigano (et oui !!!) pour la réparation de notre porte. Travail rapide et efficace (30 euros, avec 5 personnes pour un démontage complet de la porte).

Passage chez Nathalie, rdv à 16 heures.

Je m’aperçois que j’ai oublié ma montre dans la douche au Grand Camping de Taroudant. On se met d’accord avec un couple belge qui font le même parcours que nous, il la prendront au passage et nous la récupérerons à TIFNIT.

Nous irons dormir au camping d’AOURIR, on doit faire poser un soplair.

 

 

Mardi 16 janvier 2024

 

 

Pas de soleil, journée repos au camping.

 

 

Mercredi 17 janvier 2024

 

INZERKI, ce petit village abrite le plus grand des anciens ruchers collectifs au monde. Appelé également « Taddart Ouguerram » (le rucher du saint), cet endroit, reliant le passé et le présent, a été transmis de génération en génération pour produire le plus exquis des miels du Maroc.

Peu de touristes empruntent le petit chemin menant à cet endroit hors du temps, (je vous rassure tout de suite, nous avions loué une voiture…) et pourtant, on pourrait le qualifier de trésor du patrimoine berbère, rien que par le fait qu’il est le plus grand et le plus vieux rucher collectif au monde.

Cette merveille, qui se dresse sur une colline ensoleillée, compte près de 4000 ruchers cylindriques façonnés avec des matériaux locaux tels que la pierre, la terre et le bois en assemblage à base d’argile.

Si l’on considère que chaque ruche contenait de 40 000 à 50 000 abeilles, on arrive à une population totale de + 160 millions d’insectes qui travaillaient dans cet immense rucher et son voisinage, ce qui devait provoquer un vrombissement à plusieurs kilomètres de distance !

 

Le rucher, perché à près de 1000 m d’altitude, profite des rayons du soleil, d’un climat relativement stable sur toute la bonne saison et d’une flore locale très riche en fleurs, en arbres et en autres plantes médicinales comme le thym et la lavande.
Deux espèces d’abeilles sont élevées dans la région du Souss, la noire et la saharienne, qui se sont croisées, donnant une nouvelle espèce spécifique à la région. L’abeille noire est réputée pour son agressivité, alors que l’abeille saharienne l’est pour sa douceur. La nouvelle espèce combine leurs valeurs.

Au retour, nous déjeunons en bordure de la RN11, puis nous faisons un petit détour au souk El Had d’AGADIR, où nous achetons notre premier kg de fraises (moins de 2.80 euros).

 

Jeudi 18 janvier 2024

Nous retrouvons les camping-caristes belges, qui m’ont ramené ma montre, au camping de la Palmeraie à TIFNIT.

Journée tranquille, partie de rami au bord de la piscine.

 

 

Vendredi 19 janvier 2024

 

 

Avant de partir, nous allons jusqu’à la plage pour nous rendre compte d’une dure réalité, le village de TIFNIT a été complètement rasé… et là, pas par le tremblement de terre, mais par les autorités qui ont décidé de détruire du jour au lendemain, ce magnifique petit village de pêcheurs, paradisiaque et sauvage, où des gens habitaient depuis plusieurs générations, sous prétexte que les 200 logement recensés étaient sur le domaine maritime public et dans une zone protégée faisant partie du parc national de Souss-Massa. Les autorités démentent l’existence d’un quelconque projet immobilier, mais tout le monde en doute…

La première photo est de ce matin...

La seconde date de l'an passé à la même époque...

Retour au camping pour boire un dernier jus d’orange avec nos amis belges, puis nous allons déjeuner dans une ferme d’élevage de canards à AIT AMIRA, tenue par un belge et sa compagne marocaine. C’est vendredi, donc couscous royal au canard bien entendu…

Après ce copieux repas, nous partons pour faire la route des amandiers, la R105 entre BIOUGRA et TAFRAOUTE (malheureusement, comme nous ne sommes pas encore en février, nous n’en verrons que quelques-uns en fleurs…). Cette route est probablement l’une des plus belles du Maroc, c’est 130 km d’une route sinueuse ou l’on va grimper à 1664 m, et ou l’on peut voir de très nombreux villages fortifiés, et la kasbah de TIZOURGANE, patrimoine datant du XIIIe siècle, qui est aujourd’hui une maison d’hôtes.

TAFRAOUTE, arrêt chez Mohamed, qui doit nous réparer l’arrière du CC… et oui, encore…

 

 

Samedi 20 janvier 2024

 

TAFRAOUTE

Remplissage de la bouteille de gaz !!!

 

 

Dimanche 21 janvier 2024

 

 

Route vers TIZNIT.

De plus en plus beau chaque année !!!

 

Un court arrêt au souk pour acheter des épices et se faire enquiquiner par un vendeur d’essuie-glaces et nous repartons vers AGLOU-PLAGE.

 

 

Lundi 22 janvier 2024

Déjeuner en bord de mer.

Enfin on se retrouve !!!

 

 

Mardi 23 janvier 2024

 

L’homme bleu du désert !!!

Ces yeux ne sont pas inconnus ???

Arrêt au camping municipal à SIDI-IFNIGPS : 29.3780 – 10.1790.

 

 

Mercredi 24 janvier 2024

 

De son passé espagnol (la ville et sa région ont été restituées au Maroc en 1969), SIDI-IFNI a conservé quelques bâtiments coloniaux et un centre-ville d’aspect très hispanique. On va prendre le temps de flâner et de faire un frugal déjeuner dans cette ville, toute blanche et bleue, subtilement délabrée, dont émane un charme prenant et vaguement nostalgique. Autour de la place Hassan II (autrefois Plaza de España), ombragée de palmiers et bordée d’immeubles jadis prestigieux, s’élève le quartier colonial dont un magnifique bâtiment semble menacer ruine.

GUELMIN, grosse bourgade construite en désordre au pied d’une vieille kasbah en ruine, est l’une des « portes du désert » qui jalonnent le Sud marocain, ouvrant sur un infini de pierre et de sable. Cette ville séculaire a joué un rôle de plaque tournante et de carrefour pour les principales caravanes commerciales d’Afrique (Niger, Mali, Sénégal, Mauritanie).

Nous y retrouvons Ali, et revenons avec lui à TISSEGNANE. Il nous fera un bon tagine au petits-pois et nous dormirons devant chez lui.

 

 

Jeudi 25 janvier 2024

Nous entrons dans le Grand Sud et le Sahara marocain, route rectiligne, paysage désertiques immensité aride…

Arrêt sur la route pour déjeuner.

Le Grand Sud, c’est TAN-TAN, qui émerge du sable avec une frénésie de construction. A l’entrée de la ville, deux chameaux de pierre encadrent la route en une sorte d’arc de triomphe.

A partir de là, les distances commencent à sérieusement s’allonger, en contrepartie le plaisir de la liberté…

C’est ici que commence le pays du grand désert. Sous un ciel immense s’étendent à perte de vue de véritables mers de sable ou de cailloux. Dans cet infini que nulle végétation ne vient égayer, la solitude n’est pas un vain mot : on parcourt des kilomètres sans rencontrer âme qui vive, si ce n’est de temps en temps un dromadaire plongé dans une méditation dédaigneuse, ou un véhicule chargé que l’on croise tous les 10 km…

ABTEIH

C’est la première fois qu’un contrôle de gendarmerie nous réclame les passeports. Nous dormirons une dizaine de mètres plus loin sur le parking de ce village abandonné ! GPS : 27°54’11’’N – 11°26’54’’W.

 

Vendredi 26 janvier 2024

 

L’extrême sud, un pays qui n’a jamais été réellement soumis, celui des terres interdites, comme SMARA, où les chrétiens ne pouvaient pas entrer ;

 

Indescriptible spectacle que celui de cette ville qui surgit soudain du désert dominant le grand oued asséché. Spectacle d’une ville morte… à moins qu’ils ne soient tous en train de faire la sieste !!!

Monument Michel Vieuchange…
Impossible de parler de Smara sans parler de Michel Vieuchange, il n’avait que 26 ans lorsqu’il forma, à la fin de l’été 1930, le projet fou de se rendre à Smara, ville perdue du Sahara occidental. A pied ou à dos de dromadaire, il atteignit son but, mais au prix de sa vie. Pour ceux que le désert fascine, Smara, son journal de route, est devenu un livre culte. Dans les sables du désert, rien ne prédisposait ce jeune homme bien élevé à venir s’y carboniser en deux mois et demi. Nul Européen n’y avait jamais pénétré : il décida d’être le premier.

En août 1930, Vieuchange appareille pour le Maroc. A Mogador, l’actuelle Essaouira, le caïd haddou, lui procure un guide sûr. Son frère Jean, qui l’a rejoint, assurera les arrières, en cas de blessure ou de capture. Au début de septembre, Michel Vieuchange prend clandestinement la route, dissimulé au sein d’une petite caravane berbère. Déguisé en femme, il ne esse de tenir son journal, sous ses voiles. Très vite, ce qui devait être un raid rondement mené se mue en calvaire. Tapi dans une cache pouilleuse, les pieds blessés, malade, Michel Vieuchange ne contrôle plus le temps et vit dans la hantise d’être trahi. Sa première tentative échouera, mais la deuxième (dissimuler dans un panier à sucre) lui permettra d’arpenter les rues de Smara pendant trois courtes heures. Au retour, il use des dernières forces. Le 30 novembre, Vieuchange meurt d’épuisement à l’hôpital d’Agadir, dans les bras de son frère. Michel Vieuchange, enterré à Agadir, fait désormais partie de l’héritage partagé des Marocains et des Français.

Il nous reste 200 km pour arriver à LAÄYOUNE, nous décidons d’en finir avec le désert, pour retrouver la civilisation.

Mais il est déjà tard, le soleil est en train de se coucher et les gendarmes nous tiennent la conversation au poste de police… nous traversons la ville pour aller nous garer en bordure de mer à FOUM EL-OUEDGPS : 27.1618 – 13.4063

 

 

Samedi 27 janvier 2024

 

LAÂYOUNE

 

Fondée par les Espagnols en 1932, LAÂYOUNE fut à l’origine une grande oasis dur l’oued Sakia al-Hamra, qui traverse le Sahara marocain d’est en ouest. C’est aujourd’hui l’une des capitales provinciales du Sahara occidental et un important centre administratif et minier. Le Front Polisario revendique pour Laâyoune le statut de capitale de la République arabe saharouie démocratique.

Dans la ville même, les rues sont larges et bordées d’habitations de style saharien, de couleur ocre ou jaune et surmontées de coupoles. Nous passons devant, le palais des Congrès, place de l’Allégeance.

Un peu d’histoire :

En 1975, la « Marche verte » consacra la reconquête par le Maroc de ses « provinces du Sud », autrement dit le Sahara occidental, jusque-là sous domination espagnole. 350000 marcheurs, encadrés par l’armée marocaine, reprirent possession pacifiquement de ce territoire. Un accord sur le sort du Sahara occidental fut conclu entre Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Au grand dam de l’Algérie et son allié, le Front Polisario, qui revendiquent l’indépendance du Sahara. Ce fut le début d’un conflit dont le règlement sous l’égide des nations unies n’a pas encore trouvé son terme Pour Hassan II, la Marche verte présenta un double intérêt politique : elle lui permit de rassembler le pays autour d’un consensus patriotique et d’occuper l’armée, moins tentée dès lors de le renverser à nouveau.

J’ai vraiment besoin d’aller chez une coiffeuse, mais je ne trouve que des barbiers… une superbe jeune fille passe devant le camping-car, je lui pose la question. Gentiment, elle e m’accompagne dans les petites rues, frappe à une porte et youpi, c’est une coiffeuse… elle reste avec moi, donne même des conseils à celle qui me coiffe et lorsque j’ai voulu payer, c’était déjà fait, elle avait donné 40 dh à la coiffeuse… et gentiment, elle m’a ramené au CC (avez t’elle peur que je m’égare !!!).

Voilà encore un bel exemple de la gentillesse des Marocains…

C’est sur le sable blanc de LAÄYOUNE-PLAGE que trône désormais le «Que sera sera», un sardinier islandais qui fut abandonné par son équipage. Fin 2007, le capitaine et un marin meurent en pleine mer, intoxiqués par les gaz de fermentation de leur cargaison de poissons. L'équipage abandonne le navire sur la côte... L'histoire dira qu'ils utilisaient les sardines pour blanchir l'argent de la cocaïne...  

Retour à FOUM EL-OUED, et sa longue plage de sable, où nous passerons une seconde nuit, et auront cette fois-ci l’occasion d’assister au coucher de soleil.

 

Dimanche 28 janvier 2024

Au départ de FOUM EL-OUED, nous prenons la RR109 qui longe l’océan. Excellente occasion de découvrir de beaux paysages avec de nombreuses dunes, mais aussi de toucher du doigt le formidable courage des pêcheurs qui vivent là à l’année, d’une façon plus que spartiate.

AMGRIOU, village de pêcheurs ou l’on y pratique aussi un métier étonnant « ramasseurs d’algues » ce sont les femmes qui s’occupent de cette spécialité qui pourrait, nous dit on, alimenter le secteur des cosmétiques !

Arrivée en vue du ferry, l’Assalama, échoué à cet endroit depuis le 30 avril 2008, entré en collision avec un brise-lames par grosse mer. Les 113 passagers ont été sauvés grâce à l’intervention d’une dizaine de pêcheurs, car il n’y avait que deux canots de sauvetage à bord. Il devait normalement être renfloué, mais depuis rien n’a été entrepris et on peu être sûr que désormais c’est là qu’il finira son aventure, résistant désespérément à la rouille et aux embruns.

TARFAYA fut le point de rassemblement et de campement de la Marche verte en 1975.

Ce petit port de pêche (sardines) est aussi, pour les passionnés d’aviation, l’étage du souvenir de l’Aéropostale. Au bord de la plage, un monument de taille réduite la commémore : un avion Breguet décolle en direction de l’Atlantique. Antoine de Saint-Exupéry y fut chef d’escale à partir de 1927.

Arrêt pour la nuit à NAILA, lieu splendide au bord de la lagune de Khnifiss qui surgit comme un mirage ; cernée de falaises et de dunes, celle langue d’eau entaille profondément le désert et forme l’un de plus beaux sites naturels du Grand Sud. GPS :  28.0284 – 12.2399

 

Lundi 29 janvier 2024

Nous levons le camp à regret de NAILA.

Juste après la sortie du village d’AKHFENNIR, une curiosité de la nature « le gouffre du Diable » bien protégé par une grande barrière, cela vaut bien un petit arrêt…

Dernière pompe à carburant détaxé, on va bien sûr en profiter pour faire encore un plein…`

OUED MAFATMA

OUED CHEBIKA, dont l’embouchure cernée de dunes forme une lagune, paradis des oiseaux et des flamants roses,

A l’entrée d’EL OUATIA, une bien curieuse sculpture, appelée localement « les Sardines », c’est pour nous la sortie du Grand Sud, celui d’un autre monde, celui du désert…

Avant de se rendre au camping, nous irons manger notre première pizza… (la pâte est sortie directe du congélateur, donc très dure).

 

En début d'après-midi, on se retrouve au camping Atlantique, nous avons bien besoin de faire une lessive !!! GPS : 28.4941 - 11.3364.

 

 

Mardi 30 janvier 2024

Au départ de TAN-TAN, du sable, encore du sable !!!

Arrivée sur GUELMIM.

Nous nous poserons sur le parking du souk. GPS 28.9811 – 10.0738

 

 

Mercredi 31 janvier 2024

Balade dans GUELMIM avec Ali Kouis.

A 13h, nous mangerons notre premier tagine de poissons.

Ancien hôpital de GUELMIN, (aujourd’hui transformé en école) cette photo est pour ma copine Odile Monsillon, qui est née ici un 24 mai 19… il y a quelques années !!!!!!! Quelques années avant moi bien sûr...

Peut-être derrière l’une de ses fenêtres…

13h, ce sera notre premier tagine de poissons.

 

 

Jeudi 1er février 2024

Route entre BOUIZAKARNE et AMTOUDI.

Accessible à partir d’une petite route goudronnée le village d’AMTOUDI. C’est un grand moment de notre voyage, car en plus d’être dans un cadre exceptionnel, il renferme un des plus beaux greniers du Maroc : Id Aïssa, perché comme un nid d’aigle qui tutoie le ciel…

Arrêt au camping, à l'entrée d'Amtoudi. GPS : 29.2432 – 9.1925

Nous y déjeunerons d’une très bonne omelette berbère, avant de faire une balade dans ce village célèbre pour ses vieux greniers communautaires et fortifiés, et ses superbes gorges…

La grimpette pour visiter l’Agadir Id Aïssa sera pour demain. 150 m de dénivelé, 40 à 60 mn de marche pour l’aller (en fonction du nombre de poses photos). Plus rapide pour le retour, mais les genoux de Gérard vont souffrir… Et oui, il va monter tout seul !!!

Rôle du grenier : le grenier communautaire, qu’on appelle « Agadir » est l’équivalent d’une « banque ». Il est construit en hauteur pour être en sécurité d’une éventuelle attaque. Le grenier est surveillé par un gardien, et chaque famille du village dispose d’une pièce (chambre) pour y conserver ses biens : dattes, blé, safran, biens de valeurs ou papiers de famille... 

 

Vendredi 2 février 2024

Du haut de son piton rocheux, l’agadir d’ID AÏSSA est une merveille d’architecture défensive, édifié avec des pierres, des tuiles et de la terre. La vue à 360° sur les versants sud de l’Anti-Atlas et les prémices des zones sahariennes y est particulièrement époustouflante. Sur les 73 cellules le composant, la plupart étaient attribuées aux familles d’Amtoudi et quelques unes étaient réservées à un groupe tribal d’Ifrane de l’Anti-Atlas. L’attribution d’une cellule est définitive et se transmet de génération en génération ; il était cependant possible de rétrocéder sa cellule à un tiers. Les cellules, ou chambres, de taille identique, sont aménagées en fonction des goûts et des moyens de chacun, elles sont ainsi toutes différentes. Les biens de la communauté étaient entreposés dans un espace prévu au rez-de-chaussée. Une petite place faisait office de souk où le troc de denrées et ustensiles s’effectuait entre les familles. L’agadir étant un lieu de vie, une salle de prières et une cuisine étaient aménagées, il était protégé par trois tours de garde et deux portes défensives en plus de la porte principale. Quand il y avait guerre tribale assortie de razzias, toute la population montait se protéger. On emportait également le bétail pour l’abriter des convoitises ennemies.

Ce n’est pas l’appel à la prière qui a fait que Gérard ne s’est pas perdu sur le chemin du retour, lui qui n’a aucun sens de l’orientation… mais l’appel au couscous du vendredi qui l’attendait au restaurant du camping !!!

 

 

Samedi 3 février 2024

La randonnée jusqu’aux sources est une des plus belles promenades qu’on est faite au Maroc, remarquable par ses gorges majestueuses, un véritable jardin d’Eden… On va suivre le lit de l’oued Boulgour sur un sentier à l’ombre des palmiers et des dattiers.

Un petit filou ce jeune guide, il nous a fait signe lorsque nous arrivions dans le village, et lorsque je lui ai ouvert la porte, il nous a dit aller chez son grand-père et s’est assis d’office à ma place (là, j’ai pensé à Hélène…). En fait, il nous a emmener au restaurant de son père et c’est un peu imposer comme guide. Mais bon il était tellement mignon avec ses quelques mots de français !!!

On ne visitera pas l’Agadir d’Aït Aguelouy (XIIe siècle), qui servait encore de refuge dans les années 1950. Mais vu d’en bas, il est spectaculaire, perché sur son piton rocheux…

Lorsque le chemin commence à monter dans les cailloux, je vais laisser Gérard continuer seul avec le jeune guide jusqu’aux « gueltas », retenues d’eau coincées dans la roche.

Au retour, nous déjeunerons au restaurant du père de notre guide et je pense que nous resterons là pour la nuit, le site est trop beau…

Nous lui demanderons de nous préparer une soupe « harira » pour le soir.

 

Retour au camping pour la nuit.

 

 

Dimanche 4 février 2024

 

Au départ d'AMTOUDI.

Nichée au pied du Jbel Beni, l’oasis d’ICHT, est un écrin de verdure, et abrite une curiosité architecturale : un village souterrain !

Sa kasbah est unique dans son genre, puisqu’elle s’enfuit des mètres sous terre. Depuis de petites portes, on accède à un labyrinthe de ruelles souterraines qui desservent les différentes maisons. Chaque maison est traversée par un large puits de lumière qui éclaire et ventile les pièces creusées dans la terre. Une prouesse qui vient répondre à un besoin vital : fuir la chaleur. Rappelons-le, nous sommes aux portes du Sahara et dos à l’Anti-Atlas, et les températures peuvent grimper jusqu’à 50° en été.

Arrêt à AÏT-OUABELLI pour déjeuner d’une omelette au café-restaurant-market « Les Immigrés ».

Nous voici dans la magnifique oasis d’AKKA. Ancienne escale stratégique des caravanes transsahariennes, la région renferme bien des vestiges qui nous feront voyager très loin dans le passé…

Nous allons prendre un taxi pour passer devant le Ksar Agadir Ouzrou, datant du 14e siècle. Ce joyau architectural est construit sur un piton rocheux surplombant la palmeraie et son oued. La citadelle est enveloppée d’une muraille haute d’une dizaine de mètres, et quelques bâtiments sont toujours habités.

Plus loin, on peut admirer un magnifique minaret, dernier vestige de la mosquée qui trônait jadis au milieu de la Kasbah Abdellah Ben Mbark. Haut de 9m, l’édifice est entièrement construit en briques de terre cuite, et ses façades sont ornées par des motifs en losanges. L’intérieur, que l’on ne pourra voir, est tellement grand qu’il peut permettre soi-disant au Muezzin d’en atteindre le sommet à dos de cheval !

Au retour, le chauffeur de taxi nous arrêtera un moment auprès des lavandières d’OUZROU.

 

Soirée et nuit sur la grande place au cœur d’AKKA. GPS : 29.3922 – 8.2549

 

 

 

 

 On continue…

 

des portes du désert à la Méditerranée.