MAROC

Le temps du grand retour

 

 

Janvier/Mars 2023

  

 

 

Lorsque j’ai abordé ce pays pour la première fois, j’avoue avoir ressenti un peu d’angoisse. Puis ce merveilleux pays m’a enveloppé de ses bras, la gentillesse et l’accueil de ses habitants ont envahi mon cœur et la beauté des paysages a comblé mes yeux. J’ai alors eu envie de faire connaître ce pays à Gérard, ce sera notre second voyage ensemble...

 

 

 

Mardi 27 décembre 2022

 

Les mesures sanitaires qui empêchaient tous les déplacements vers le Royaume chérifien depuis plus de deux ans ont enfin été levées. Il est donc temps de partir en direction d’Algésiras afin d’acheter un billet open pour aller chercher la chaleur et le soleil.

Le compteur affiche 68029 km (Eh oui, pas mal roulé notre bosse depuis le 14 octobre 2017, date à laquelle nous avons pris possession de notre carrosse roulant).

Nous devons rejoindre Renée et Christian Marseille, qui vont faire le voyage au Maroc avec nous, dans une ferme près de MÈZE, route du Mourre Blanc. GPS 43.4053 – 3.5813, afin d’y passer notre première nuit.

Nous sommes accueillis dans une ferme conchylicole, chez des producteurs, Karine & Yvan Caussel. Après une promenade au moment du coucher de soleil, le long de l’étang de Thau et du parc à huitres, devant une vue panoramique sur Sète et son mont Saint-Clair, nous dégusterons des huitres exceptionnelles accompagnées bien sûr d’un excellent Picpoul.

 

Mercredi 28 décembre 2022

 

 

Un court arrêt à LA JONQUERA afin de déjeuner et de faire le plein de carburant. Il nous reste encore 1265 km avant d’apercevoir le rocher de Gibraltar. Nous allons donc avaler les km, et la gratuité (depuis peu) de l’autoroute qui traverse la péninsule ibérique, nous fait un peu oublier la forte hausse du prix du gazoil.

Nous nous arrêterons à la tombée du jour, à côté du port de SAGUNTO, GPS 39.6590 – O.2124.

Nous nous arrêterons qu’à la tombée du jour, à côté du port de SAGUNTO, non loin de Valencia, GPS 39.6590 – O.2124.

PIN-UP sera de service pour surveiller le CC.

 

 

Jeudi 29 décembre 2022

 

7h-10, il fait encore nuit lorsque nous quittons le parking, direction ALGESIRAS.

Après avoir parcouru les 800 km restants, nous nous garons au plus près de l’agence de voyage Gutierrez pour prendre nos billet, GPS : N 36°10'45 W 5°26'28. Le départ est fixé à 20 heures, nous dinerons donc sur le port.

Ce sera un vrai souk au départ, comme à l’arrivée, avec scanner du CC, vérification des papiers, chien reniflard…. Il est enfin 1 heure du matin lorsque nous nous garons à la sortie du port pour dormir.

 

Vendredi 30 décembre 2022

TANGER MED

Nouvelle porte de l’Afrique des containers et du transport de voyageurs, formidable réalisation qui témoigne de l’entrée dans le monde moderne de ce pays.

Nous rajoutons 1 heure à nos montres, et après avoir fait le change et l’achat d’une puce téléphone et internet, nous prenons la N16. Ce long ruban chevauchant les monts du bord de mer avec des points de vue qui se succèdent à chaque virage et ils sont nombreux.

Après CEUTA, nous logeons le bord de mer, magnifiquement aménagé et très très propre, avec pour toile de fond le CABO NÉGRO.

Déjeuner sur le pouce au Burger King (un véritable premier déjeuner marocain... lol).

Surnommée « la fille de Grenade » TÉTOUAN, accroche ses maisons blanches dans un décor de montagnes face à la mer.

Nous prenons un taxi qui nous mènera devant les remparts crénelés, de la Médina, peut-être moins connue que celles des cités impériales mais classée au Patrimoine de l’Unesco. Devant l’une des 7 portes, Bab El Okla, nous trouvons un guide, non officiel, mais qui avec patience restera l’après-midi avec nous pour 5 euros. Tout d’abord, visite du musée ethnographique, pour une plongée dans la vie tétouanaise du 15e au 19e siècle, puis passage par le quartier juif et la place Hassan II au fond de laquelle se trouve le palais royal, et on se retrouve bien vite au Mellah (quartier Kouds). 6 km de marche, pas mal pour une première visite…

Nous irons nous garer pour la nuit sur le parking des taxis, GPS 35.5619 – 5.3741, où nous prendrons l’apéritif bleuté (au goût melon) offert par l’agence de voyage.

 

 

Samedi 31 décembre 2022

Mauvaise surprise au matin, la pompe est en panne… plus d’eau !!!

Enfin, c’est ce que j’ai dit à Renée, ainsi elle fait ma vaisselle… Je plaisante bien sûr, pas du tout marrant, la veille du jour de l’an. On va-t-on trouvé un dépanneur ???

Ils sont partis sans moi visiter CHEFCHAOUÈN, ô combien séduisante petite cité du Rif (que je connais déjà et qui n’est pas très accessible pour mon genou malade…).

Située à 600 m d’altitude, ce village de montagne intrigue par sa couleur bleue délavée qui recouvre entièrement les murs des habitations. Pourquoi cette couleur bleue ? Le bleu reflète les rayons du soleil gardant ainsi les habitations au frais. Le sulfate de cuivre mélangé à la chaux donne cette couleur indigo qui permet également de tenir éloignés les insectes. Astucieux !

Bivouac pour le soir du réveillon : camping municipal situé en haut de la colline, au-dessus u village.

 

Dimanche 1er janvier 2023

 

Au départ de CHEFCHAOUEN.

C’est par une petite route que nous rejoindrons ISSAGUEN. Route étroite qui se tortille à flanc de montagne, nous laissant de vues plongeantes sur ces vallées encaissées aux cultures en terrasse plantées d’amandiers, et pas que… Nous grimpons à 1600 m avec un petit 15° (comme il fait froid !!!), nous apercevons même les plus hautes cimes du Rif légèrement enneigées,

KÉTAMA puisque c’est ainsi qu’il faut nommer ISSAGUEN ville peu agréable, ou l’on fera un rapide passage. Ici, des cultivateurs (initiés par les hippies des années 1960 et 1970 qui avaient découvert le Maroc et le chanvre vendu au souk entre les bottes de menthe et de persil) transforme de la résine de cannabis en haschisch.

Nous ferons un second réveillon au camping Diamant Vert de FÈS.

GPS 33.9879 - 5?0192.

 

 

Lundi 2 janvier 2023

Ce matin, Ali chamant responsable de la clientèle du camping «Le Diamant Vert» de FÈS nous a trouvé un garage pour la réparation, et quel garage ! Au départ nous étions vraiment septiques, car c’était un atelier carrosserie mécanique. En deux heure, le problème était réglé… ils ont trouvé un fusible qui avait grillé à cause de la pompe à eau entartrée et rouillée… qu’ils ont complètement nettoyée et remontée, avec un nettoyage complet du réservoir d’eau.

Eureka, l’eau coulait à nouveau…. Et tout cela pour 400 dirhams, un peu moins de 40 euros (En France, on nous aurait tout simplement changé la pompe pour une facture de 200 euros…). C’est pourquoi je recommande vivement les Ets Tahiri MOQANO, 26 rue Med El Kaghat, à FÈS, tél 0535650783.

Ali revient avec nous au camping afin que l’on dépose le CC, puis nous conduit en voiture dans un des meilleurs restaurant de tajine de FÈS (poulet aux oignons, coings, abricots, pruneaux et noix), un véritable délice. On continuera par la visite de la ville (pour moi, la plus belle ville impériale du Maroc) avec son chauffeur.

Passage devant le Palais royal qui affiche une magnifique façade parée de mosaïques, de stucs et de 7 portes en bronze doré.

Et comme les grilles du luxuriant jardin Juan Sbi étaient fermées, Mohamed nous emmènera sur la colline la plus élevée de la ville où se situe les tombeaux Mérinides qui ne sont plus que des ruines aujourd’hui, mais le panorama sur la Médina, que nous visiterons demain, est époustouflant.

Nous terminerons l’après-midi par la visite d’un magasin de poteries.

 

Mardi 3 janvier 2023

 

Aujourd’hui, plongeons dans mille ans d’histoire. Fondée au VIIIe siècle et toujours considérée comme la capitale spirituelle du pays, Fès El Bali est avant tout réputé pour sa médina fortifiée classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Restée intacte depuis presque 1400 ans. La légende dit qu’elle a presque 10 000 rues et pratiquement 20 portes, qu’elle est la plus grande médina du monde, que c’est un véritable joyau, dont il ne faut pas manquer d’admirer la splendeur…

Dans le quartier de Bab Jou-Jeloud, accessible par la superbe porte du même nom recouverte de faïences bleues et vertes, accompagnés par un guide officiel nous allons flâner dans les ruelles médiévales, passer devant la medersa Bou Inania université religieuse érigée sous la dynastie des Mérinides en 1350.

La médina est inépuisable : souks, fontaines ouvragées, caravansérails occupés par des ateliers d’artisans… et bien sûr la fameuse tannerie Chouara, un magnifique endroit à voir… mais en apnée !

C’est ici, à ciel ouvert, que les peaux sont travaillées et colorées, selon un savoir-faire millénaire, et si la visite est intéressante, elle peut vite devenir désagréable à cause des fortes odeurs. On va donc boucher nos narines avec des feuilles de menthe fraîche.

Mohamed, le chauffeur du camping, nous ramènera au camping après le déjeuner, soupe Harira en entrée, couscous pour les messieurs et kefta aux œufs pour les dames…

Nous prendrons la route en direction de Meknès. Mon GPS voudra bien sûr faire gagner 10 km et nous passerons par la montagne sur une route bien cabossée… traverserons un village paumé, où l’on nous regardera avec des mines étonnées de voir passer ces deux camions… et tout cela avec la voix du GPS de Gérard qui demandera à plusieurs reprises de faire demi-tour, je vais insister et je vais réussir (avec quelques frayeurs, notamment avec la perte d’internet sur mon téléphone…). Bon, ok, nous n’aurons pas gagner en temps, mais qu’importe, l’essentiel n’est t’il pas d’arriver à bon port…

 

Nous traverserons MOULAY IDRISS et ce soir, nous dormirons dans une ferme, proche du site de VOLUBILIS, au milieu des oliviers, mais avec les aboiements de chiens errants en fond sonore…

 

 

Mercredi 4 janvier 2023

Masquée par un repli de terrain, la ville romaine de VOLUBILIS surgit au dernier moment devant nous.

Situé sur les contreforts du jebel Zerhoun, entre champs de blé et oliveraies, le plus vaste site archéologique romain du Maroc (42 hectares) expose les vestiges d’une ville fondée au IIIe siècle avant J.-C. par les carthaginois. La cité, qui fut l’une des capitales du roi de Maurétanie Juba II, devint romaine en 40 av. JC. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le site conserve un forum, un arc de triomphe qui enjambe la rue principale, des villas pavées de mosaïques, la maison du cortège de Vénus avec la célèbre mosaïque du bain des Nymphes, une basilique, des huileries…

Arrêt à BOUFAKRANE, pour le ravitaillement en viande. Les nombreuses boucheries sur le bord de la route proposent une viande de qualité. Les troupeaux de vaches étant nombreux dans la région et surtout bien nourris, la viande proposée à des prix marocains, est de très bonne qualité malgré l’aspect des étals (exposition hors frigo).

Ravitaillement également en fraises, 5 euros le plateau de 2 kg, vraiment rien à dire !

 

Nous camperons pour la nuit sur une station servie ZIZ. GPS 33.5572 – 5.3355.

 

 

Jeudi 5 janvier 2023

Une halte s’impose devant le « Paysage d’ITO ». Situé au cœur des Alt-M’Guild, pays de culture et de traditions amazigh, ce paysage vallonné et entouré de sommets parsemés de cèdres et de chênes, offre une vue majestueuse surplombant la vallée de Tigrigra.

GPS 33°32.45’N – 5°19.18’W.

 

« Ito Laârbi » fut une femme de pouvoir et de prestige, très respectée au sein de sa tribu. En vrai chef guerrier, elle mena d’âpres batailles contre des tribus voisines à la fin du 19e siècle, et contre les colons français au début du protectorat. Le territoire, sous son influence prit ainsi son nom et par la suite, les français donnèrent à ce balcon panoramique le nom de « Paysage d’Ito »

Arrêt au camping Amazigh d’AZROU, au milieu des cerisiers, où nous nous étions déjà arrêtés il y a 3 ans.

Nous profiterons de la matinée pour faire la lessive et après le déjeuner, nous partons avec un seul CC pour faire le circuit de la forêt de cèdres (68 km).

a route s’élève rapidement jusqu’à la forêt, o$ l’on rencontre de très beaux spécimens dont le squelette du « cèdre Gouraud », le cèdre emblématique de la forêt, mort en 2003 (42 m de haut et 900 ans d’âge pour une circonférence à la base de 7m45). Les singes Magot sont ici, en liberté.

A la sortie d’IFRANE (ville au style très alpin), nous traversons un plateau aride avant d'amorcer la montée vers le Tizi-n-Tretten, col à 1934 m, et à gauche, nous apercevons les grands sommets du Moyen Atlas.

Puis c’est le retour par MISCHLIFFEN (station de ski), et longeons un vallon couvert de prairies très fréquentées par les troupeaux.

Ce soir nous mangeons une truite aux morilles préparée par la patronne du camping. Une très bonne assiette.

 

 

Vendredi 6 janvier 2023

Nous empruntons une petite route dans la montagne pour arriver sur le plateau volcanique, ou l’on retrouve avec plaisir Mireille et son fils. Le petit Yacine a bien grandi, il est devenu un jeune homme adorable….

Le soir, apéritif dinatoire chez les Marseille, ou nous avons bu une bouteille de whisky miel à trois. Super soirée pour Mireille et nous-même.

 

 

Samedi 7 janvier 2023

Nous avons de la peine de laisser Mireille toute seule, assise sur son rocher…

Passage par AIN LEUH, petite bourgade de montagne encore très méconnue. petite histoire… et la légende

La petite histoire… et la légende

On dit, dans la région, que les filles d’Aïn Leuh sont tellement belles que personne ne peut y résister. Nous voilà rassurées, ces messieurs sont restés sagement au volant de leur CC ! Mais il y a peut-être un relent de vérité : pendant très longtemps, Aïn Leuh fut très connue dans la région à cause de … ses maisons closes.

Bien sûr encore une fois, nous nous trompons de direction, et passons par la route touristique des cèdres, si on peut appeler cela une route touristique !!! Mais pas de regret, un beau plateau, des groupements de nomades, des cèdres bien sûr… et après 41 km et 2h30 de route, nous voilà revenus sur la N13.

Le bivouac du soir se fera au bord d’un lac d’AGUELMAME SIDI ALI (altitude 2086 m), à coté de l’hôtel Xaluca Spa, ouvert depuis seulement 6 mois et que nous avons la chance de pouvoir visiter. 

 

Dimanche 8 janvier 2023

MIDELT étant la capitale de la pomme, nous ne quittons pas la région sans faire notre ravitaillement… Mais où sont les pommiers !!!

Puis ce sera le début de l’escalade des premiers contreforts du Haut-Atlas par le jebel AYACHI, et le passage au col de la Chamelle à 2060 m.

Nous laissons à droite, RICH, ancien poste militaire construit en 1916, devenu centre administratif du Haut Ziz, est dominé par le jebel Bou Hamid. La ville fut tristement célèbre pour avoir abrité la prison secrète de Tazmamart, longtemps considéré comme la « pire prison du monde » !

Passage sous le tunnel de FOUM ZABEL, que les marocains appellent le tunnel du Légionnaire, à 2080 m, creusé dans la roche à la main par les sapeurs de la Légion étrangère de juillet 1927 à 1928.

Et nous voici dans les magnifiques gorges du ZIZ (les habitants : les zizis). Le ruban d’eau de l’oued serpente à l’abri des parois abruptes du canyon. Partout où il passe, les paysages arides et minéraux se changent en oasis fertiles et en cultures maraîchères à l’ombre des palmiers.

Pour finir la journée, nous allons bivouaquer près du grand barrage Hassan Addakhil, immense lac dont une énorme digue de terre rouge en retient l’eau, (360 millions de m3 permettant d’irriguer plus de 15000 ha).

 

Lundi 9 janvier 2023

Centre administratif de la province, ERRACHIDIA constitue une étape commode pour faire les courses, mais sans grand charme.

Nous continuons notre route par la vallée du ZIZ. Des montagnes brunes de l’Atlas jusqu’au sable ocre-rouge du Sahara où il finit sa course, l’oued Ziz modèle les paysages qu’il traverse.

Sur une bande fertile d’une vingtaine de kilomètres se succèdent les oasis qui forment ensemble le Tafilalet, l’une des plus grandes palmeraies du pays.

Arrêt pour déjeuner à MADKAH MESKI. Et pendant que nous nous promenons dans la palmeraie de la Source Bleue (malheureusement sans eau), avec le charmant Abdel qui tient une jolie boutique de souvenirs dans le camping du même nom, la belle-sœur de Zaid (Auberge du vieux Ksar) nous cuisine un repas kabda, omelette au poulet et fromage frais accompagné de dattes. Zaid, nous fera l’honneur de nous chanter « Aicha » au son d’un djembé avant de nous conter l’histoire de la kasba qui se trouve en face de sa terrasse

Dévoué, Zaid nous accompagnera jusqu’au camping Karla d’ERFOUD et s’occupera de nous trouver un 4X4 afin que l’on puisse ce soir assister au coucher du soleil dans les dunes de MERZOUGA.

Une journée magnifique… qui se termine en apothéose.

 

Mardi 10 janvier 2023

L’accueil des marocains étant légendaire, on nous offre le thé avant de partir du camping.

La route R702, entre ERFOUD et TINEJDAD, avec un arrêt pour déjeuner : salade marocaine, omelette, saucisse, pain et bouteille d’eau, - de 2 euros par personne.

Nous nous arrêterons au dessus de la palmeraie de TINERHIR (1390 m) qui s’étend jusqu’aux contreforts de l’Atlas, l’une des plus belles du Maroc, en tous les cas l’une des plus riches. La région disposait d’importantes mines d’argent : c’est là que fut crée le dirham par la dynastie idrisside.

Mes trois compères sont descendus vers les vergers et les jardins cultivés à l’ombre des dattiers, à l’heure où les murs ocres de la vieille kasbah prennent le plus de relief et d’éclat.

Nuit sur ce parking en bout d’une impasse. GPS : 31.5535 – 5.5816.

 

 

Mercredi 11 janvier 2023

Le ciel au lever du jour

SUR LA ROUTE DES MILLE KASBAHS

Dans cette vallée très touristique, surnommée la vallée des mille kasbah (c’est exagéré mais elle en compte néanmoins beaucoup, splendides et étranges à la fois), entre TINERHIR et OUARZAZATE on découvre aussi de superbes hameaux berbères, oasis surprenantes et, cerise sur le gâteau, les superbes gorges du Toghra (Todra) et du Dadès.

Après TINERHIR, la route pénètre dans les gorges du TODGHA, et la vallée se resserre jusqu’à n’être plus qu’un défilé extrêmement étroit. L’oued a dû, pour s’échapper de la montagne et arriver jusqu’aux plateaux, se frayer un passage à travers des massifs calcaires, dessinant des gorges d’une exceptionnelle beauté, qui semblent avoir été coupées à coups de serpe dans la masse calcaire rouge du haut Atlas (300 m de hauteur), et qui sont parmi les plus belles du Maroc.

L’on traverse un plateau désertique, où des troupeaux de moutons errent à la recherche d’une maigre nourriture, avant d’arriver à BOUMALNE DU DADÈSConstruit à flanc de colline, cet important centre administratif au pied du Haut Atlas est le point de convergence de toutes les populations montagnardes de la région. La plupart des habitants de Boumalne, comme ceux de la vallée du Dadès, sont des berbères chleuhs (origine de Marine, selon les marocains), dont la langue maternelle est le tachelhit.

 

Nous laissons un CC proche du souk aux tapis qui rassemble tous les mercredis les artisans venus des villages voisins et partons pour la route des gorges du DADÈS. Majestueuses gorges au milieu d’un chapelet de ksours, où les paysages alternent entre plaines verdoyantes plantées de vergers, et terrains montagneux rougeoyant sous les rayons du soleil.

Autre curiosité géologique au pied des gorges, d’étonnants pitons rocheux dressés vers le ciel, surnommés « les doigts des singes ».

La légende… Selon une légende locale, lors d’un grand mariage, la foule s’était rassemblée de chaque côté de la route afin de voir et applaudir la jeune mariée qui se rendait vers la maison de son futur époux (une coutume encore existante de nos jours) La foule en délire, riant et applaudissant, se mit alors à jeter de la nourriture pour célébrer l’événement, un geste que réprouve fortement Allah, et que l’on considère comme sacrilège. Ne pouvant l’admettre Allah punit immédiatement les participants en les transformant en pierre pour l’éternité.

En fin d’après-midi, nous trouvons un lieu au bord de la rivière, face à la kasbah de KALAAT M’GOUNA, tout au début de la vallée des roses.

 

 

Jeudi 12 janvier 2023

Au départ de KELÄAT M GOUNA, par une route bien cabossée, nous longeons La Vallée des Roses, et traversons une succession de petits villages berbères, TABARKHACHTE, AGOULZI, TIGHARMATINE. BOUTAGHAR, ou l’on peut apercevoir d’étranges montagnes aux reliefs ondulés, mais pas de roses puisqu’elles ne fleurissent qu’en avril et mai. En effet, le climat contrasté et sec convient à la fleur importée de Syrie, sans doute au temps des Omeyades.

Entourée de montagnes, à 1160 mètres d’altitude, OUARZAZATE est née d’un poste avancé créé par la Légion Étrangère en 1928. Et, pendant que Renée et Christian partent visiter la kasbah du Glaoui (le père de Medhi, Belle et Sébastien), Gérard fait sa sieste.

Le jus d’orange pressé, on ne s’en lasse pas, tellement bon

Un rapide tour dans le souk, puis nous cherchons un spot pour la nuit, on se retrouve coincé dans la médina… il faut faire marche arrière… pas simple !!!

Le temps se gâte rapidement, le vent se lève et tout vole…. Il est temps de trouver la route du camping municipal.

 

Vendredi 13 janvier 2023

 

 

Ouarzazate, oasis mythique idéalement située à 1160 m d’altitude entre désert et montagne, est dotée d’un climat d’une pureté exceptionnelle tout au long de l’année. Sauf que cette nuit nous avons essuyé la première pluie depuis notre arrivée.

Dés notre départ sur la route du safran, nous pouvons apercevoir un magnifique panorama sur les cimes enneigées de l’Atlas. Un peu plus loin, ce sera notre premier arbre en fleurs.

Après TILIOUINE, nous empruntons la RR106, petite route de montagne dont 40 km environ en très mauvais état. Une quinzaine de franchissements de l’oued ont été détruits par les crues et nous devons les contourner par des pistes de terre. La gentillesse des marocains est de nouveau d’actualité, 2 gros camions se garent sur le côté pour nous laisser passer.

Nous arrivons tout de même à IRHREM pour trouver un emplacement pour la nuit, devant la gendarmerie royale.

 

 

Samedi 14 janvier 2023

Encore une fois, Gérard prend la mauvaise direction, et malgré mes injonctions à faire demi-tour, il s’obstine…. Résultat 26 km supplémentaire par une route tortueuse de montagne et surtout bien cabossée… le seul bémol, avoir roulé pendant 2/3 km au milieu d’un troupeau de dromadaires…

Il est midi lorsque nous arrivons à TAFRAOUTE, au garage de Momo… espérant qu’il va pouvoir faire quelque chose pour notre pompe !

Eh ben non, encore pas d’eau aujourd’hui… On verra le problème à TIZNIT.

On ira passer la soirée et la nuit au milieu de la palmeraie.

 

Dimanche 15 janvier 2023

A midi, invitation des Marseille, pour un plat bien français : un cassoulet

En début d’après-midi, nous les avons laissé à Trafraoute dans la belle palmeraie, pour rejoindre TIZNIT. Deux choses importantes à faire ici dès lundi matin, voir le réparateur qui doit changer notre pompe et le tapissier qui doit en 4 jours, recouvrir nos sièges de simili.

Nous sommes passés par le col de KERDOUS (1100 m), une des plus belles route du Maroc.

 

Dur, dur, pour trouver une place de camping à TIZNIT. Les retraités viennent ici pour toutes sortes de soins… dentaires, yeux…. et bien sûr réparations sur les CC… et ils restent quelquefois plus de 3 mois.

 

 

Lundi 16 janvier 2023

 

 

Arrivés à TIZNIT, nous allons tout de suite changer la pompe… et comme nous sommes chanceux, le magasin du tapissier est juste à côté… il nous prend donc les coussins et viendra demain chercher les sièges de devant.

Nous déjeunerons sur place d’une bonne pizza (un peu plus chères qu’à Lagnieu, puisque chez Fred, je ne les paye pas… lol).

 

Mardi 17 janvier 2023

 

 

Après le passage chez le tapissier (chez Brahim, derrière la clinique, tél. 00 212 6 50 36 13 09) qui a déjà terminé tous les coussins, balade dans la médina entourée de ses remparts, 7 km de long, 8 m de haut, 56 tours et 5 portes historiques, le tout en pisé couleur ocre, érigés en 1882 par le sultan Moulay Hassan 1er.

 

 

 

 

 

 

 

Amatrice de bijoux en argent, je suis servie… je n’ai que le choix avec les quelques cent joailleries et ateliers spécialisés de cette cité berbère, considérée comme la capitale des bijoux en argent. Je trouve mon bonheur dans le souk des bijoutiers, au sud de la place Méchouar, centre névralgique de la médina.

 

Mercredi 18 janvier 2023

Nos sièges ne seront prêts que demain, alors nous allons de nouveau promener dans la médina en direction de la Source Bleue, également nommée « source de Lalla Zninia », qui figure parmi les curiosités recensées de la ville. Située au pied des remparts, sur une petite place, elle n’a de bleu que son nom. Son intérêt réside davantage dans la légende qui est à l’origine de son nom : il y a fort longtemps, une certaine Lalla Zninia (prostituée, dit-on) serait venue à cet endroit même pour implorer Allah de lui pardonner ses fautes. Il lui aurait alors signifié son pardon en faisant jaillir cette source. La défunte repose aujourd’hui à l’intérieur de la Grande Mosquée de Tiznit.

Déjeuner dans un riad "Le Lieu" dans la médina, tagine pour les dames, pastilla pour ses messieurs…

Ce soir ce sera Harira (soupe marocaine), extrêmement chaude, livrée directement au camping-car, notre seul travail est de fournir les bols… (1 euro le bol), alors pourquoi s’en priver !!!

 

 

Jeudi 19 janvier 2023

 

Les sièges sont terminés (380 euros seulement), contents du travail…  

Il est déjà tard lorsque nous quittons Tiznit, nous irons passer la nuit à AGLOU, chez un particulier qui loue son terrain pour 35 dh (3.50 euros).

 

 

Vendredi 20 janvier 2023

Face à la mer, les habitations troglodytiques du village de pêcheurs d’AGLOU et des récifs à fleur d’eau, qui ne permettent certainement pas de se baigner sans danger…

Puis nous prenons la route en bordure des dernières pentes arides de l’Anti-Atlas pour arriver à GUELMIM, grosse bourgade aux portes du désert, qui était voici peu encore un grand carrefour des caravanes venant de Mauritanie, du Niger ou du Mali.

Nous sommes venus voir le marché hebdomadaire aux chameaux qui se tient dans un très vaste enclos tous les samedis du lever du soleil jusqu’à 14 h. Pour être sur place, il est recommandé d’arriver tôt le matin, ou, mieux, la veille au soir, ce que nous avons fait…

Nous sommes donc en place pour assister au déchargement des bottes de foin… au pauvre chameau que l’on monte sur une camionnette pour l’abattoir… et au couple qui se cache derrière les voitures pour assouvir leur passion…

 

Samedi 21 janvier 2023

Le jour se lève sur un grouillement d’hommes et de bêtes arrivés là au cours de la nuit.

La ville fut de tout temps le lieu de rassemblement des caravanes qui rapportaient les richesses de l’Afrique noire. Aujourd’hui, l’effervescence commerciale n’est plus qu’un souvenir, mais même si les temps ont changé, c’est toujours le rendez-vous des nomades du désert. Nous y sommes tôt ce matin, pour profiter pleinement du spectacle des transactions dans le parc réservé aux animaux, où se déroulent les ventes dans un ballet de djellabas et de cheches au milieu des moutons et des chèvres, des vaches et bien sûr des dromadaires qui foulent le sable de leur pas mou, tandis qu’à l’écart se tiennent d’interminables palabres où se joue leur sort. Les chamelons achetés ici seront revendus, une fois parvenus à l’âge adulte, aux Chleuhs ou aux sédentaires du Nord, pour un destin oscillant entre la boucherie et la charrue.

Intéressé Gérard ? Pense à examiner les dents de ta future acquisition, vérification indispensable pour déterminer l’âge de la bête !

 

De retour au CC, nous attendons Ali (un marocain connu à Briançon), qui doit nous rendre visite.

Déjeuner (tagine de dromadaire) au village de TARMGUIST chez Hassan et Zohra, déjà rencontrés il y a 2 ans, puis promenade de digestion dans la palmeraie de AÏT BEKKOU.

Après un court arrêt au magasin Marjane, Ali nous proposera de manger ce soir une soupe Harira, préparée par sa cousine, chez lui à TISSEGNANE, Nous passerons la nuit devant chez lui.

 

 

Dimanche 22 janvier 2023

Nous quittons Ali après la sacro-sainte cérémonie du thé, direction la Plage Blanche (le bout du monde…) Une bande de sable qui s’étire sur 40 km au bord de l’Atlantique et qui constituait autrefois un repère immanquable pour les pionniers de l’Aéropostale. Pour y accéder, il nous faut traverser un désert de rocailles.

Le bivouac pour la nuit se fera face à l’océan.

 

 

Lundi 23 janvier 2023

 

 

On remonte en longeant l'océan…