Le nom de la route Jacques Cœur rend hommage à un grand voyageur. Il est vrai que le personnage, homme d’affaires et banquier, grand argentier du roi Charles VII ayant favorisé les échanges avec l’Italie et l’Orient mais personnage sulfureux, méritait bien un circuit historique et touristique à la croisée du Moyen-Âge et de la Renaissance, dans la beauté des pays berrichons, entre le Cher et le Loiret, et permet de découvrir une région centrale : L’ATTACHANT BERRY !

 

Première « Route historique » créée en France, en 1964, elle traverse le département du Cher du nord au sud, sur 180 km, menant sur les traces du grand argentier, le bien nommé Jacques Cœur. Personnage charnière entre le Moyen Age et la Renaissance, victime comme Jeanne d'Arc de l'ingratitude de Charles VII, la figure de Jacques Coeur domine l'histoire du Berry.

 

Notre itinéraire à travers ce beau tracé flirte aussi avec l’histoire du « Grand Meaulnes ».

 

 

 Mercredi 7 septembre

C’est à l’extrême sud de la route Jacques Cœur et du département du Cher, dans ce paysage vallonné de bocage que nous découvrons le château d’AINAY-LE-VIEIL. Forteresse féodale reconstruite au XIVe siècle par Jean de Sully, sur les bases d’une forteresse plus ancienne (datée du XIIe siècle), elle enserre dans ses remparts aux neuf tours un splendide logis à tour d’honneur de style « gothique tardif ». Souvent décrit comme un « petit Carcassonne », il appartient à la même famille depuis… 1467. Et qui était le propriétaire précédent ? Jacques Cœur !

La girouette du château indique le Nord

A l’intérieur, le château frappe par la beauté de son décor, dont l’imposante cheminée du grand salon, décorée aux armes de Louis XII et d’Anne de Bretagne. La chambre du roi, quant à elle contient nombre de souvenirs de grands personnages de l’histoire de France, Colbert, Marie-Antoinette et même Napoléon. Une superbe visite avec un guide très intéressant (en commentaires et surtout en gestuel).

A la sortie, l’on va faire une véritable promenade botanique dans le parc du château, labellisé « Jardin remarquable », qui regroupe des jardins à thème, dont une superbe roseraie, le Carré en l’ile et ses charmes taillés en palissade, puis les cinq chartreuses : le parterre de broderies de buis, le cloître des simples, le jardin des méditations, le verger sculpté, le jardin bouquetier, et revenir par l’allée des poètes.

Puis finir par le musée d’arts et traditions populaires.

Nous passerons la nuit le long du canal du Berry à SAINT-AMAND-MONTROND.

 

 

 Jeudi 8 septembre

A vélo, le long du canal de Berry

Si le plus étroit canal de France traverse l’Allier, le Cher et le Loir-et-Cher, on se contentera aujourd’hui d’emprunter une partie du chemin de halage qui le borde pour une balade de 5 km, avant d’aller déjeuner à SAINT-AMAND-MONTROND, sur la place du marché.

Une petite ville, dont l’importance de l’orfèvrerie et de la bijouterie dans l’économie locale lui a valu l’octroi du label « ville et métiers d’art ». Nous passerons, sans nous arrêter devant la pyramide de verre érigée à l’extérieur de la ville. Un palais des temps modernes que n’aurait pas désavoué Jacques Cœur, lui qui fut un précurseur dans le domaine architectural.

Nous ne verrons rien de la forteresse de Montrond. L’édifice construit sur une colline calcaire, attesté dès 1225, n’a plus été entretenu au fil des siècles. D’abord propriété de Charles d’Albret, puis des Clèves, il subit d’importants dégâts lors des guerres de Religion. En 1606, Sully s’en porte acquéreur et le restaure. Vers 1621, Henri II de Bourbon, Prince de Condé l’achète au ministre disgracié. Louis II, son fils dit le Grand Condé y passe son enfance et en fait la place forte de ses partisans de la Fronde. Devenu une carrière au 18ème siècle, il est transformé en jardin public au siècle suivant. Depuis quelques années, une association travaille à faire resurgir ses vestiges.

Nous continuons la route pour nous poser sur le parking de l’abbaye de NOIRLAC que nous visiterons demain matin.

 

 

 Vendredi 9 septembre

Autre fleuron du patrimoine berrichon, fondée en 1150, l’abbaye de NOIRLAC au cœur d’un environnement naturel de bocages compte parmi les ensembles monastiques les mieux conservés de France. Splendeur de l’art cistercien, elle déploie son architecture minimaliste, représentant ce que Saint Bernard voulait réaliser en réaction à l’Ordre de Cluny. Une abbaye où la lumière, la rigueur et le dépouillement architectural permettent aux moines de se consacrer entièrement à Dieu.

Dans le cellier, les convers veillaient à la conservation des denrées tels les céréales, les légumes secs, les fruits, le poisson et le vin issu des vignes du coteau Nord. Du XIIIe au XVIIIe siècle, l’abbaye possédait un peu plus de 3000 ha de terres.

Le Cloître était le cœur de cette citadelle strictement réservée aux religieux. Saint-Bernard, le maître spirituel cistercien, voyait l’abbaye comme « une prison aux portes ouvertes ».

L’église abbatiale possède le dépouillement caractéristique de l’art cistercien en harmonie avec les préceptes ascétiques de la règle de St-Benoît qui prônait la non-possession et le détachement des bien terrestres. Rien ne devait distraire les moines de leurs prières.

Dans la salle capitulaire n’entraient que les moines, qui seuls avaient « voix au chapitre ». Ici chaque matin, ils se réunissaient pour l’ordre du jour : lecture d’un chapitre de la Règle de vie de St Benoît (VIe siècle), dénonciation des fautes et gestion des affaires de la communauté. Dans cette pièce se déroulaient aussi la prononciation des vœux, la nomination des semainiers de service et l’élection de l’abbé.

Au Moyen Âge, la salle des moines servait aux tâches ménagères ou domestiques et pouvait faire office de scriptorium. La présence d’une cheminée facilitait le travail. Les moines avaient des spécialités : traceur de lignes, copiste, correcteur, enlumineur et relieur… Les couleurs étaient obtenues à partir de pigments naturels : insectes, végétaux, minéraux, certains très onéreux et importés d’Orient, d’autres présents dans les jardins de l’abbaye. Il fallait environ un an à 12 personnes pour recopier une Bible, un moine copiste pouvant recopier durant son existence jusqu’à quarante ouvrages. Le parchemin, support d’écriture, était fabriqué à partir des peaux de moutons, chèvres, agneaux, veau morts nés, élevés sur le bocage voisin.

Les dimensions remarquables de ce réfectoire du début du XIII siècle (9 m de hauteur) attestent que les repas étaient, au-delà des nourritures terrestres, un moment de nourriture spirituelle et d’élévation de l’âme. Pris en silence et sans vis-à-vis, ils étaient accompagnés d’une lecture d’ouvrages saints. Simple collation les jours de jeûne, le repas était essentiellement composé de pain et de légumes. Réputée attiser les passions, la viande était proscrite mais autorisée pour les malades et les jours de saignée. Le poisson en revanche était un aliment essentiel tout comme les fruits et le vin.

Dans le vaste dortoir des moines, les cisterciens dormaient tout habillés sur un « bat-flanc », lit de planches recouvert d’une paillasse. A partir du XVIIe siècle, ce dortoir a été cloisonné afin d’y créer des cellules devenues de confortables chambres à alcôves.

Le dortoir des Convers, dont la superbe charpente en chêne a été restaurée en grande partie en 1952. Aujourd’hui, c’est une salle de concert.

Les jardins et l’allée des tilleuls

A l’origine trois jardins utilitaires existaient autour des bâtiments monastiques : le potager, le jardin des simples (plantes médicinales et aromatiques) et le verger-cimetière. Ce jardin oriental fut aménagé au XVIIIe siècle en jardin à la Française.

Un cadre sur lequel veille, depuis plus de trois siècles, une vénérable allée de tilleuls (classée). Les majestueux tilleuls bicentenaires classés auraient été plantés par le premier propriétaire à la Révolution.

Dire que nous voyageons au cœur de la France n’est pas usurpé ! A 3 kilomètres à l’est de l’abbaye, l’arrêt s’impose à BRUÈRE-ALLICHAMPS, commune sans grâce mais officiellement reconnue comme le « centre géographique de la France ». Les habitants de la commune ont retrouvé une borne militaire gallo-romaine (IIIe siècle) qui a été érigée là en 1799.

Capitale gastronomique de la noix en Berry, Dun-sur-Auron produit d’excellentes huiles de noix. L’huilerie d’Auron produit des huiles vierges de qualité à partir de recettes élaborées par la famille Boussard, fondatrice de l’Huilerie en 1860 ! Dégustation-vente sur place : Quai du Canal.

 

 Samedi 10 septembre

Bordée par l’Auron et le canal du Berry, la ville fortifiée de DUN-SUR-AURON, a perdu son caractère militaire. Toutefois, un beau beffroi du XVIe siècle (flanqué de tourelles coiffées de hourds qui se terminent en clocher) ; des restes de remparts et de veilles maisons contribuent à remémorer ce riche passé.

 

 Dimanche 11 septembre

De prime abord austère et grise, BOURGES cache quelques joyaux autour de la splendide cathédrale gothique Saint-Étienne toute en longueurs, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992, et pour laquelle Jacques-Cœur dépensa beaucoup d’argent. Son fils Jean, ne fut-il pas archevêque de Bourges ? Construite au point le plus haut de la ville, en lieu et place de l’ancienne cathédrale romaine et à cheval sur les anciens remparts, elle tire parti au mieux de la topographie des lieux. Ses cinq portails, notamment le principal avec sa représentation détaillée du Jugement dernier, donnent à sa façade principale une allure exceptionnelle.

Mais Bourges a d’autres atouts dans sa manche et va nous surprendre notamment par son écheveau de ruelles médiévales, bordées de maisons à pans de bois ou à tourelles.

On ne quittera pas la ville sans un long arrêt au Palais Jacques Cœur, probablement le plus magnifique édifice civil du XVe siècle. Ce marchand construit dans sa ville natale, un hôtel à la mesure de son prestige social. Confisqué par le roi en 1451, après son arrestation, il est restitué à sa famille en 1457. Le palais passe ensuite entre plusieurs mains. Colbert, son dernier propriétaire privé, le revend à la ville de Bourges en 1682.

JACQUES CŒUR, un génie de la finance

 

Extraordinaire destin que celui de ce fils de marchand de fourrures, né à Bourges vers 1395 qui, par son mariage avec Macée de Léodepart en 1418, fait son entrée dans le monde des monnayeurs – elle était petite-fille d’un maître de monnaies. Étonnamment doué pour le commerce et les affaires, il acquiert en peu de temps une colossale fortune. Il arme des vaisseaux pour s’approprier les marchés de l’Orient méditerranéen aux dépens des armateurs de Gênes et de Venise ; il installe des comptoirs à Marseille et à Montpellier, achète des maisons, des terres et des mines dans le Forez et le Lyonnais. Pratiquement l’import-export, il achète et vend des épices, du blé, du sel, des chevaux, des fourrures, etc.

Nommé maître des monnaies à Paris en 1436. Jacques Cœur gagne la confiance de Charles VII, qui en fait son argentier en 1439 et son conseiller en 1442. Principal pourvoyeur des caisses de l’État – Jacques Cœur finance la fin de la guerre de Cent ans -, artisans de nombreuses réformes financières, diplomate habile, il bâtit à Bourges un palais à la mesure de sa fulgurante réussite. Il n’y vécut cependant pas, car il fut bientôt disgracié et condamné pour crime de lèse-majesté.

Détesté par des courtisans jaloux de sa position – qu’il n’hésite pas à poursuivre pour dettes et dont il rachète parfois les seigneuries -, il tombe en disgrâce peu après la mort d’Agnès Sorel, maîtresse du roi et sa fidèle alliée. Ses nombreux ennemis l’accusent de l’avoir empoisonnée et il sera arrêté en juillet 1451. Charles VII se débarrasse de lui lors d’un procès inique qui se termine par une lourde condamnation en 1453 : Jacques Cœur est accusé de malversations, emprisonné et ses bien confisqués. Au cours de l’été 1454, comprenant qu’on ne libérerait jamais, il s’évade de sa prison de Poitiers et s’enfuit de couvent en couvent. Il se réfugie ensuite à Rome auprès du pape, qui lui confie le commandement d’une flotte ; c’est lors d’une croisade pour secourir les îles chrétiennes de l’archipel grec qu’il meurt de maladie, à Chio, le 25 novembre 1456.

Le retour au CC se fera en traversant le jardin de l’Archevêché, magnifiquement fleuri.

De nouveau sur la route, le détour par MEHUN-SUR-YÈVRE et sa tour rescapée, se justifie. Dans cette petite ville située à 20 km au nord-ouest de Bourges, plane le souvenir de Charles VII. On y passera la nuit en bordure du canal du Berry.

 

 

 Lundi 12 septembre

Ce matin, on va remonter jusqu’à la Porte de la ville de MEHUN-SUR-YÈVRE, dite de l’Horloge. Porte d’entrée dans le rempart au XIIe siècle, elle garde les caractères défensifs du Moyen-Âge. Le monument tient son nom de la cloche installée par le duc Jean de Berry et qui rythme aujourd’hui encore la vie des mehunois.

Après un rapide passage à l’office du Tourisme, et le déjeuner pris au café de l’horloge, on va prendre le temps de flâner dans les jardins du duc de Berry, fait de plusieurs ilots sur l’Yèvre et qui contourne le château. La position stratégique de cet éperon rocheux, encerclé d’une zone marécageuse explique l’installation dès le IXème siècle d’une tour défensive. Au XIVe siècle le duc de Berry aménage une riche demeure dont la plus haute tour, toujours en place, dominait la rivière du haut de ses 60 m.

C’est en 1831 que la portion du canal du Berry s’ouvre à la navigation entre Bourges et Vierzon et permet l’acheminement du kaolin, argile indispensable à la fabrication de la porcelaine qui était créée dans les manufactures mehunoise, dont on distingue quelques cheminées et bâtiments derrière les hauts platanes. Des péniches étaient conçues pour s’adapter à la largeur étroite du chenal. Ces « berrichonnes » étaient tirées par des ânes sur le chemin de halage.

Une tête de bœuf sculptée qui se trouvait auparavant sur le fronton des abattoirs de la ville.

La Collégiale Notre-Dame dont la construction remonte au premier quart du XIe siècle. À l’intérieur un chemin de croix en terre cuite réalisé par un artisan du Cher.

Sur l’esplanade, une statue de pierre rappelle la venue de Jeanne d’Arc en 1429.

Depuis la balustrade, au-dessus des douves, vue imprenable sur le Château dont les ruines restent en accès libre.

On ne repartira pas avant d’avoir acheté la spécialité gourmande que Gérard goutera ce soir : la galette de pommes de terre. Ronde ou carrée, on la trouve en boulangerie et se déguste tiède ou froide, pour l’apéritif ou en dessert.

En revenant au CC, on passe devant l’ancien hôtel particulier, dont une plaque rappelle le séjour qu’y fit Jeanne d’Arc en 1429..

On restera encore cette nuit sur la même aire de service, au bord du canal.

 

 

 Mardi 13 septembre

Ce matin, retour sur BOUR GES, chez un concessionnaire CC, pour réparer la vitre gauche du CC qui s’est dégondée et fêlée sur un bord. Réparation efficace et gratuite, on ne voit pas cela tous les jours. Merci Hunyvers Bourges-St-Doulchard.

Notre arrivée sur SANCERRE se fera au milieu des ondulations de vignes épousant le relief. L’économie tout entière de la ville est tournée vers la vigne et ses 300 viticulteurs, dont la plupart sont propriétaires de leur propre chai : une seule cave coopérative.

Assise sur un piton rocheux à 312 mètres d’altitude, cette cité médiévale, aux confins du Berry, domine plus de 3000 hectares de vignes. Il doit d’ailleurs son nom à l’un des plus anciens vignobles de France. Le 30 juin 2021, elle a obtenu la première place dans la fameuse émission de Stéphane Bern, « le village préféré des Français ».

Nous stationnerons remparts des Dames. Belle vue sur le vignoble depuis l'esplanade.

Déjeuner à la Taverne du Connétable d’une grosse salade fruitière (salade, tartare de tomates, pommes fruits, fraises, jambon blanc, Crottin de Chavignol, pignons de pin), absolument délicieuse.

Après le passage à l’office du Tourisme qui se trouve à coté de l’esplanade de la porte César, sorte de prolongement des remparts, pour mieux comprendre la situation de la ville et embrasser une vue splendide sur la vallée de la Loire, nous continuons notre flânerie, en suivant la ligne rouge, pour passer devant la Tour du Chancelier de Giac, (La belle Catherine, Dame de l’Isle Bouchard, épouse en troisièmes noces Pierre de Giac qui succombe en 1427. Son amant, Georges de la Trémouille, Comte de Guines et grand chambellan de France devient son quatrième et dernier mari. La rumeur laisse entendre que la mort du chancelier n’est pas si naturelle…).

Place de l’Ancienne Halle

On découvre, d’une place, la tour des Fiefs, construite au XIVe siècle, unique vestige du château des comtes de Sancerre, qui pour des raisons de sécurité est fermée au public.

Hôtel de la Thaumassière

Demeure du XVe siècle de César de la Thaumassière, médecin de Henri II de Bourbon. Son fils Gaspard (historien du Berry) y est né.
Dans la cour : le blason de la famille, et petit visage en pierre provenant de la Bastille en 1789. Une glycine plantée en 1903. Aujourd’hui propriété de Cœur de France Ecole de langues.

Le Quartier Vigneron

En 1883, le phylloxera ravage le vignoble… les coteaux luxuriants se transforment en cimetières désolés… « Saint-Vincent, nous t’en supplions, à nos coteaux rend l’abondance ! ». Le chant s’élève dans toutes les églises…

Le Saint patron des vignerons, l’utilisation d’un porte greffe résistant à la maladie (1898) et la ténacité des vignerons donnent une nouvelle vie aux coteaux.

La ruelle de Chavignol

OYÉ, OYÉ… Il est l’heure de festoyer…

Recherchons l’authenticité à CHAVIGNOL, en prenant le temps de déguster un vrai crottin certifié AOC, accompagné bien sûr d’un verre… de sancerre. Il n’existe plus qu’une seule maison en activité à CHAVIGNOL susceptible d’accueillir le public pour la vente à emporter : la fromagerie Dubois-Boulay.

Ces petits fromages collectés dans une trentaine de fermes alentour, répondant au lords cahier des charges de la norme AOC. Belle palette de fromages, de frais à très sec en passant par toutes les nuances de bleu et de nouvelles déclinaisons de petits chèvres apéritifs.

Retour sur SANCERRE pour la nuit sur le parking des caves de la Mignonne (cave désaffectée), avec une belle vue sur les vignobles.

 

 Mercredi 14 septembre

L’odeur de sous-bois et d’étangs typique de la Sologne a déjà imprégné notre odorat lorsque nous parvenons à LA CHAPELLE-D’ANGILLON, où l’arrêt s’impose. Ce village-rue d’allure quelconque, coupé en deux par la D940 ne peut laisser insensible les fans de romans : c’est ici qu’est né à l’automne 1886 Alain Fournier, l’auteur du célèbre Grand Meaulnes, chef-d’œuvre de la littérature française et qui a pour cadre des lieux de la commune, dont le mystérieux hameau de la Sablonnières. Sa maison natale, très modeste, trône au bord de la route.

Dame de beauté, la princesse de Clèves aimait se rendre dans le château de la Chapelle d’Angillon. C’était dans les temps anciens une principauté souveraine, celle de Boisbelle, un peu comme Monaco. Se succédèrent aussi le duc de Nevers et le grand Sully.

Il n’est pas encore midi, nous faisons donc un petit crochet pour apercevoir le château de la Verrerie, joyau de la Renaissance édifié par Béraud Stuart, au bord d’un grand lac entouré de forêts. Le domaine a appartenu à Charles VII. Il l’offre aux Stuart, la famille royale écossaise. Ces derniers y font construire le château et n’auront de cesse de l’embellir pendant deux siècles, puis Louis XIV l'offrit à Louise de Kéroualle, duchesse de Porstmouth.

A AUBIGNY-SUR-NÈRE nous entrons dans la cité des Stuarts. Ici, le patrimoine historique, médiéval, laisse sans voix. La cité vit à l’heure des Stuart depuis le XVe siècle, lorsque de nobles Écossais vinrent prêter main-forte à Charles VII pour bouter l’Anglais hors de France. En retour, ils obtinrent la propriété des terres d’Aubigny sur lesquelles ils régnèrent jusqu’en 1672.

Il n’est pas rare d’ailleurs, de voir un touriste en kilt !!!!!! dans les rues de cette souriante bourgade où le souvenir des très riches heures de cette « Auld Alliance » franco-écossaise est entretenu par une épée fichée dans la roche, façon Excalibur.

Place Adrien Arnoux

Aux XVIIIe siècle, Philippe Auguste construit à cet emplacement le premier château d’Aubigny. De nos jours, il ne reste plus rien de cet ancien édifice détruit par les Anglais pendant la guerre de cent ans. Maintenant, on peut admirer de superbes maisons à pans de bois aux colombages en losanges, grilles et croix de Saint-André.

Rue du Charbon

Son nom évoque le grand incendie de 1512 qui détruisit la ville et consuma toutes les maisons à l’exception de la Maison des Foulons. Robert Stuart autorisa les habitants à reconstruire leurs demeures avec le bois de ses propriétés : les nombreuses maisons à colombages fleurissent en même temps que disparaissent les forêts alentour.

Château des Stuarts, commencé par Robert Stuart au XVIe siècle, il fut remanié et embelli par Louise de Kéroualie, duchesse d’Aubigny et de Portsmouth au XVIIe.

Maison dite François 1er

L’une des plus belles et anciennes smaisons d’Aubigny, contruite en 1519. Le nom de François 1er qu’elle porte est fondée sur une pure légende qui veut que le Roi y ait couché. Cependant, celui-ci n’est jamais venu à Aubigny ! La maison, aujourd'hui, accueille des expositions, entrée gratuite.

L’église Saint-Martin

Vers la fin du XVIIe siècle, les religieuses que l’on appelait « les Dames » attachées au service des malades de l’Hôtel-Dieu, étaient vraisemblablement logées aux n° 1 et 3 de la rue, d’où son nom : Maison des Dames.

Îlot Sainte-Anne, maison Victorine.

Maison Bourdoiseau (XIXe siècle)

Levons la tête, on aperçoit ses clochers à la forme un peu particulière ! Ses clochetons ont été construits en 1881 PAR Henri Bourdoiseau, compagnon artisan charpentier natif d’Aubigny. L’angle de son logis est orné d’un balcon charpenté de son « chef d’œuvre » : une lucarne dite « en guitarde » ainsi qu’un belvédère surmonté d’un clocher tors.

 

Arrêt sur l’aire de service d’AUBIGNY-SUR-NÈRE, allée du Pré qui Danse.

 

 

 Jeudi 15 septembre

Un dernier arrêt à AUBIGNY-SUR-NÈRE, pour prendre de jolies photos du château, et c’est ici que finit notre itinéraire de la route Jacques Cœur.

 

Une triste nouvelle, fait que nous changeons notre programme et montons en Normandie.

 

Arrêt à mi-parcours, sur une aire désaffectée à SAINT-LANGIS-LÈS-MORTAGNE (Orne), au bord d’un étang de pêche.

 

 

 Vendredi 16 au Lundi 19 septembre

 

CARENTAN

 

 

 Mardi 20 septembre

 

On s’échappe un peu pour aller passer la nuit en bordure de la Manche à FOUCARVILLE. Nous nous posons sur un parking le long du littoral.

 

 

 Mercredi 21 septembre

 

Magnifique lever du soleil.

En matinée, 15 km de vélo pour aller chercher le pain à QUINEVILLE.

Nous passons l’après-midi avec la famille Lemasle qui sont venus nous rejoindre.

Le robinet étant de nouveau cassé, nous sommes obligés le soir de trouver un concessionnaire le plus proche, ce sera un peu avant CHERBOURG, ils nous donnent un rendez-vous pour demain 8h, nous couchons donc à côté de l’atelier.

 

 

 Jeudi 22 septembre